Babils épars sur la liberté d’expression

Nombreux projets d’écriture en cours, éclatés. Tentons un petit Evernote public paresseux – en vacances – de l’inachevé, de l’en cours avant que l’ensemble aille mourir au fin fond du pour-soi numérique.

25 février.

Crouzet en découd avec Majour sur l’irréversible, l’inéluctable numérique… Débat un peu oiseux… Raccourcis fulgurants.  Prescription quasi morale. Nous ne sommes pas dans l’inéluctable, mais dans l’expérimentation.  Simples idées reçues?

Je crains comme la peste les discours moralisateurs, éclairées, péremptoires, qui savent ce que ce qui va advenir, inéluctablement. Ce n’est pas «pédagogique». Je préfère l’expérience, la praxis :)  et l’échange ouvert en ce monde en mouvement. L’internet n’est ni le mal, ni le bien absolu à la portée de ces pauvres nuls obnubilés par le papier, le livre.

27 février

Je relis le billet  de Franck Queyraud, Du tag et du fouillis : les dangers du cloud computing… et tant pis,  si je passe pour un ringard…. Véritable coup de gueule qui arrive à point nommé pour fermer la Semaine de la liberté d’expression. J’aime bien cette idée fortement affirmée dans son texte du Web comme espace libertaire – j’oserais ajouter baroque, poétique. J’aime ce grand cri contre la doxa, contre la centralisation des contenus chez deux ou trois diffuseurs.  J’aime le pêle-mêle, l’inachevé, le doute solalien, le non-consensuel, l’irruption des Mangeclous.  Mais j’aime par dessus tout l’idée d’une bibliothèque comme garant de cette diversité culturelle.

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28 février

Une journée sans Facebook?  Le prêchi prêcha que je lis dans l’article publié sur la question dans Le Devoir me rend sceptique : On débranche et on réfléchit

Lundi, les 600 millions d’utilisateurs de Facebook sont invités à s’éloigner pendant 24 heures de cet épidémique outil de communication, dans le cadre de la «Journée mondiale sans Facebook». Un appel à la pause pour méditer sur les conséquences de cette dématérialisation des rapports humains qui bouleverse nos vies tout comme notre rapport à la censure, à la vie privée, à l’autre, à la publicité, à la dépendance…

Épidémie, dématérialisation, dépendance. Ciel!

Je suis là aujourd’hui sur Facebook pour continuer à publier le nu de Courbet, pour suivre le mouvement en Lybie, pour afficher ma liberté d’expression.

Opinion toute personnelle : les réseaux sociaux favorisent une rematérialisation des rapports humains.

Être branché, réfléchir, agir, c’est concomitant.

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28 février, suite (voir la mise à jour ci-dessous)

Je réponds à l’appel de Bibliomancienne (Marie D Martel) qui nous invite à diffuser La déclaration des droits de l’utilisateur du livre numérique (ebook)

Tous les utilisateurs devraient avoir les droits suivants :

  • le droit d’utiliser les livres numériques suivant les conditions qui en favorise l’accès avant celles des contraintes propriétaires
  • le droit d’accéder aux livres numériques sur n’importe laquelle plate-forme technologique, indépendamment de l’appareil et du logiciel que l’utilisateur choisit.
  • le droit d’annoter, de citer des passages, de partager le contenu des livres numériques dans l’esprit d’un usage équitable et du droit d’auteur.
  • le droit  d’étendre la doctrine du premier achat au contenu numérique, qui permet au propriétaire du livre numérique de conserver, d’archiver, de partager et de revendre un livre numérique acquis.

1er mars

La déclaration mise à jour :

La déclaration des droits de l’utilisateur du livre numérique (ebo  – 2ème version)

La déclaration des droits de l’utilisateur de livre numérique est un énoncé des libertés  fondamentales qui devraient être reconnues pour tous les utilisateurs de livres numériques.

Tous les utilisateurs devraient avoir les droits suivants :

  • le droit d’utiliser les livres numériques suivant les conditions qui en favorisent l’accès et avant celles qui sont associées à des contraintes propriétaires;
  • le droit d’accéder aux livres numériques sur n’importe laquelle plate-forme technologique, indépendamment de l’appareil et du logiciel que l’utilisateur choisit;
  • le droit d’annoter, de citer des passages, de partager le contenu des livres numériques dans l’esprit d’un usage équitable et du droit d’auteur;
  • le droit  de permettre au propriétaire du livre numérique de conserver, d’archiver, de partager et même de revendre un livre numérique acquis (dans l’esprit de la doctrine de la première vente) sans quoi il demeurerait soumis aux conditions de licence d’utilisateur final qui établissent essentiellement des obligations, et non des droits;

Photo : Luc Jodoin – Collection personnelle : Tableau Huichol

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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