Faire le mur et taper dans le sac

Je vous ai laissé avec Joe Sacco hier. On poursuit notre route politico-graphique vers la Palestine avec Maximilien Le Roy et sa BD Faire le mur.

Roman graphique. Le témoignage d’un Palestinien, de son vécu en terre occupée, la Palestine. Recherche d’une impossible solution, d’une terre pour tous, chrétiens, juifs, musulmans. Mais il y a le mur, symbole à la fois d’une terre perdue et d’un enfermement tant physique qu’existentiel. Aucun ressentiment de la part de ce témoin face à la tragédie que vit son peuple : dépeuplement, enfermement, aveuglement de l’Occident. Comment, sécurité oblige, les colons et l’armée israélienne ont fait main basse sur sa terre et sa maison.

On trouvera, en fin de volume, un entretien avec Alain Gresh, spécialiste du Proche-Orient, qui jette un éclairage critique sur la couverture par les médias occidentaux du conflit israélo-palestinien. Il nous rappelle, entre autres, que Mandela fut longtemps considéré comme un terroriste par la doxa occidentale.

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Sinon, pure provocation d’Olivier Hamel qui nous enjoint sous peine de représailles de publier illico sa recommandation de lecture qui punche sur le portail Le Mois de la BD. J’imagine que ça ne va pas tarder, mais en attendant, voici le compère qui bûche dans son sac gonflable.

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Mes BD à moi fessent dans le dash avec Joe Sacco, Goražde

J’aime les BD qui fessent dans le dash, qui affirment leur subjectivité, s’éloignent des belles et stratégiques objectivités qui pèsent le pour et le contre et s’enferment dans l’attentisme, la morbidité attendue.  Je pense à L’ONU, la communauté internationale, les forces de sécurité…  au Kosovo, au Rwanda, à Goražde, en Palestine, au Darfour…

J’aime Joe Sacco, ce qu’il nous jette à la face, le réalisme de ses planches, son parti-pris pour les opprimés, l’humour et la force rencontrés chez les opprimés, les dominés, les jamais vaincus.

Goražde. Âmes sensibles s’abstenir.  BD reportage réalisée grâce aux témoignages des survivants d’une guerre sans pitié avec son lot de viols, de tortures, de massacres de masse, de bombardements répititifs, de fusillades, de gorges tranchées… Un nettoyage ethnique.

Un chef d’oeuvre dans le genre «crime de guerre» qui n’a d’égal que Maus de Art Spiegelman pour l’holocauste et Gen d’Hiroshima en 10 tomes de Keiji Nakazawa pour le cauchemar vu du point de vue des vaincus.

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Mes BD à moi : Larcenet, La ligne de front…

La ligne de front : une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh / Manu Larcenet.

J’aime Larcenet.  Des bandes dessinées qui l’ont rendu célèbre et qui sont disponibles dans les Bibliothèques de Montréal? : Le retour à la terre, Le combat ordinaire et Blast que j’ai eu l’occasion de recommander ici sur le portail du club de lecture Les Irrésistibles.

Grande guerre de 14,  un Van Gogh ressuscité est conscrit pour aller exercer son art au front. Un Van Gogh pugnace qui tient la dragée haute au général benêt de service. Un Van Gogh qui se lance palette chromatique baissée pour mieux capter et comprendre la boucherie des tranchées et la désertion de certains poilus.

Des dialogues truculents, un scénarion débile, des dessins qui vous butent. Le bonheur.

Incidemment, c’est Le mois de la BD dans les Bibliothèques de Montréal. Vous êtes invités à sortir de votre bulle en soumettant votre BD à vous.

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Je note dans mon calepin virtuel les recommandations de Stéphane Archambault du groupe de musique Mes Aïeux :

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Mes BD à moi : Guy Delisle, Chroniques de Jérusalem

C’est Le Mois de la BD dans les Bibliothèques de Montréal. Je publierai tout le mois de mai une série de billets sur mes lectures récentes du genre. Quant à savoir quelle est Ma BD à moi, c’est à suivre… faisons durer le plaisir.  Je vous invite à aller soumettre votre BD à vous sur le portail  des Bibliothèques de Montréal, c’est iciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Allez, faites comme eux : lisez-la à deux ou à plusieurs, votre BD.

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Récit autobio-graphique de Guy Delisle qui a passé une année à Jérusalem en compagnie de ses enfants et de sa femme Nadège, en service commandé dans la Bande de Gaza pour Médecins sans frontières. J’aime la facture toute simple des romans graphiques de Delisle (voir aussi Chroniques birmanes (2011) et Pyongyang (2005) – autres incontournables). Delisle a vraiment trouvé son style, son geste, en réalisant ses trois récits. Il n’y a qu’à comparer avec ses premiers coups de griffe (je pense à Comment ne rien faire (2007), notamment). Trame narrative originale, on découvre le quotidien de Jérusalem-Est en le suivant au volant de sa poussette ou simplement depuis la fenêtre de son atelier. La subjectivité du regard est bien assumée, l’ironie des situations et l’autodérision sont bien esquissées, sans charge excessive. On notera la présence obstinée et obstinante du Mur tout le long du récit pour bien marquer l’irréconciliable, l’absence de dialogues entre les peuples et le fractionnement de la Terre « bénie ».
- Fauve d’or au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2012.
- Prix du meilleur album de langue française publié à l’étranger par un Québécois. Festival de la bande dessinée francophone de Québec (25e édition).

Recommandation de lecture publiée le 20 avril 2012 sur le portail du club de lecture Les irrésistibles

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Si vous possédez une liseuse, un jardin et une bibliothèque…

Grand branle-bas de combat markedingue dernièrement avec un groupe de joyeux lurons des Bibliothèques de Montréal pour revamper nos sacs biblio-promo. J’aimais bien l’un des sacs précédents des BPQ qui campait les bibliothèques comme «responsables et engagés».

Le but de notre remue-méninges : l’inscription sur le sac d’une citation qui traduirait bien la mission des Bibliothèques de Montréal. Le visuel tout en bulles suivra… pour aller plus loin …

Point de départ, des citations d’écrivains glanées ici et là :

Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut. – Cicéron

Celui qui lit possède des ailes qui lui permettent de s’enfuir dans des pays merveilleux. – Michel Tournier

Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilatent le temps de vivre. - Daniel Pennac

Choisir des livres est aussi important que de choisir ses amis. – Avebury

Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. – Jules Renard

Le paradis, à n’en pas douter, n’est qu’une immense bibliothèque. – Gaston Bachelard

Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade. – Julien Green

Une bibliothèque, c’est un des plus beaux paysages du monde. – Jacques Sternberg

Un bon livre est un jardin que l’on transporte avec soi. – Proverbe arabe

Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque. – Aldous Huxley

Les bibliothèques devraient être ouvertes à tous sauf aux censeurs. – Anonyme

Un vieillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle. – Proverbe africain

Une bibliothèque, c’est le carrefour de tous les rêves de l’humanité. - Julien Green

Nul lieu n’offre de la vanité des espérances humaines une preuve plus frappante qu’une bibliothèque publique. – Samuel Johnson

Une bibliothèque est une chambre d’amis. – Tahar Ben Jelloun

Contempler sa bibliothèque, c’est rêver qu’on ne saurait mourir avant d’avoir lu tous les livres qui la remplissent. – Jacques Attali

Il faudrait pouvoir voyager avec sa bibliothèque, comme un escargot avec sa coquille – Jean Chalon

Quelle joie de pouvoir transporter sa bibliothèque avec soi – Ivan Filion et Mélina Morin

Ci-dessous, ma modeste contribution dans une vaine et délirante tentative d’épuisement d’un lieu à haute saveur symbolique. J’ajoute un court commentaire entre parenthèses à la fin de chacun des énoncés :

Des bibliothèques partout, tout le temps, avec soi (ubiquitaire et intemporelle (24 sur 24))

Des bibliothèques partout, tout le temps, en-soi (philosophique)

Une bibliothèque toujours-déjà-là (heideggerien)

Des bibliothèques partout, tout le temps, pour soi et entre nous (réseaux sociaux)

Ma bibliothèque dans tous ses états (énergiques, anarchistes)

Bibliothèque : rencontre d’un troisième type dans un troisième lieu (séductrice et tendance)

La bibliothèque de tous les excès : dans mon sac (jouisseur)

La bibliothèque de tous les accès : dans mon sac (démocratique)

La bibliothèque de tous les excès et de tous les accès : dans mon sac (œcuménique)

Ma bibliothèque : l’affaire est dans le sac (calembourineux)

Une bibliothèque c’est comme une chambre en ville (pour taquiner un peu Tahar Ben Jelloun – je n’ai pas dit que le sac était un baise-en-ville)

Les bibliothèques devraient être ouvertes à tous, même aux censeurs (pour prendre le contre-pied de la citation de l’anonyme ci-dessus)

Ma bibliothèque, mes souvenirs et une foule de récits à venir (nostalgico-futurologiste)

Les murs de la bibliothèque, ma captivité heureuse (un récidiviste)

Les murs de la bibliothèque partout, ma captivité heureuse (orwellien)

Une bibliothèque, ici (minimaliste)

Une bibliothèque ici ‘dans (vernaculaire)

Une bibliothèque sens dessus dessous (ménage du printemps)

Contempler sa bibliothèque, la belle affaire, mais il faut la tenir dans son sac, dans sa liseuse! (anti-Attali)

Ma bibliothèque, lumineuse comme un 22 mars rue Sherbrooke vers 14 heures (contre la hausse) ;-)

Si vous possédez une liseuse, un jardin et une bibliothèque, voici mon numéro : @514-@248-@3401 (petites annonces Kijiji à la Cicéron)

À suivre …

et vous, z’en avez des idées de petit slogan markedingue?

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Troquez vos lectures : rencontre des imaginaires

Je reçois tout juste un message fort sympathique de Lionel Dujol au sujet du partenariat autour du Club des Irrésistibles entre les Bibliothèques de Montréal et les Médiathèques du Pays de Romans. Des impacts qu’induisent les partenariats entre les bibliothèques? :

«un partenariat tout simple, qui ne coûte rien et qui a eu un impact par chez nous. Le nombre d’ adhérents à notre club a augmenté depuis l’annonce de notre échange de critiques. Des élus, impressionnés par ce lien avec Montréal – pas anodin en ces temps où les enveloppes budgétaires se réduisent – et surtout nous avons décidé de développer un fonds auteurs québécois en s’appuyant sur vos irrésistibles. Encore merci pour cet échange.» L.D.

Dans la foulée, simplement ajouter que Jocelyne Saucier a remporté le prix 2011 du Club des Irrésistibles pour son roman «Il pleuvait des oiseaux» Le témoignage de madame Saucier :

« Je vous ai lu, j’ai lu vos commentaires, j’ai l’impression que le livre que vous avez lu est meilleur que celui que j’ai écrit. J’aimerais à mon tour lire le livre que vous avez dans votre tête. C’est là que tout se fait, dans l’imaginaire, le roman que j’ai écrit et celui que vous avez lu. Heureuse que nos imaginaires se soient rencontrés. Irrésistiblement vôtre » J.S.

La rencontre des imaginaires, entre les bibliothèques et les lecteurs!

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Lire l’excellent billet produit par Lionel Dujol sur le Club des irrésistibles : Le club des Irrésistibles : un bel exemple de médiation globale à Montréal


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Les Copines de Reiser : un remède contre la grippe et la neurasthénie


Vous aviez chopé une vilaine grippe : courbatures, nez trompinette, poumons cracheurs de feu, agitation somnolente perpétuelle et tout le tintouin bactériel. Tout ce qui dispose à la lecture… Vous étiez à la recherche d’une solution littéraire pour douche nasale à petit volume et basse pression, en vue d’hydrater et de nettoyer les voies de votre reniflant rougeoyant. Un viatique pour chasser vos idées noires. Le produit comprendrait – à revers des discours dominants – un agent de conservation. Le genre de truc à tenir hors de portée des enfants. Vous aviez trouvé dans votre bibliothèque, une bonne BD affreuse, sale et méchante. Vous aviez relu, à petit jet, à petite goutte, Les copines de Reiser. Décapant. Un remède, irrésistible. Vous respirez. Aux poubelles les pseudoéphédrines !

Cette recommandation de lecture a aussi été publiée sur le site des Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal, le  13 avril dernier.

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L’assassin du Banconi

J’ai téléchargé, curieux, le roman de Moussa Konaté : L’assassin du Banconi : les enquêtes du commissaire Habib. Chez Publie.net

On peut dès la première page du roman évaluer l’art avec lequel Konaté campe, autour d’un jeu de ballon de chiffons, un pays, des jeunes, la putrescence, le rapport à la mort et des rires bien vivants. De la couleur, des odeurs et de la précision.

J’y plonge.

Au bord d’une des rares rues spacieuses au tracé incertain, deux garçons jouaient au ballon — une boule de chiffons ; ils jouaient en riant aux éclats. C’était à proximité d’une décharge publique où s’entassaient des ordures ménagères et des bêtes crevées. Là, un chat à la tête écrabouillée paraissait enfler à vue d’œil sous une nuée de grosses mouches bleues. D’ailleurs, l’un des garçons, courant à reculons, piétina le macchabée dont le ventre explosa, libérant des viscères qui jaillirent à la grande joie des enfants. Le second prit le chat mort par les pattes postérieures et, le brandissant par-dessus sa tête, tournoya à vive allure en s’esclaffant, à l’instar de son petit ami, à la vue de l’animal dont le corps s’en allait en lambeaux.

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In der S : À la colonie pénitentiaire

Une nouvelle traduction d’un texte de Kafka par Laurent Margantin chez Publie.net, je replonge, In der Strafkolonie. Toujours sidéré par cette écriture, ses thèmes, son regard jeté sur le monde et la Raison raisonnante. Un récit court, froid et efficace. Un récit traversé par les figures de la Loi, du Père, de la culpabilité, du châtiment et de l’intériorisation du pouvoir. Publié en 1919, ce texte n’a pas pris une ride, toujours d’actualité, moderne. Chemin faisant réticulaire, allez bouquiner dans «La métamorphose» et «Bartleby» de Melville. Ces trois textes forment un beau triptyque sur la condition humaine. Des textes qui ont profondément marqué la littérature et la pensée. «À la colonie pénitentiaire» et «Bartleby»  de la collection publie.net sont disponibles en version numérique dans la base de données des livres numériques des Bibliothèques de Montréal.

Ce texte de Kafka dans une traduction , «translucide, aiguisée » (François Bon),  de Laurent Margantin fera son entrée dans le Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal, ce vendredi 6 avril.

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Et il se demande si on aura droit bientôt à une nouvelle traduction de «La Métamorphose».

Pour l’instant, je suis très attaché à la version espagnole :

Cuando Gregorio Samsa se despertó una mañana después de un sueño intranquilo, se encontró sobre su cama convertido en un monstruoso insecto. Estaba tumbado sobre su espalda dura y en forma de caparazón y, al levantar un poco la cabeza, veía un vientre abombado, parduzco, dividido por partes duras en forma de arco, sobre cuya protuberancia apenas podía mantenerse el cobertor, a punto ya de resbalar al suelo. Sus muchas patas, ridículamente pequeñas en comparación con el resto de su tamaño, le vibraban desamparadas ante los ojos

De loin préférable à la traduction de Vialatte avec sa « vermine» … ?!? :

Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine. Il était couché sur le dos, un dos dur comme une cuirasse, et, en levant un peu la tête, il s’aperçut qu’il avait un ventre brun en forme de voûte divisé par des nervures arquées.  La couverture, à peine retenue par le sommet de cet édifice, était près de tomber complètement, et les pattes de Grégoire, pitoyablement minces pour son gros corps, papillotaient devant ses yeux.

Et l’original

ALS Gregor Samsa eines Morgens aus unruhigen Träumen erwachte, fand er sich in seinem Bett zu einem ungeheuren Ungeziefer verwandelt. Er lag auf seinem panzerartig harten Rücken und sah, wenn er den Kopf ein wenig hob, seinen gewölbten, braunen, von bogenförmigen Versteifungen geteilten Bauch, auf dessen Höhe sich die Bettdecke, zum gänzlichen Niedergleiten bereit, kaum noch erhalten konnte. Seine vielen, im Vergleich zu seinem sonstigen Umfang kläglich dünnen Beine flimmerten ihm hilflos vor den Augen.

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Mon combat des livres : Le sourire de la petite juive

C’est Le combat des livres de Radio-Canada.

Quatre titres sont en lice :

Le sourire de la petite juive d’Abla Fahroud
Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle
La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie
La voleuse d’hommes de Margaret Atwood

Je reproduis ici mon appréciation du roman d’Abla Farhoud «Le sourire de la petite juive» que j’ai publiée le 16 mars 2012 sur le site Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal.

Dire la ville, riche, multiculturelle, vivante et créatrice, en brossant le portrait d’une palanquée de personnages que de simples choses rassemblent : une rue (Hutchison), la curiosité, des sourires et la vie qui va. C’est le défi, réussi, que s’est donné Abla Farhoud. Je ne résume pas, les membres du Club des Irrésistibles l’ont bien fait ici. J’ajouterai simplement : à lire pour comprendre comment la lecture de polars et la fréquentation des bibliothèques constituent de parfaits remèdes à la dépression, comment une Jamaïcaine peut pénétrer dans une synagogue le jour du sabbat hassidim, comment apprendre le français en lisant, à répétition, Gabrielle Roy, comment un simple sourire peut constituer le parfait chemin de traverse vers l’autre. Un coup de coeur tout simple d’une Libanaise, arrivée au Canada en 1951, qui a su avec maestria rendre la culture québécoise, son interculturalisme, son langage, son accent, ses excès. Je vous le recommande chaudement. Deux ou trois petites heures de plaisir… À vous donner envie d’envahir la rue pour bien habiter la ville. Le roman du printemps, il se pointe, vous verrez, bientôt une Italienne souriante, ira sarcler son jardin à la façade de son logement et y plantera de beaux pieds de tomates… sur la rue Hutchison.

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