Température et incipit : L’eau de Kiev de René Lapierre (36)

L'eau de Kiev

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Le soleil restait suspendu à l’horizon, juste au-dessus de la ligne. Terre, forêts, falaises, océans confondus. Il hésitait à plonger, remplissant le monde de paresse et de regrets.

Paschetti se retourna. Derrière, jusqu’au bout de la rue les maisons croulaient sous le poids de la lumière, bicoques dorées, Klondike. C’était beau. Pourquoi, il n’aurait pas su dire, ni comment ce trou dans le cœur, ni où ni quand le tumulte s’achevait : baraques, nimbus, calicot.

Une jour une balle de revolver lui avait fracassé le pariétal; la vie la mort, dessus-dessous, combien de mois passés entre les deux. Parfois ça lui revenait. Il fallait s’accrocher, n’importe. Il n’était pas difficile.

Le soleil ne se décidait toujours pas.

Paschetti éternua.

Il ne savait même pas à quoi ça ressemblait, du calicot. p. 11

René Lapierre, L’eau de Kiev, Les Herbes rouges, 2006, 152 p.

À propos de Luc Jodoin

Bibliothécaire
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