L’art de décrire des actes impudiques avec sobriété

Borgo Vecchio

Carmela exerce le métier de péripatéticienne.

Celeste est captive sur le balcon cependant que sa mère, Carmela, se livre à ses prières et à ses occupations lucratives.

En fait celle-ci, pour tromper l’ennui de ses longues prisons sur le balcon, avait fini par percer un trou dans les persiennes à force de creuser avec un crayon opiniâtre, et, collant son œil, avait eu la révélation de la pièce où sa mère s’agenouillait sur le lit en prière devant la Vierge au Manteau et où tous les hommes du Quartier se pliaient au-dessus d’elle. p. 43

Celeste prend aussi sobrement la mesure de toute chose en zieutant le paradis de Carmela.

Elle avait appris d’autres contorsions et tous les gémissements possibles, elle avait appris comment on fait vite et comment on retarde, elle avait appris les prix et les suppléments, les précautions et les petites arnaques, et elle connaissait la mesure de tous les pères de ses camarades, parce qu’il n’y en avait pas un qui n’avait pas soupiré dans le Paradis de Carmela. p. 43

Giosué Calaciura, Borgo Vecchio,  Les éditions Noir sur blanc, coll. «Notablia», 2019 (2017),  150 p. (traduit de l’italien par Lise Chapuis)

A propos Luc Jodoin

Bibliothécaire
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