Température et incipit : Neige noire d’Hubert Aquin (23)

Aquin

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

L’été caniculaire, au début des années 70, version Aquin. Une «stase languissante» que nous avons vécue cet été, disent d’aucuns  :

Tout baigne dans la chaleur; et cela dure depuis le début de l’été. Montréal ressemble à une vaste fournaise à claire-voie: les fenêtres des appartements sont béantes, offrant ainsi aux voyeurs solitaires d’innombrables contre-plongées. Épaules nues, dos exposés au soleil, cuisses ouvertes, visages enduits de lotion de bronzage, ventres blancs, autant de composantes d’images vertigineuses et allusives! Un goût acide d’épiderme roussi par le soleil imprègne l’image fugace. Tous ces inconnus aux fenêtres sont aveuglés par la lumière, tandis qu’en bas les autres, vêtements collés à la peau, rasent les murs en quête d’ombre et souvent rêvent d’enfin de se défaire de toute étoffe si légère soit-elle. La chaleur caniculaire a créé une sorte de fascination à laquelle peu de gens échappent et qui réduit le mouvement de la vie à une stase languissante. p. 7

Le titre : un bel oxymore en prime.

Référence :

Hubert Aquin, Neige noire, Les éditions de La Presse, 1974, 254 p.

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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