La peur de ma vie, par Alice

Alice devait produire un court texte aujourd’hui dans le cadre de son cours de français. Thématique : la peur de ma vie.

Je l’accueille ici afin qu’elle puisse partager avec ses ami(e)s.

Mais pourquoi n’enseignent-ils pas aux étudiants du niveau secondaire comment créer et alimenter un blogue leur permettant d’expérimenter la lecture et l’écriture sociale avec leur classe, d’autres classes? Exercice de médiation numérique à portée de la main pourtant simple et, il me semble, pouvant favoriser la maîtrise de l’écriture et le développement de la créativité …

La peur de ma vie

C’était un soir d’été chaud et humide. Je m’étais dirigée plus tôt dans la journée vers la maison de campagne de mes parents en Mauricie. À  mon arrivée, la maison était vide. .Je n’en fis aucun cas et me dis que mes parents étaient sûrement partis faire une excursion dans la forêt. Je m’installai sous la véranda pour lire. Mais la chaleur était suffocante, presque étouffante.

Tout à coup, je sentis une force surhumaine m’attirer vers le lac. On aurait dit qu’elle m’appelait. C’était comme si mille voix sombres et hésitantes m’invitaient à venir visiter leur demeure. C’était la PEUR, la peur qui murmurait sans cesse derrière mon épaule. Soudain! je me levai d’un bond. Torturée par cette envie de les rejoindre, de plonger vers l’eau fraîche du lac. J’avançais tranquillement, mes pieds nus s’enfonçant dans la mousse imbibée d’eau sale et nauséabonde. Puis je fus agitée de secousses profondes qui faisaient vibrer tout mon corps. De la pointe de mes longs cheveux ondulés jusqu’au bout de mes orteils. Les voix étranges qui ne cessaient de m’appeler se mélangèrent soudain au son du vent brûlant qui claquait contre la peau blanche de mon dos. Comme pour me POUSSER vers l’avant.

Puis brusquement je plongeai dans l’eau glaciale,  paralysée par le froid qui engourdissait peu à peu les muscles de mes membres frêles. Je ne pouvais plus bouger.

Il me restait à peine un petit peu de force dans mes maigres jambes. Je tentai de me propulser vers la surface à l’aide de mes membres encore fonctionnels quand tout à coup je sentis de violentes secousses. Les algues qui se transformaient en longs doigts aquilins me fouettèrent, m’agrippèrent, et se refermèrent sur moi. Puis je m’enfonçai dans la vase.

Je tentai une dernière fois de m’en sortir, je fis un dernier effort, mais en vain !

Je sombrai dans les ténèbres alors que mon pouls résonnait contre les parois de mon crâne.

Je n’étais plus.

Alice

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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