No future : une bibliothèque présente


Que voulez-vous que je dise de moi? Je ne sais rien de moi! Je ne sais même pas la date de ma mort.  Jorge Luis Borges.

Ça causait branding de bibliothèque, cette semaine au boulot

Dans la foulée, un collègue nous a invité, dans le but de provoquer un tsunami d’idées,  à nous livrer à un petit jeu.  Le Jeu,  il s’agissait de trier par ordre d’importance subjective et désordonnée (on se croirait dans un conte de Borgès) les petits pavés promotionnels qui tournoient dans le caroussel de la page d’accueil du site web des Bibliothèques publiques de Montréal.  Afin de vous éviter de petits aller-retours d’ici à là, et pour vous garder bien captif dans ma boutique,  je les ai rapatriés mêlés dans ce billet.


J’ai été d’une mauvaise foi désolante en refusant de me livrer à cet exercice en prétextant de ma propre subjectivité désordonnée. Refus de ma part de hiérarchiser ce qui est mosaïque.  Ce carroussel est tranche diachronique, un moment. Un moment fort qui témoigne d’une chose : notre présence pour affirmer notre action par rapport à la persévérance scolaire, à ce qui joue socio-politiquement en Haiti, ça dit l’importance des mots partagés entre cultures distinctes, le plaisir de lire un bon polar, ça dit un mouvement de ludicité à Lachine, la beauté de Giselle, ça dit Aytiti cheri pi bon peyi pas ou nanpwen.

Ce sont toutes choses fortes que je ne peux me résoudre à hiérarchiser dans une folle course aux valeurs communicatives ou morales.  Relativisme? Mais non, je suis, telle Bebette Bérubé,  un absolutiste relativisant du plaisir de jouir, lire, voir, jouer et écouter. Peu m’en chaut, que ce soient avec les oraisons funèbres de Bossuet, un récit de Perrine Leblanc ou de Nicolas Dickner, un texte de Michel Butor,  une toune de Vincent Vallières, des courriels tirés de l’oubli disant de noirs silences, des roses éternités, des êtres qui s(m)’abandonnent, de sublimes trahisons et des ficelles perdues. J’ai la face cachée du plaisir plein soleil. Bon, je m’éloigne un peu de ce qui constitue la promotion de services ponctuelle d’une bibliothèque qui dépasse, on s’en doute, ce qui se donne à lire, voir, jouer et écouter.

Allez, rendez-vous de l’autre côté des deux derniers pavés, pour la suite et la fin.

Ce que cette mosaïque raconte dans sa verte actualité c’est notre présence.

Ce que ça dit c’est que nous ne sommes plus image obsolète du passé. Les démons du passé s’éteignent assurément derrière nous.

Nous ne sommes même pas à construire la bibliothèque du futur

Nous agissons et sommes là, maintenant essaimant nos parcours d’initiatives innovantes (fruit de notre veille et de notre présence en réseau)  et consolidant/améliorant les pratiques qui nous ont constituées comme service public.

Nous sommes présents, partout, incontournables, dans tous les espaces : physiques, numériques et hors les murs. Toutes choses qui révolutionnent avec nous.

Trouvons la façon de le dire…

C’est le début d’un branding…. présence dans les espaces … auquel je réfléchis dans mes loisirs… mais c’est encore trop intello, mon truc…. peut-être dépassé.

M’enfin, la question est lancée.

Et peut-être que ce n’est pas si vital, le branding :)

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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5 réponses à No future : une bibliothèque présente

  1. Denis Vézina dit :

    Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé. (Einstein) … à moins qu’il n’y ait pas de problème…

    Ce tri, ce petit jeu n’a rien à voir avec le brandingue. Ce n’est pas une question de brandingue, c’est une question de priorités. Beaucoup plus terre-à-terre. En fait, totalement terre-à-terre. Ce tri, ce n’est pas celui du bon ou du mauvais. Ce n’est pas qu’on soit obligé de choisir l’un à l’encontre de l’autre. C’est juste que dans le carrousel, il y a des activités adressées directement aux citoyens par l’entremise des bibliothèques en arrondissement (Lachine, Mots partagés) , et d’autres qui positionnent les bibliothèques dans le milieu culturel montréalais (Musée des Beaux-Arts, Ballets de Cuba). La présence dans l’espace. Bien sûr. Dans tout cet espace. Bien entendu. Mais de quelle manière ? En privilégiant les actions réalisées dans les bibliothèques sur le terrain ou en intégrant le réseau des bibliothèques dans le milieu culturel montréalais ? Les deux, tu me diras. Et je suis d’accord. La question n’est pas bonne? Peut-être. Mais à mon avis, elle est pertinente, même s’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Elle démontre un choix et une orientation. Simplement. Et de toutes manières, ne pas répondre est une réponse. Ça me dit qu’il n’y pas de problème dans notre manière actuelle de faire les choses. Notre priorisation (ou son absence) est la bonne. C’est une réponse. Et c’est parfait… Tu sais bien que j’aime mettre en doute les certitudes.

  2. Luc Jodoin dit :

    Salut Denis,

    Bien content d’avoir de la visite dans ma boutique.

    Je constate que tu doutes avec certitude. Je suis d’ailleurs animé du même élan. Et là-dessus, je suis convaincu qu’on n’a pas l’exclusivité. Fort heureusement.

    Mon petit jeu à moi avait à voir avec le branding… c’est une question posée et qu’on va avoir à débattre plussse tard…

    Pour ce qui est des pavés, ils s’adressent aussi aux citoyens des arrondissements. Le multiculturalisme, la persévérance scolaire, les livres qu’on peut trouver en bibliothèque sur l’opéra, c’est pour les citoyens de tous les arrondissements.

    Quant aux priorités, le travail vraiment terrain, je n’ai aucun doute, tous nos efforts sont orientés arrondissements et citoyens. Va le demander aux techniciens qui supportent 700 employés et veillent sur millier d’ordi, aux bibliothécaires qui ont formé 500 employés l’année passée, répondus à leurs questions et à ceux des citoyens, aux abonnés qui ont emprunté millions de choses, qui ont lu Mille-Vies, qui emprunteront bientôt livres numériques, visionneront Biblioclip, faut voir ce qui ce dit sur Facebook et dans notre calendrier de ce qui se fait en arrondissement, faut faire un tour dans l’usine à Claveau, effleurer les devis de bibliothèques en construction, etc. Ce ne sont pas fantasmes corporatifs, mais action pour les citoyens.

    Convaincu aussi qu’en dise Einstein, que depuis 8 ans, on a créé plus de solutions que de problèmes. Il y en a encore, bein sûr.

    Communications et actions. Tous deux perfectibles, par ailleurs.

    L’absence de réponse, ce n’est pas ma tasse de thé, ni celle de l’équipe.

    Notre réponse aux problèmes c’est l’action.

    Un doute?

    Présence : physique (dans les arrondissements), numérique (dans les arrondissements) et hors les murs (dans les arrondissements).

    • Nicole dit :

      Salut Luc, le jovialiste!
      Toujours aussi bouche bée de te voir te péter les bretelles!

      Ici bas, on rame, c’est slow et quand on se plaint, paraît qu’on est impatient!
      Et que dire de Ludik. cette nuisance qu’il faut apprivoiser parce que politically correct.

      Action? Branding?
      De quoi on parle?
      De quoi tu parles?

      D’ici, du terrain (le vrai de vrai), j’entends rien de rien de rien.

      Action? Laquelle?
      Sur quelle planète, vous sur Brennan, vivez-vous?

      Ici bas, ça vole pas haut et vous êtes pas en odeur de sainteté…
      Dur, dur de motiver le personnel quand on ne peut que répondre:
      « rien à voir la-dedans »
      « comprend pas pourquoi ça ralentit »
      « je n’ai aucune idée de ce qui nous pend au bout du nez »

      Le citoyen, lui, continue à y trouver son compte.
      Tant mieux. Pourvu que ça dure.

  3. Luc Jodoin dit :

    Salut Nicole,

    Long time.

    Jovialiste, c’est mon ex qui aurait été contente d’entendre ça. Elle qui trouvait que je ronchonnais toujours pour des riens. C’est signe que je m’améliore.

    Sans blague, je veux bien mettre le chapeau jovialiste, mais de là à le faire porter à tout Brennan… Hum.

    Pour les bretelles, mon truc se voulait plutôt hommage à ce qui se passe au quotidien sur le terrain. M’enfin, c’est loupé.

    Pour le gros bateau Millennium bein slow, tu peux frapper plus fort encore, tu as bien raison. Inadmissible. On rame nous-aussi, sur le coup au quotidien, grosse intervention chirurgicale cette semaine…

    Pourvu que ça marche! Oups, je reprends mes vieux réflexes.

    Ça va marcher! :)

    Luc

  4. « ça dit un mouvement de ludicité à Lachine »

    Beau clin d’oeil :)

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