La femme qui fuit

La femme qui fuit

L’auteure, raconte / imagine la vie de sa grand-mère, Suzanne Meloche, première écrivaine automatiste, femme du peintre Marcel Barbeau. Suzanne décide un beau matin d’abandonner mari et jeunes enfants pour embrasser la vie, le refus global. C’est écrit au «tu», la narratrice (la petite-fille) interpelle l’absente, pour s’en approcher, la saisir, l’accueillir, l’inventer, et à la fois l’admonester. Dans le genre, je t’aime (pour ta peau incandescente, pour ton goût de la liberté, à une époque où c’était impossible pour une femme au Québec), et je te hais (pour nous avoir abandonné « sous les rafales », avoir éviscéré ma mère, et partant moi-même). On y croise Borduas, Gauvreau, Pollock, Riopelle, New York, St-Jean-Baptiste de Rouville (pour la culture de la betterave à sucre), le mouvement de libération des Noirs dans les Amériques et toute une bande de rebelles et de garrocheux de peinture, ça virevolte, éclabousse, sur les toiles et sur les corps nus des filles. Intense traversée de l’Amérique, du désir, de la liberté «comme une nécessité extrême», de la folie et de l’abandon. Le lieu du désir et de la mort. Une écriture avec ça. De courtes phrases, des métaphores, lancées sur la page blanche, incisives, assassines, comme on jette avec fureur la peinture sur la toile. Que demander de plus? Lire.

Référence:

Anaïs Barbeau-Lavalette, La femme qui fuit, Éditions Marchand de feuilles, 2015,  378 p.

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Du bon usage de la majuscule et de la minuscule

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Du bon usage de la majuscule et de la minuscule. C’est ce que ne cesse de me rappeler mon bon copain EddY, plutôt lettré. Vous mettez un b minuscule plutôt qu’un B majuscule et tout part en couille. Sophie D. sort son dico des synonymes. Mathieu B.-C. trouve ça excellent sur Twitter. Article dans Le Devoir. Les réseaux sociaux s’emballent. On accuse Louis T. de tarla, Michėle B de raciste, ce qu’il et elle ne sont pas. Trump, par ailleurs, il est un tarla raciste avec des majuscules, me dit Maya une bonne copine.

Je retourne bichonner mes topinambours.

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Bug

Bug Bilal BD

Le récit se déroule en 2040 par là. Zuckerberg a atteint l’âge déplorable. Bug. Pour un virus informatique qui a mis la terre sens dessus dessous. Plus rien ne fonctionne. Société arrêtée. L’assèchement total. Les disques durs sont vides, les mégadonnées ont disparu, la substantifique moelle informatique envolée. La planète entière est dénumérisée. C’est la cata!

Les humains sont dans la merde, ils vont devoir revenir aux ondes analogiques, au papier, à l’encre, voire même à la mémoire « pas vive, mais vivante »… On assiste à un trafic de miroir pour compenser la perte des selfies. C’est le BNG : le bug numérique généralisé.

Le milliardaire Jeff Casanova est en blocage lévitationnel au-dessus de Central Park. Les véhicules numériques capotent. Les avions échouent dans la Tamise… Des adolescentes se donnent la mort : « nou ne pouron plus viver comm’ça sans Siri et wefac ».

Bug aussi pour la bibitte qui s’est implantée dans le cerveau de l’astronaute Obb en orbite autour de Mars. Un petit implant qui a absorbé toutes les données numériques de la Terre… La volonté du bon astronaute (un peu amoché) de revenir sur terre pour retrouver sa fille (par ailleurs enlevée par les bonzes du Califat) et accessoirement sauver la planète.

Réussira-t-il ?

On le saura dans les prochains tomes à paraître Dieu sait quand. Misère du lecteur!

Les illustrations de Bilal, sublimes. Pas de surprises.

Bilal, Enki. Bug. 1, Éditions Casterman, 2017, 88 pages.

 

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Température et incipit : Une vie sans fin de F. Beigbeder (17)

Une-vie-sans-finNever open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Il n’a pas toujours tort ce cher Elmore Leonard. La suite de cet incipit n’est guère reluisante. Mon humble avis, ici

Si le ciel est dégagé, on peut voir la mort toutes les nuits. Il suffit de lever les yeux. La lumière des astres défunts a traversé la galaxie. Des étoiles lointaines, disparues depuis des millénaires, persistent à nous envoyer un souvenir dans le firmament.

Référence :

Frédéric Beigbeder : Une vie sans fin, Grasset, 2018, (édition numérique)

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Amplification de la comparaison et autres figures de style : Une vie sans fin de Beigbeder

Une-vie-sans-fin

 

Roman documentaire. Pour ceux qui veulent mettre leurs connaissances à jour en matière de séquençage de l’ADN, de congélation de cellules souches, de transfusion de sang au laser,  de thérapie génique, de greffes d’organes de porc, d’impression 3D d’organe, de transfert du cerveau sur disque dur ou dans le nuage et autres bidules du même tonneau. C’est assez bien documenté.

Pour le récit et le style, vous pouvez passer au suivant dans la liste de vos incontournables.

Un animateur de télévision, riche et célèbre, décide de tout lâcher pour aller faire une petite balade aux quatre coins du monde afin de rencontrer la crème de la crème médico-patenteuse-numérique. Objectif : l’immortalité offerte par les chantres du transhumanisme, moyennant un léger supplément. Trame convenue, finale prévisible et à faire brailler les cœurs sensibles.

Le style :

Première «figure de style» dont abuse l’auteur, non répertoriée selon mes savants contacts. Grosso modo, il s’agit d’une amplification de la comparaison grâce au procédé bien connu du «name dropping». Effet comique? À la longue, ça lasse. Échantillon :

Au 9e étage se situait le département de Médecine génétique de la faculté. En polo vert bouteille, le professeur Stylianos Antonarakis ne ressemblait pas au docteur Faust mais à un mélange de Paulo Coelho et d’Anthony Hopkins. Aussi bienveillant que le premier, magnétique comme le second. Le président de la « Human Genome Organisation » (HUGO) caressait sa barbiche blanche ou essuyait ses lunettes métalliques comme un professeur Tournesol vaguement dans la lune, tout en expliquant comment l’humanité allait muter dans la joie et la bonne humeur

 Pour le style d’animation, je me situe à mi-chemin entre Yann Moix et Monsieur Poulpe – intello mais déconneur (le communiqué de presse dit « pertinent et impertinent »

 À côté de nous, une famille turque, dont toutes les bouches étaient refaites, mastiquait ses pommes de terre bouillies avec le regard vide d’un troupeau de canards gonflables dans une installation de Jeff Koons.

 Toutes ces hybridations génétiques me donnaient l’impression d’entrer dans l’utérus géant d’un alien visqueux peint par Hans Ruedi Giger, un compatriote de Léonore.

 Avec son impressionnante barbe blanche, le docteur Church ressemblait à un mélange d’Ernest Hemingway et de Benoît Bartherotte. Il nous toisait comme un grand ponte.

 Personnellement, j’adhérais à ces délires futuristes, à côté desquels ceux de George Lucas semblent arriérés. Léonore avait une dernière question à poser au savant qui ferait passer Victor Frankestein pour Louis Pasteur.

 Ils ressemblaient à Roméo et Juliette, dans un remake en manga pédophile, où Roméo serait interprété par un androïde tridimensionnel, et Juliette par mon héritière, dans une Vérone de synthèse.

Deuxième «figure de style» dont abuse aussi l’auteur. On s’en lasse immédiatement. On peut la ranger sous la catégorie «mononcle» ou «zouf», pour m’exprimer comme Guy A. Lepage quand un «zouf», justement, énonce des énormités sur Twitter. Échantillon :

Parfois, l’unique moyen de vérifier que je suis vivant consiste à regarder sur ma page Facebook combien de personnes ont liké mon dernier post. Au-dessus de 100 000 likes, il m’arrive d’avoir une érection.

J’ai l’âge où l’on commence à boire du Coca Zéro parce que son ventre pousse et qu’on a peur de ne plus voir sa bite.

La semaine dernière, un ministre s’est endormi sur mon épaule en suçant son pouce au lieu de défendre son projet de loi, une comédienne a glissé sa langue dans ma bouche en dévoilant sa poitrine (j’ai dû appeler le service d’ordre pour l’empêcher de se doigter devant la caméra 3), et un chanteur a fondu en larmes avant d’uriner dans son froc en parlant de sa mère.

Quant à moi, cela dépend : une fois j’ai mis dix minutes à articuler « Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonsoir », une autre j’ai interviewé mon fauteuil pendant une demi-heure (je faisais les questions et les réponses), le mois dernier j’ai vomi sur mes « blue suede shoes ».

Il «surzeugme» aussi. Je ne vous les mets pas tous. Juste un. Court. Je n’ai pas que ça à faire.

J’étais nul en maths et en vieillesse.

[et en roman?]

Référence :

Frédéric Beigbeder : Une vie sans fin, Grasset, 2018, (édition numérique – super pour le copier-coller des citations)

 

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La guerre de Troie : en BD et en vacances

La guerre de troie

Lecture de vacances. L’âge de bronze : Le récit de la guerre de Troie. En bande dessinée. Largement inspirée des conteurs de l’antique antiquité: Homère, Euripide et Apollodore, notamment. Version un peu remaniée du récit original: les dieux de l’époque n’interviennent pas dans cette version de la chicane de ruelle. Ça m’a ravi, avouez que ce n’était pas juste. Cette légende, c’était un peu comme un match de lutte truqué. Il y a bien sûr Cassandre dans la BD, qui lit l’avenir dans les fonds de verre d’ούζο et qui les met en garde, ces vaillants guerriers (ça va mal tourner), mais la pauvre, on ne l’écoute pas. Rangée dans la catégorie des débiles. C’est en trois tomes. Je n’en suis qu’au premier. J’adore, ils sont tous là : Hélène, Andromaque, Oenone, Hector, Pâris (Πάρις) et Ulysse. J’espère que l’auteur va un peu modifier le dénouement de l’histoire, parce que si ma mémoire est bonne, mes trois héros vont tous passer l’arme à gauche, savez comme le Saint-Bernard dans la Guerre des tuques. Quelle tristesse! Que l’on sauve Pâris! Il le mérite parce que moi, je l’aimais, et je trouvais qu’il avait un excellent jugement de Pâris. Il avait  choisi la Beauté, Hélène et, j’imagine, toutes sortes de fantasmes innommables dans ce texte. Pourquoi je lis ça? Parce que, sans vouloir vous narguer, j’ai des loisirs, la mémoire bringuebalante, que j’ai un peu oublié mon grec ancien, et à cause (ou grâce à) de mon amie Marie-Hélène qui raconte cette histoire à ses enfants pour les endormir.

Référence :

Eric Shanower : L’âge de bronze, tome 1, : Un millier de navires, Éditions Akiléos (pour la traduction française), 2004, 207 p.

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Lire!

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«Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que ceux qui dédaignent les livres.

[…]

Beaucoup trop d’hommes politiques, de chefs d’entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l’exercice de leur profession. La littérature? Perte de temps. Les romans? C’est bon pour les femmes. Pauvres types! (Pas sûr qu’au même niveau de responsabilité les femmes lisent plus et mieux). Eux qui vivent dans un monde clos de privilégiés et qui en connaissent les protocoles, ignorent tout de l’évolution des comportements dans les différentes strates de la population dont ils ont directement ou indirectement la charge. Romans et récits leur apprendraient bien des choses. Sur le clair-obscur des mentalités. Sur les raisons des volte-face et des fidélités. Sur les fiertés minuscules et les détresses inavouables. Sur le grand bazar du commerce des corps et des âmes. Et donc, par comparaison, par confrontation, sur eux-mêmes»  Bernard Pivot,  p. 15-16

Illustration : Magritte, La lectrice soumise, 1928

Référence :

Bernard et Cécile Pivot, Lire!, Flammarion, 2018, 191 p.

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Température et incipit : Le chien jaune de Simenon (16)

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L’horloge lumineuse de la vieille ville, qu’on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq. C’est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s’entrechoquer les barques dans le port. Le vent s’engouffre dans les rues, où l’on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol.

La temps qu’il fait traverse d’ailleurs l’ensemble du récit : tempêtes, pluies incessantes, boue, bourrasques, vent, nuages lourds et lourds nuages. Les personnages pataugent dans la gadoue, au sens propre et figuré, sauf Maigret, bien sûr.

Ce n’est qu’au moment où Maigret va dénouer l’affaire que l’horizon se fait plus vaste, que le ciel s’éclaircit enfin sur Concarneau.

Habile construction.

D’ailleurs, sans qu’on eût pu dire pourquoi, la détente était générale. Cela tenait peut-être au temps qui, tout à coup s’était mis au beau. Le ciel semblait avoir été lavé tout fraîchement. Il était bleu, d’un bleu un peu pâle mais vibrant où scintillaient de légères nuées. Du fait, l’horizon était plus vaste, comme si on eût creusé la calotte céleste. La mer, toute plate, scintillait, plantée de petites voiles qui avaient l’air de drapeaux épinglés sur une carte d’état-major. Or, il ne faut qu’un rayon de soleil pour transformer Concarneau, car alors les murailles de la vieille ville, lugubres sous la pluie, deviennent d’un blanc joyeux, éclatant.

Référence :

Georges Simenon, Le chien jaune, Le livre de poche, 1931 (pour l’édition originale) – (édition numérique)

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L’art de se compliquer la vie (1)

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Lecture de vacances. Andromaque. Toute une tragédie. Il y a d’abord Oreste, un peu fêlé et déboussolé – Tu vis mon désespoir; et tu m’as vu depuis / Traîner de mers en mers ma chaîne et mes ennuis – qui aime Hermione, mais cette dernière en pince pour le bon roi Pyrrhus, lequel ne jure que par Andromaque (crétin, il l’a enlevée après la guerre de Troie), laquelle aime fiévreusement son fidèle époux Hector (il est mort – pas pratique au lit) et son fiston Astyanax (elle l’aime beaucoup, c’est en sous-texte, mais ça frôle l’inceste). Ça va mal tourner. Et ça vire mal, en effet. Résumons. Oreste trucide Pyrrhus par maintes mains grecques interposées; Hermione, dépitée, se suicide sur la dépouille encore chaude du bon roi;  Oreste devient dingue et Andromaque peut enfin régner sans son Hector mort. La vertu régnera. Andromaque quitte son bled, sur son zodiac, avec ses copains (dont Oreste devenu débile) question d’aller venger Pyrrhus qui lui a, bien malgré lui, légué le trône. L’art de se compliquer la vie, mais c’est du bon stock pour Netflix.

Illustration:

Les Remords d’Oreste, William-Adolphe Bouguereau .

Référence:

Jean Racine, Andromaque, in Racine : Théâtre complet, Éditions Garnier Frères, 1960, p. 119-171.

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Signes cliniques

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Une femme sur sept. Elle est une femme sur sept, atteinte d’un cancer du sein. « Je suis arrivée là parce qu’il a bien fallu. » Le récit se déroule dans une chambre d’hôpital, une femme dans son lit « pliée et rangée sans perte d’espace ». Elle attend. On va « me couper le sein pour éviter que je ne me fane, ne dessèche et ne meure, pour empêcher le trajet de la pourriture qui avance, qu’elle ne remonte pas le flux jusqu’à mes veines en suivant les routes bleues les routes rouges jusqu’à mon cœur. »

Elle regarde par la fenêtre. « Le présent ne vient pas. » Elle décrit les entours de sa chambre, les odeurs de l’hôpital imprégnées dans les murs. Lieu désarticulé de l’attente : « Le temps n’est pas le même ici. Soixante secondes ne font pas une minute. » « Un temps immobile. »

Distorsion de l’espace : « Regarder droit devant ne sert pas à grand-chose, vues d’ici, vues dehors, vues de loi, les vues se froissent entre elles, il vaut mieux écouter. »
Écouter : « Les bruits arrivent à l’improviste, insuffle des relents de méfiance envers des relents d’existence inenvisageables. » Alors que faire ? « Alors, attendre. Attendre sans identifier l’acte d’attendre.

Attendre sans se dire que l’on attend. Ne pas se demander pourquoi. » Regarder par la fenêtre, regarder les gens qui vont et viennent. L’attente finira par s’ériger, devenir autonome. L’attente, elle dit : « Je vais te modifier, te scarifier, mon nom avec mes ongles lacérés sur ton visage. Je suis l’attente, la seule. Celle qui aura raison de toi. »

Le brancardier viendra. La salle d’opération. L’ablation. Le corps froissé, « asymétrique ». L’amitié d’une autre femme sur sept. Après ? : « L’incomplet me complète complètement ».

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Billet publié sur Le Club des irrésistibles des Bibliothèques de Montréal, le 7 juin 2018. j’ai tendance à m’éparpiller Je le rapatrie ici, question de mettre un peu d’ordre dans mes archives numériques.

Référence :

Jeanney, Christine. Signes cliniques, Publie.net,  juin 2017, 56 pages

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