Température et incipit : La nuit des temps de René Barjavel (25)

Barjavel

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

On se les gèle complètes, les rotules, au début de ce récit.

Chapitre 1.

L’aventure commença par une mission des plus banales, la routine, le quotidien, l’ordinaire. Il y avait des années que le travail sur le continent antarctique n’était plus l’affaire des intrépides, mais celle des sages organisateurs. On avait tout le matériel qu’il fallait pour lutter contre les inconvénients du climat et de la distance, pour connaître ce qu’on cherchait à savoir, pour assurer aux chercheurs un confort qui eût mérité au moins trois étoiles – et tout le personnel nécessaire possédant toutes les connaissances indispensables. Quand le vent soufflait trop fort, on s’enfermait et on le laissait souffler ; quand il s’apaisait, on ressortait et chacun faisait ce qu’il avait à faire. On avait découpé sur la carte le continent en tranches de melon, et la mission française implantée de façon permanente à la base Paul-Emile Victor avait découpé sa tranche en petits rectangles et trapèzes qu’elle explorait systématiquement l’un après l’autre. Elle savait qu’il n’y avait rien d’autre à trouver que de la glace, de la neige et du vent, du vent, de la glace et de la neige.

Voir aussi le petit côté visionnaire de Barjavel ici.

Référence :

René Barjavel, La nuit des temps, Presses de la Cité,  1968, 2014 (édition numérique)

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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