Bebette Bérubé reçoit @Michelle Blanc :)

Bebette Bérubé, c’est mon nom. Enseignante à la retraite, active. Fan finie de Mario Tout de Go (w). Digital revival native du troisième âge. On m’a enfourné dans une ressource intermédiaire du faubourg à mélasse (w) . Les toubibs prétendent que je suis atteint d’âgisme, de gâtisme, de résistanse au renouveau organisationnel et d’autres déficits cognitifs connexes. La belle affaire! S’cusez le délire, mais je fonce encore, vive, la cane bien campée, queue de chemise à l’équerre, sur la route un peu cahoteuse de la création et de l’innovation.

Six heures du matin. Une odeur d’héliotrope, de cédrat et de désinfectant baigne l’atmosphère. La maladie de la mort (w). Par la minuscule lucarne embuée de ma chambre, je devine un petit point vert – le soleil – qui peine à chasser la nuit. Une nuit triste, d’insomnies. On m’a confisqué mon Ipad tout-terrain et mon Iphone 4 (w) pour cause de déficit d’attention à répétition. Ça rendrait idiot le Net, prétendent d’aucuns, tout ça aux vues d’une lecture erronée et complètement givrée de Socrate (w) et d’une incompréhension totale du concept de «pharmakon» bien décrit par un célèbre biblio-blogueur français obsédé (w).

Je ne décolère pas. Ils vont me faire rater les derniers coups de coeur de monsieur Roberge : tous ces princes Lazarus de la fiction qu’il nous fait découvrir (w). Les irrésistibles beaux dimanches de mademoiselle Poggi (w). La suite des trépidantes aventures de Molly Galloway dans Mille Vies (w). Et la rédaction de mes mémoires numériques qui doivent s’écrire aujourd’hui et du livre augmenté d’une femme diminuée? Eh bien, je dois m’y employer forcenée, temps plein. Mon oeuvre a beau être devant moi, mes mensualités d’assurance-vie n’ont de cesse de monter en flèche et mes revenus à l’avenant, mais à l’inverse, décroissants, si vous me suivez sur le plan cartésien de mes réflexions.

Il pleut à verse sans dérougir depuis trente jours. Des trombes. Le déluge. Les eaux vont se gonfler. Le fleuve St-Laurent va encore sortir de son lit et les conseillers de l’opposition, de leur Hôtel de Ville. Ils vont encore vilipender notre bon maire (w) qui fait pourtant chef d’oeuvre de culture avec son quartier des spectacles (on nous promet des combats internationaux de radiateurs dès cet automne – voir l’équipe des Bleus (ici)) et son catalogue Gaston Miron des bibliothèques pudiques de Montréal (w).

Pourquoi les petits bateaux / de monsieur Devos / qui vont sur l’eau / ont-ils des ailes? (w) (note de l’éditeur : Bebette chante)

Les lilas sont en fleurs. En plein mois de septembre. La planète ne sait plus où donner de la tête, ni le bon François Cardinal (w). Un bel homme (w), brillant (w), plumes fertiles et fesses rebondies qui, à vue d’oeil, semblent pleines de bonnes idées.

Pas d’Ipad, pas d’Iphone, pas moyen de suivre les auditions de la Commission Gastarache (w), coupée aussi des audiences du Pape sur les gaz à effet de schisme (note de l’éditeur : voir ici, ici et surtout ici)

Je traîne gigotante et grelottante dans mon lit. L’infirmière stagiaire de service vient juste de quitter ma chambre. Elle est venue vérifier l’état d’une partie intime de mon anatomie qui a la forme d’un chou fleur (w), dit-elle, dans son langage coloré. Ce qu’elle en pense de mon état, la fillette :

– « Vous mangez trop de betteraves, madame Bérubé, ça vous irrite le colon»
– « Et le médecin, il te les bouffe tes nichons irrités, ma belle. Et vous allez me la rendre, ma tablette, Saint-Liboiron de Jésus crucifié!», lui dis, excédée

Elle n’a relevé ni ma grossièreté, ni mon persiflage. Toujours calme, cette bande d’abrutis. Pas moyen de les faire râler, s’emporter, éructer. La politesse de l’ongle incarné jusqu’au fin fond du tréfonds; il m’irrite le caecum avec leur parlotte feutrée : « oui, madame », « bien sûr », « allez, il faut manger votre cheddar », « vous avez bonne mine aujourd’hui », « madame prendra bien un petit yogourt au brocoli oméga 3 ».

– « Non! Mettez-vous les où je pense vos grumeaux lactés oméga pois et vos fibres liposolubles. Quant à mon orifice fleuri, vous pouvez repasser, je peux très bien le bichonner moi-même»

Et ça se mêle de gloser sur mes facultés mentales et rectales. Non mais! De vraies endives!

Allez, je me calme… Grande visite aujourd’hui, madame Michelle Blanc (www) devrait se pointer cet après-midi; on va causer confiture, sauce à spaghetti et pertinence d’arroser son pâté chinois d’un bon ketchup maison. Et si on a le temps, elle va me donner des bons trucs de markedingue mix pour booster l’audience de mon blogue (w). La Papesse en Blanc (w) a promis de m’offrir et de me dédicacer un exemplaire tout neuf de sa dernière somme théologique (w).

Mon plus grand rêve : tricoter un podcast de mes mémoires avec Laurent Lasalle (w) et proposer le truc à François Bon (w) pour qu’il le diffuse plein gaz sur son site libre-service (w). Hâte de voir ce qu’en pense Michelle, ma belle :


The Beatles – Michelle Ma Belle
envoyé par SamFisher037. – Clip, interview et concert.

Bebette Bérubé
Écrivez-moi

Illustration : Alice Jodoin

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
Ce contenu a été publié dans Bebette Bérubé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Bebette Bérubé reçoit @Michelle Blanc :)

  1. Molly dit :

    Ah Bébette,

    Heureuse de te retrouver. Il doit y avoir plus d’un siècle. 1866. Je crois. Juste après la guerre.

    Molly

  2. Bernadette Laprise Laroche Bérubé (Bebette Bérubé, pour les intimes) dit :

    Molly,

    Je te retrouve enfin. Passe me voir dans le Faubourg, on ira boire une pinte.

    Bebette Bérubé

  3. SlvD dit :

    Ma pauvre Bebette ,

    À quel endroit as-tu donc été institutionnalisée pour être ainsi traitée ? Tu dois leur dire que toi, Bebette, tu n’es rien sans toutes ces nouvelles bebelles qui gèrent si bien ta vie ! Et surtout, ne te laisse pas dire que c’est une question d’interfédérence avec leurs propres bebelles (toutes ces machines à nous scruter le corps), parce que j’ai entendu dire que ce n’était pas vrai ; nos bebelles et les leurs ne se nuisent pas. La preuve, dans les bibliothèques pudiques de Montréal, on peut tout faire (ou presque) sans nuire aux bebelles des thécaires …

    À bientôt,

    SlvD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *