La femme qui fuit

La femme qui fuit

L’auteure, raconte / imagine la vie de sa grand-mère, Suzanne Meloche, première écrivaine automatiste, femme du peintre Marcel Barbeau. Suzanne décide un beau matin d’abandonner mari et jeunes enfants pour embrasser la vie, le refus global. C’est écrit au «tu», la narratrice (la petite-fille) interpelle l’absente, pour s’en approcher, la saisir, l’accueillir, l’inventer, et à la fois l’admonester. Dans le genre, je t’aime (pour ta peau incandescente, pour ton goût de la liberté, à une époque où c’était impossible pour une femme au Québec), et je te hais (pour nous avoir abandonné « sous les rafales », avoir éviscéré ma mère, et partant moi-même). On y croise Borduas, Gauvreau, Pollock, Riopelle, New York, St-Jean-Baptiste de Rouville (pour la culture de la betterave à sucre), le mouvement de libération des Noirs dans les Amériques et toute une bande de rebelles et de garrocheux de peinture, ça virevolte, éclabousse, sur les toiles et sur les corps nus des filles. Intense traversée de l’Amérique, du désir, de la liberté «comme une nécessité extrême», de la folie et de l’abandon. Le lieu du désir et de la mort. Une écriture avec ça. De courtes phrases, des métaphores, lancées sur la page blanche, incisives, assassines, comme on jette avec fureur la peinture sur la toile. Que demander de plus? Lire.

Référence:

Anaïs Barbeau-Lavalette, La femme qui fuit, Éditions Marchand de feuilles, 2015,  378 p.

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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