Lire Argus, d’une couverture à l’autre, sans omettre un caractère

Vous avez littéralement plongé dans Argus, la revue québécoise des professionnels de l’information. volume 40, no 1, printemps-été 2011 / poste publication 40021801.

Vous l’avez lu,  systématiquement. D’une couverture à l’autre. Aucun mot, aucun caractère, ne vous a échappé. À vous arracher les yeux. Vous avez aussi traqué du sens dans les pubs, les listes de prix,  la pagination, les notes infrapaginales, les adresses courriel, les liens URL (illisibles).

La revue Argus est publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec. Corporation of Professional Librarians of Quebec (p.3)

La revue a 40 ans. Facture graphique renouvelée grâce aux bons soins de l’illustrateur Clément de Gallejac et de la graphiste Martine Maksud . Le numéro porte sur le futur et comporte 56 pages, si on inclut quatrième de couverture et son dos.

Loupe aidant vous découvrez. Les rédacteurs en chef (invariable) de la revue sont Marie D Martel et Vincent Audette-Chapdelaine. Le comité de rédaction est composé de 6 personnes : Claude Ayerdi, Julie J. Fortin, Marie D. Martel, Vincent Audette-Chapdelaine, Thierry Robert et Patrick M. Lozeau. Un bel équilibre : trois femmes, trois hommes. Insertion d’une initiale entre le prénom et le nom de trois des membres du comité (J, M, D).  J. B. Deschamps assure l’impression et Jean-François Similien (514-845-3327) a la responsabilité de la publicité. (p. 5).  Pierre Chaperon est au poste à la révision linguistique.

Typologie des collaborateurs au contenu :

Métiers :

  • Huit architécologues (si vous trouvez l’occurrence de ce mot dans la revue, vous ne gagnez rien, mais vous enrichissez votre vocabulaire)
  • Un philosophe, professeur titulaire à l’Université de Montréal, heureusement contaminé par l’esprit ludique qui traverse l’ensemble du numéro
  • Deux architectes californiens
  • Un illustrateur : Ramon Vitesse, au patronyme prédestiné pour cette revue portant sur le futur

Courriels :

  • Cinq collaborateurs utilisent Gmail comme logiciel de messagerie. Un sixième, Thierry Robert, l’utilise également, c’est connu. Attachement profond à son employeur? Il nous laisse le courriel portant la marque de la ville de Montréal. 😉
  • Les professeurs (2) s’associent à leurs universités.
  • Un Videotron et un Sympatico : pas de chicane.
  • Un Hotmail

La forme du contenu

  • Six extraits d’archives commentés, dont l’un ne porte pas de signature (La lecture au Québec de 1977 à 2011, p. 12).  Une réalisation du comité de rédaction?
  • Une entrevue en anglais avec Bret Walters et Duncan Young
  • Six articles de fond
  • Un billet recensant des citations de Quora à propos du futur des bibliothèques publiques
  • Un«comic strip» documentant les utopies du futur
  • Une recension de lecture
  • Une délirante ligne du temps, petit exercice de futurologie par l’équipe de rédaction (2012 à 2051, avec petits sauts aux trois ans). Deux exemples :

2024. La notion de document continue à s’étendre : certaines bibliothèques scandinaves prêtent du mobilier IKEA à leurs usagers.

2030. Inspirés de Renaud-Bray, les employés de Google Books mettent au point un algorithme pour définir les coups de coeur. Le même algorithme gratifie Twilight de la mention «Coup de coeur éternel»

La publicité

Neuf organismes se sont payé une pleine page de publicité, dans l’ordre de parution:

  • Bibliothèques et archives nationales (1-800 363 9028)
  • Regard, de la Société Grics (514 241 3730) ()
  • RVM : Répertoire de vedettes-matière de l’université Laval
  • La librairie Monet (514 347 4083)
  • BiblioMondo, une division de MondoIn (514 337 3000)  L’entreprise québécoise tente de percer le marché mondial. Nom des produits à saveur «universelle» : In NetMedia, In Shift, In Edition (sans accent).
  • ONF – NFB, son cinéclub
  • Archambault.ca (1 877 849 8589) . Attention nouveautés. Attention libraire, coquilles : «À surveillez (sic) bientôt LIVRES NUMÉRIQUES.»
  • OCLC qui propulse son WorldCat et qui plussoie à qui mieux mieux : «Vos utilisateurs trouveront beaucoup plus – plus de matériel, plus de format, plus d’options de socialisation, plus de langues (…) plus de connexions…
  • RabaisCampus.com. (1 800 265 0180) Service d’abonnement aux membres. Cette page m’a donné du mal, quelque 143 titres à lire, avec la durée, votre bas prix et le prix en kiosque. Divers calculs pour vérifier les économies… pouvant aller jusqu’à 89 % par rapport au prix en kiosque…

Deux organismes se sont payé une demi-page

  • Les Reliures Caron & Létourneau Ltée (1 800 686 2059) fait équipe avec Reliure Travaction (1 800 267 4991)
  • Les Solutions de rangement Prisma (1 888 248 4030)

Accroche-lecteur : des contenus

Tout le numéro est à lire, mais pour vous donner le goût d’y aller voir, je note:

l’avenir est imprédictible;  les prédictologues «en général, ne réussissent pas mieux, statistiquement, que si on avait fait les prédictions à partir des lancers d’une fléchette sur une cible par un chimpanzé»; face à la complexité du monde, mieux vaut le doute, l’attitude du renard plutôt que celle du hérisson… (Jean-Pierre Marquis, Que pouvons-nous vraiment prédire? p. 28)

que Mario Tessier a réalisé une riche recension des bibliothèques du futur dans la littérature de science-fiction. Les bons auteurs ont d’ailleurs une meilleure note que les chimpanzés en matière d’évaluation de tendances… Voir, entre autres nombreux exemples, le Personal Access Display Device de Star Treck et sa similitude avec nos tablettes numériques. (Les bibliothèques du futur en science-fiction., p. 40)

que vous pourriez devenir bibliothécaire de vous-même. Un article profondément original, fascinant et un tantinet perturbant. (Marie D Martel : L’hyperdocumentation et la mémoire qui fabrique le futur. p. 20)

Sinon, pour l’audace réflexive et l’humour, «La Ludification de l’univers, rien de moins» (p. 24), par Claude Ayerdi et Thierry Robert (en quête incessante et ludifiante de lecteurs) est déjà disponible sur Lucidité.

Félications aux rédacteurs en chef et à l’ensemble des collaborateurs.

«Le futur», un concept bien fouillé et jouissif.

La revue est brochée :) :

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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3 réponses à Lire Argus, d’une couverture à l’autre, sans omettre un caractère

  1. Un sixième, Thierry Robert, l’utilise également, c’est connu. Attachement profond à son employeur? Il nous laisse le courriel portant la marque de la ville de Montréal.

    J’avais remarqué aussi que j’étais le seul… j’émets de nouvelles hypothèses: zèle? Protection de la vie privée? Fierté?

  2. Pour ma défense, on ne m’a pas demandé quelle adresse inscrire sous mon nom au moment de faire parvenir mon texte. Probablement qu’ils ont utilisé l’adresse avec laquelle j’ai soumis le texte.
    On ne m’as pas non plus demandé de bio, parce que si j’avais eu le choix, j’aurais indiqué les BPM plutôt que juste la Ville.

  3. Éliane Béliveau-Cantin dit :

    Mon coup de coeur : la cocasse ligne du temps!

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