Lire!

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«Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que ceux qui dédaignent les livres.

[…]

Beaucoup trop d’hommes politiques, de chefs d’entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l’exercice de leur profession. La littérature? Perte de temps. Les romans? C’est bon pour les femmes. Pauvres types! (Pas sûr qu’au même niveau de responsabilité les femmes lisent plus et mieux). Eux qui vivent dans un monde clos de privilégiés et qui en connaissent les protocoles, ignorent tout de l’évolution des comportements dans les différentes strates de la population dont ils ont directement ou indirectement la charge. Romans et récits leur apprendraient bien des choses. Sur le clair-obscur des mentalités. Sur les raisons des volte-face et des fidélités. Sur les fiertés minuscules et les détresses inavouables. Sur le grand bazar du commerce des corps et des âmes. Et donc, par comparaison, par confrontation, sur eux-mêmes»  Bernard Pivot,  p. 15-16

Illustration : Magritte, La lectrice soumise, 1928

Référence :

Bernard et Cécile Pivot, Lire!, Flammarion, 2018, 191 p.

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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