Les oxymores et les paradoxes au quotidien

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[J’étends la figure de l’oxymore  à l’expression, à la phrase et au texte (voir ici).   J’y inclus aussi des expressions constituées de deux ou plusieurs substantifs contradictoires (Le présent goûte l’éternité), alors que l’oxymore simple est généralement construit autour de l’opposition entre un syntagme et une épithète ou d’un verbe et d’un adverbe. Ainsi définie, la figure de l’oxymore est voisine de celle du  paradoxe et du paradoxisme.

La peinture, la danse, la chanson, la politique et l’actualité passent aussi sous ma loupe.]

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11)

  • « Moins les gens ont d’idées à exprimer, plus ils parlent fort. » Fabrice Luchini citant François Mauriac sur Twitter, le 2 décembre 2018
  • « L’effroyable douceur d’appartenir ». Dernière phrase du roman de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux. 30 novembre 2018
  • « Après tout, il vaut tout de même mieux que nous ne lisions que trois pages d’un livre de quatre cents pages mille fois plus à fond que le lecteur ordinaire, qui lit tout mais pas une seule page à fond.
    Il n’est pas nécessaire de lire tout Goethe, tout Kant, pas nécessaire non plus de lire tout Schopenhauer ; quelques pages de Werther, quelques pages des Affinités électives et pour finir nous en savons plus sur ces deux livres que si nous les avions lus d’un bout à l’autre. » Thomas Bernhard, Maîtres anciens. Cité par R. Roy sur la page Facebook de l’excellent Bruno Lalonde, libraire et grand lecteur.
  • « En effet, un zombie, dans cette mythologie consacrée de la crise, renvoie d’abord à un oxymore, à une opposition marquée entre la vie et la mort : le fait de revivre en dépit du néant agit comme un exorcisme de la fatalité ; la panique de la fin est sublimée dans une autre forme de vie, celle, mitoyenne et mécanique, du mort-vivant. » Alex Bellemare, Apocalypse et pratiques spatiales dans la science-fiction télévisée, 29 novembre 2018
  • « Curieux paradoxe du fondamentalisme de la laïcité.

On nous dit que l’école sert à « créer des citoyens » autonomes, libres de tout cadre idéologique et religieux afin de garantir la liberté de conscience.
Mais, cette idée de « créer des citoyens » n’est-elle pas elle-même une sorte d’encadrement de la conscience?
Rarement nous parlons de simplement éduquer à l’art de débattre des croyances et à l’exercice de la critique des idées, ce qui serait, somme toute, la forme la plus aboutie de la liberté de conscience ». Simon Jodoin, sur Facebook, le 27 novembre 2108.

  • «des fois le plus moderne c’est le rétro
    Et le plus pastoral c’est l’urbain
    On peut être sentimental sur un boulevard
    Et formel en campagne»
    Yves Boisvert, Gardez tout, Écrits des Forges, 1987. Relu le 26 novembre 2018.

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10)

    • « L’audace frileuse ». Titre de l’analyse de Denis Lessard du discours inaugural que prononcera François Legault à l’Assemblée Nationale, le 28 novembre 2018. La Presse+ 27 novembre 2018.
    • Projet Royalmount. « Les promoteurs prévoient peu d’impacts sur la circulation » La Presse+ 27 novembre 2018.
    • Conservation du patrimoine. Chambly. « La maison sera rebâtie selon les plans d’époque avec des matériaux modernes » Jean Roy, maire suppléant de la ville de Chambly. » La Presse+ 27 novembre 2018.
    • Le 26 novembre, sur Twitter :

Streliski patrimoine

  • « Éblouissant à force d’être terne, le maire Gérald Tremblay a laissé en héritage, au cœur de Montréal, la possibilité inédite pour les promoteurs d’écarteler plus que jamais le ciel à coup de béton armé » Jean-François Nadeau, dans une chronique, Cas d’école publié, dans Le Devoir du 26 novembre 2018.
  • « Il y a une force qui se dégage de la vulnérabilité et il faut la glorifier, la mettre davantage en avant » La chorégraphe Karine Ledoyen en entrevue avec Mélanie Carpentier. Le Devoir, 24 novembre.
  • Francophonie en Ontario. Ironie. Paradoxe. « Doug Ford, le rassembleur de la francophonie ». Titre d’un article de Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir, 24 novembre.

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9)

  • Doug Ford et Andrew Sheer : francophiles. Préoccupés! du 14 au 20 novembre.
  • « Faites semblant de pleurer, mes amis, puisque le Poète ne fait que semblant d’être mort» Cocteau, Le testament d’Orphée. Cité en première page du Devoir du 28 avril 1984. Consulté le 19 novembre 2018
  • « L’absolu n’est peut-être qu’une capacité à s’installer dans le provisoire … ». Michèle Mailhot, cité par François Hébert. Le Devoir, 28 avril 1984. Consulté le 19 novembre 2018.
  • « Parti québécois : appel à un virage à droite pour se recentrer » Le Devoir, 19 novembre 2019.
  • « Je suis tellement tanné de mourir que vous ne m’y prendrez plus ». Yves Boisvert (poète), cité par Dominic Tardif, Le Devoir du 18 novembre 2018.
  • « Après Outrenuit (Les Herbes rouges, 2014), explique Benoit Jutras, cet autoportrait fragmenté, je voulais sortir du je. Il est finalement resté, mais ce n’était pas le mien ». Jutras en entrevue avec Catherine Lalonde. Le  Devoir du 18 novembre 2018.
  • Paradoxe? Aveuglement volontaire? « Je pense que globalement on a gagné la campagne mais perdu l’élection ». Jean-François Lisée, 16 novembre 2018. « On peut toujours faire mieux », ajoutera-il par la suite, tout à coup frappé d’une illumination. Le Devoir du 17 novembre 2018.
  • « Le fleuve ne se baigne jamais dans le même jour » Yvon Rivard, Le dernier chalet. Relu le 14 novembre 2018.

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8)

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Cet entêtement du temps à être toujours là.
[…]
Des souvenirs qui épousent mon ombre débarquent du futur.
[…]
On s’approche pour jeter une poignée de terre sur mon cercueil.
[…]
Je parle trop fort. Ce ne sont pas mes mots.
[…]
Nous sommes beaucoup plus réels
qu’on ne l’imagine.
[…]
Il est vrai que nos yeux nous ont rendus aveugles.
[…]
Je me bats avec ma tête pour essayer de l’ôter.
[…]
Aujourd’hui c’est hier.
[…]
Cet enfant c’est mon père.
[…]
Le poète est une sombre bougie
qui illumine le rien
dans une infinité de corps allongés.

  • Un oubli. En exergue du roman de François Gravel : Comment je suis devenu un cannibale. «Il y a trois secrets pour écrire un bon roman. Personne ne les connaît.» Somerseth Maugham. Roman lu le 22 octobre 2018.

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7)

  • «Des souvenirs qui épousent mon ombre / débarquent du futur» et «Un baiser qu’on t’aurait donné sans t’embrasser». François Charron, L’herbe pousse et les dieux meurent vite : poésie, Herbes rouges, 2018, 160 p. Finaliste au Grand Prix du livre de Montréal 2018. Lu le 29 octobre 2108.
  • «Je me regarde regarder ce qui n’a jamais existé». Les fées ont soif, Théâtre du rideau vert, le 27 octobre 2018.
  • Album de Stéphanie Boulay. Extraits de la pièce Printemps : «On se tiendra debout / même en rampant […] Et nos coudes joueront / comme des caresses. [Note : ce n’est pas du hockey]. Le Devoir Magazine, p. 7, 27 octobre 2018.
  • Convergence des propos de Carole David avec l’exposition de Sophie Lanctôt (voir entrée suivante). «La poésie, pour moi, c’est une proposition que j’élabore dans le langage et qui permet de voir quelque chose d’invisible, quelque chose qu’on ne voyait pas avant». Carole David dans une entrevue avec Dominic Tardif, Le Devoir Magazine, p.28, 27 octobre 2018.
  • «Retracer l’invisible – Archives de l’image peinte». Exposition d’œuvres de Sophie Lanctôt à La Maison de la culture de Plateau Mont-Royal. Vu le 26 octobre 2018. (Voir aussi sur Youtube)
  • «J’ai bien peur d’être un roc un peu terne et de n’être devenue l’héroïne tragique de rien du tout».  «Se faire des bleus à force de n’être touchée nulle part». Catherine Voyer-Léger, Prendre corps, Chicoutimi, La Peuplade, coll. «Microrécits», 2018, s.p. Ill. Lu le 25 octobre 2018.
  • Paradoxe, ignorance ou dérapage poétique? «Le CO2 n’est PAS de la pollution. C’est ce qui sort de votre bouche quand vous respirez et ce qui nourrit les plantes.» Maxime Bernier. Dans la Presse du 24 octobre 2018.

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6)

  • Seul ensemble. «Une nouvelle création du Cirque Éloize basée sur l’œuvre musicale de Serge Fiori avec la complicité de Louis-Jean Cormier.». Tout le monde en parle, écoutée sur le Web le 22 octobre 2018.
  • Sachez chers lecteurs et chères lectrices que lors de La nuit des longs couteaux Jean Chrétien était couché avec Aline. Paradoxe? Tout le monde en parle, écoutée sur le Web le 22 octobre 2018.
    (Le webmestre de l’émission a un peu massacré le patronyme de Jean Chrétien lors de la création de l’url : https://ici.radio-canada.ca/tele/tout-le-monde-en-parle/site/segments/entrevue/91495/jean-chretier-politique-memoires-livre-histoires-anecdotes?isAutoPlay=1)
  • «La sérénité frénétique de Francis Bordeleau». Entrevue d’André Lavoie avec Francis Bordeleau. Le Devoir, 20 octobre 2018.
  • «Baudelaire […] prend la mesure littéraire du cannabis, cet “écran délicieux et redoutable”». Louis Hamelin, Le cannabis et la littérature. Le Devoir, 20 octobre 2018
  • «Ce roman est une prière que pourront murmurer toutes celles qui préfèrent l’embrasement vif à la combustion lente, la laideur esthétisée au lustre sinistre de la banalité.» Dominic Tardif, dans sa critique du livre de Catherine Lemieux, Une affection rare. Le Devoir, 20 octobre 2018.
  • «J’me remplis de mon propre vide». Imitation de Jean-François Bégin. À la semaine prochaine. 20 octobre 2018.
  • David Goudreault slammant «Libertés surveillées» de Gérald Godin. À la Maison de la culture de la Petite-Patrie, 18 octobre 2018. Un petit extrait :
  • Par les coquerelles de parlement
    les crosseurs d’élections
    les patineurs de fantaisie
    les tarzans du salut public
    j’ai mal à mon pays

[…]

par ces maudits tabarnaques
de cinciboires de cincrèmes
de jériboires d’hosties toastées
de sacraments d’étoles
de crucifix de calvaires
de trous-de-cul
j’ai mal à mon pays
jusqu’à la fin des temps

(Gérald Godin, Libertés surveillées, 1975)

  • «Liquidons monuments, trottoirs, portiques, gradins, enfonçons les rues et les places, relevons le niveau de la ville» Antonio Sant’Elia, Manifeste de l’architecture futuriste. Cité dans Le Devoir du 20 octobre 2018 par Caroline Montpetit dans un article consacré à L’œuvre Manifesto de Julian Rosefeldt, présenté au MAC de Montréal.
  • Kōans créés par un ami (J.C.). Reçus par courriel le 16 octobre suite à la publication de mon billet sur le dernier opus de Philippe Sollers

«Philippe Sollers, tout comme le bouddhisme, n’existe pas.»

«L’écrivaillon sans intention (et donc, susceptible de réussite) n’arrive jamais jusqu’au mot “Fin”» […] «Et il sera applaudi dans un assourdissant silence par une bande délurée de collégiennes manchotes»

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5)

  • « Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie. » Fabrice Lucchini citant Paul Valéry, en entrevue avec Léa Salamé, écoutée le 14 octobre 2018.(https://www.youtube.com/watch?v=uLShRiPFHMU)
  • Récréation : écoute d’Arvo Pärt : Spiege im Spiegle / Miroir dans le miroir. 14 octobre 2018

Christian Bobin : « La douceur c’est la vraie force» et «Les ténèbres lumineux»

Alexandre Julien : «On peut être dépendant et libre»

  • Olivier Niquet, dans son Bétisier, citant Maxime Bernier à La soirée est encore jeune : «Je peux être un populiste, mais qui fait du populisme intelligent». C’était aussi dans Le Devoir du 15 septembre 2018. Il a dans la suite dans les idées, monsieur Bernier.  En prime, Jeff Filion : «La dictature de la majorité». Le 13 octobre 2018.
  • Biz en entrevue avec Marc Cassivi dans la Presse du 13 octobre 2018 : «Mon problème, c’est que mon pays à moi, il englobe tout le monde, de Jeff Fillion à Jaggi Singh.»
  • Sur le climat : «L’art de manquer le bateau… et de faire naufrage». Titre d’un article d’Alexandre Shields dans le Devoir du 13 octobre 2018
  • Voir les paradoxes de Philippe Sollers ici.  Il y en a un joli tapon. Lu le 12 octobre 2018
  • «[…] ce qui n’existe pas existe». René Barjavel, La nuit des temps, Presses de la Cité,  1968, 2014 (édition numérique). Lu le 10 octobre 2018 (voir aussi : Barjavel visionnaire?)

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4)

  • «C’est quelqu’un qui vivait la gravité des choses avec le maximum de légèreté» , Alexandre Jardin à propos de Jean D’Ormesson dans une entrevue à Plus on est de fou plus, plus on lit. (en reprise).  8 octobre 2018.
  • «Le bourgeois-bohème». La bohème, ce grand classique, Le 7 octobre 2018 à l’émisssion Dessine-moi un dimanche. Franco Nuovo s’entretient avec Anthony Glinoer, auteur de La Bohème : une figure de l’imaginaire sociale.
  • Lecture de Cendres bleues de Jean-Paul Daoust. Un texte oxymorique où le «douloureux» jouxte le «soyeux» : «J’ai été un enfant violé / Dans le plus beau des paysages / Dans le carré de sable prince oublié […] Pourtant j’aimais voir ce sexe content / Même si l’idée de l’amour m’était inconnue».  Lu le 6 octobre 2018. Voir aussi ici.
  • «[…] crime sympathique», Stéphan Bureau, aux Grands entretiens. Entrevue avec Charlotte Cardin. Ici Radio-Canada, Entendu le 6 octobre 2018.
  • Vœux d’anniversaire de Marie Désilets sur Facebook : «Bonne fête le bel Affreux», 3 octobre 2018.
  • «Le duo avec Vanessa Paradis, c’est sur l’usure, sur l’absence pendant la présence, tout ce qui se patine entre les êtres… « Tu me manques, pourtant tu es là” est une phrase dure.» GAËTAN ROUSSEL, CHRONIQUEUR DE TOUTES  CIRCULATIONS… Entretien avec Alain Brunet, La Presse+, 1er octobre 2018.

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3)

  • Habiter, chorégraphie de Katia-Marie Germain. Bel oxymore visuel. Vue à la Maison de la culture de la Petite-Patrie, le 27 septembre 2018. Dans le programme : «Dans une esthétique du clair-obscur se dévoile une série de mouvements et de gestes aussi habituels qu’étranges, rythmés par l’oscillation de la lumière qui plonge la salle dans l’obscurité.».
  • Neige noire d’Hubert Aquin, lu le 27 septembre 2018.
  • «Nous serons éphémères mais immenses» et «le présent goûte l’éternité». Catherine Dorion : Luttes fécondes : Libérer le désir et le politique. Lu le 24 septembre 2018.

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2)

  • «Une amitié polémique». François Ricard à propos de son amitié avec Yvon Rivard. Lu dans Le Devoir dans un article de Louis Cornellier portant  sur le dernier essai de François Ricard : La littérature malgré tout. 22 septembre 2018.
  • «Nos improbables existences». Mélanie Carpentier. Article portant sur la prochaine chorégraphie de Catherine Gaudet à l’Agora de la danse. Le Devoir, 22 septembre 2018.

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1)

  • « La CAQ propose le bénévolat forcé chez les jeunes » (Le Journal de Montréal, 8 novembre 2016). Cité par Léo-Paul Lauzon : La CAQ : un vrai danger public, Le Journal de Montréal, 19 septembre 2018.
  • «La révolution silencieuse» Film de Lars Kraume. Bande annonce visionnée au Cinéma Beaubien le 18 septembre 2018.
  • «La mort avait purifié l’air de ce cloaque splendide» Alexandre Dumas fils, La dame aux camélias. Lu le 18 septembre 2018.
  • «Je n’ai jamais ressenti grand-chose pour ma mère, si ce n’est une profonde compassion.» Adeline Dieudonné, La vraie vie, éd. Iconoclaste, 2018. Lu le 17 sept. 2018.
  • Moi, je suis très à l’aise avec l’idée d’être un « révolutionnaire à cravate. »
    Léo Bureau-Blouin, La Presse + 16 septembre 2018.
  • Maxime Bernier nous propose le «populisme intelligent» Le Devoir, 15 septembre 2018.
  • «Une véritable révolution dans l’ordre» Louis Cornellier citant Daniel Johnson. Titre de l’essai de Jonathan Livernois consacré au duplessisme. Le Devoir, 15 septembre 2018.

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Illustration de Maurice Cornelis Escher : Mains dessinant, 1948.

 

À propos de Luc Jodoin

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