Octobre 2026

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[Texte d’abord publié sur Facebook, le 5 octobre 2026. J’archive.]

De retour du Sénégal, dulcinée et moi avons retrouvé Madrid. Son fourmillement : ses rues, ses habitants, ses édifices, son art public, ses terrasses, ses librairies, son délabrement calculé. De nombreux touristes. Immense manifestation à La plaza de Cibeles pour protester contre les évictions et la hausse effarante des loyers en Espagne. Au Québec?

Nous sommes aussi allé·es saluer les campeurs qui occupent en entier la Plaza del Sol pour sensiblement les mêmes raisons. Animos! (Courage!). Souvenir de l’occupation de la place près du métro Square Victoria (et du boulot), en 2011, dans le cadre du mouvement Occupons Montréal (déclinaison de Occupy Wall Street).

Nous avons aussi vu une vingtaine d’œuvres de Kenny Scharf au musée Thyssen-Bornemisza. J’ai sur-interprété ses figures anthropomorphiques. J’ai cru voir un joli pied de nez ricaneur à l’endroit de la droite tentaculaire. Au Québec?

Pour clore la soirée en beauté, nous avons croûté des fruits de mer, sifflé un bon cava et j’ai soufflé de trop peu nombreuses bougies. C’est comme ça.

P.-S. 6 octobre : entrée importante de la bande d’hurluberlus d’Éric Duhaime à l’Assemblée nationale :

Marie-Josée Hélie, par exemple, tombe dans la frange antivax. Elle a qualifié la vaccination de « génocidaire », ce qui ne l’a pas empêchée d’être élue dans Montmorency. Dominique Dumas, qui avait proposé de rouvrir le débat sur l’avortement, a lui aussi gagné ses élections, dans Chutes-de-la-Chaudière. La liste d’hurluberlus est longue : plusieurs ont été défaits, lundi. Mais un important contingent de néophytes débarquera à l’Assemblée nationale. » Olivier Niquet.

Des cartes postales :

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Crédit : elDiario.es, le 3 octobre 2026.

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Incipit météo : «Les innocents» de Georges Simenon [159]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Même la giboulée de mars qui tombait depuis une heure était savoureuse, car elle donnait à l’atelier une couleur plus intime. On retrouvait les toits de Paris que la pluie laquait d’un noir bleuâtre et le ciel était d’un gris qui gardait une certaine luminosité. p. 7.

Georges Simenon, Les innocents, Le Cercle du livre de France, Presses de la cité, Paris, ©1972, 184 p.

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Le mur

Le mur

Lecteur·e, tu éprouveras peut-être un léger agacement à la lecture de ce roman, salué par la critique (1), lorsque tu croiseras certaines figures de style. L’auteur use en effet d’un anthropomorphisme assez marqué dans la construction de certaines de ses métaphores et de ses comparaisons : une voiture qui toussote, un véhicule qui éructe, des essieux qui gémissent, une corde à linge qui couine, les borborygmes de la tuyauterie, des nuages qui avalent le regard… Des exemples suivent mon bref commentaire.

Je ne lui accorde pas le statut de véritable écrivain, avec ses mouches désaccordées : Il fait chaud, le quartier bruisse de vie et des mouchent [sic] s’envolent par nuées.

***

Un roman sonore. On y trouve cinq occurrences de l’expression «oreille tendue».

***

J’avais aussi lu son roman Le poids de la neige. Mon commentaire. (2017)

Exemples triés sur le volet 

Parfois, une voiture ou une camionnette passe en toussotant.

Une lueur rose et fragile éclaire le ventre des nuages.

Une corde à linge qui couine,

Les roseaux qui étouffent les parcs, les terrains vagues.

La ville est frémissante.

Les jeunes s’exclament et embarquent dans le véhicule qui disparaît en éructant.

Elle lève le menton pour mieux sentir le vent lui fouetter le visage.

Les crevasses dans l’asphalte font gémir les essieux de son chariot.

Les arbres tendent les bras pour retenir quelque chose qu’elle ne voit

Alors qu’elle se lave la tête, la tuyauterie émet quelques borborygmes, crachote des copeaux de rouille puis l’eau cesse de couler.

Une fois le téléchargement lancé, elle relève la tête. Les nuages avalent son regard.

Les rares panneaux indicateurs sont assiégés par des plantes.

Les arbres valsent et se heurtent les uns aux autres.

Appuyés sur leurs coudes, ils avaient longuement regardé le matin fissurer le tissu de la nuit.

Le long du boulevard, la rivière s’agrippe au terre-plein.

Des rayons de soleil tendent la main, effleurent le décor et découpent les ombres au sol.

La lumière est chatoyante sur le décor trempé.

Dans la première section, le sol est encore imbibé d’eau mais les étais portent le monde solidement sur leurs épaules.

Ils s’étreignent en prenant appui sur l’établi encombré. Une boîte de vis tombe et se répand au sol comme un frisson sur la peau. [Cute]

***

(1) Voir les critiques de Marie-Anne Poggi, Josée Lapointe et de Anne-Frédérique Hébert-Dolbec.

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Christian Guay-Poliquin, Le mur, La Peuplade, 2026, [édition numérique]

 

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Les mouches dans «La cantatrice chauve» d’Eugène Ionesco [160 ]

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La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne […] Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Les cacaoyers des cacaoyères donnent pas des cacahuètes, donnent du cacao ! Les cacaoyers des cacaoyères donnent pas des cacahuètes, donnent du cacao ! Les cacaoyers des cacaoyères donnent pas des cacahuètes, donnent du cacao.

Mme. SMITH

Les souris ont des sourcils, les sourcils n’ont pas de souris.

Mme. MARTIN

Touche pas ma babouche !

M. MARTIN

Bouge pas la babouche !

M. SMITH

Touche la mouche, mouche pas la touche.

Mme. MARTIN

La mouche bouge.

Mme. SMITH

Mouche ta bouche.

M. MARTIN

Mouche le chasse-mouche, mouche le chasse-mouche.

M. SMITH

Escarmoucheur escarmouche !

Mme. MARTIN

Scaramouche !

Mme. SMITH

Sainte-Nitouche !

M. MARTIN

T’en as une couche !

M. SMITH

Tu m’embouches.

Mme. MARTIN

Sainte Nitouche touche ma cartouche.

[…]

Tous ensembles, au comble de la fureur, hurlent les uns aux oreilles des autres. La lumière s’est éteinte. Dans l’obscurité on entend sur un rythme de plus en plus rapide :

TOUS ENSEMBLE

C’est pas par là, c’est par ici, c’est pas par là, c’est par ici, c’est pas par là, c’est par ici, c’est pas par là, c’est par ici, c’est pas par là, c’est par ici, c’est pas par là, c’est par ici  !

Les paroles cessent brusquement. De nouveau, lumière. M. et Mme MARTIN sont assis comme les SMITH au début de la pièce. La pièce recommence avec les MARTIN, qui disent exactement les répliques des SMITH dans la première scène, tandis que le rideau se ferme doucement. p. 54-56

***

Un sympathisant du Front de libération des chaises (FLC) a lu, dans le même volume, Les chaises. Il médite depuis sur cette réplique prophétique du personnage Le Vieux :

Pour empêcher l’exploitation de  l’homme par l’homme, il nous faut de l’argent, de l’argent, encore de l’argent. p. 164

***

Eugène Ionesco, Théâtre 1, «La cantatrice chauve : Anti-pièce», préface de Jacques Lemarchand, Gallimard, 1954, p. 18 à 56.

Eugène Ionesco, Théâtre 1, «Les chaises : Farce tragique», préface de Jacques Lemarchand, Gallimard, 1954, p. 18 à 180.

 

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Une pauvre mouche dans «Les grues volent vers le sud» [59]

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La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne […] Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Je ferme la trappe de la cheminée et laisse mon regard balayer la pièce, tout en m’étirant le dos. Les murs en rondins sont assombris par la suie, et la lumière de septembre qui cherche à entrer par les deux petites fenêtres paraît comme filtrée. Une mouche se cogne obstinément contre une des vitres. Je roule un vieux journal et je vise. Elle tombe au premier coup. J’ouvre la fenêtre et je la jette dehors.

Les oiseaux tombent aussi du ciel dans ce roman de Liza Ridzén, Elle est en bonne compagnie avec Jean-Paul Dubois, Jocelyne Saucier, René Lapierre, Maurices Pons, Richard Desjardins, David Foster Wallace, William Shakespeare, Simon Brousseau et Richard Powers. (voir ici)

Je dors mieux sur la banquette de la cuisine. Mais plus personne ne prête attention à mes paroles rauques. Comme des oiseaux morts tombés du ciel, elles se fracassent à un endroit où personne ne va jamais.

Lisa Ridzén, Les grues volent vers le sud, La Peuplade, 2026, 432 p. [édition numérique]

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Le chat de Schrödinger et Jorge Luis Borges [5]

Borges et Cervantes

En réalité, c’est et ce n’est pas le même livre. (Irene Vallejo)

Il n’y a pas l’ombre d’un chat dans la nouvelle de Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du Quichotte (1939).

Pierre Ménard entreprend de reproduire mot à mot le Don Quichotte de Cervantès.

Il ne voulait pas composer un autre Quichotte – ce qui est facile – mais le Quichotte. Inutile d’ajouter qu’il n’envisagea jamais une transcription mécanique de l’original ; il ne se proposait pas de le copier. Son admirable ambition était de reproduire quelques pages qui coïncideraient – mot à mot et ligne à ligne — avec celles de Miguel de Cervantès.

Les textes sont identiques, mais celui de Ménard est plus riche :

Le texte de Cervantès et celui de Ménard sont verbalement identiques, mais le second est presque infiniment plus riche. (Plus ambigu, diront ses détracteurs ; mais l’ambiguïté est une richesse.)

Comparer le Don Quichotte de Ménard à celui de Cervantès est une révélation. Celui-ci, par exemple, écrivit (Don Quichotte, première partie, chapitre IX) :

«… la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, exemple et connaissance du présent, avertissement de l’avenir.»

Rédigée au XVIIe siècle, rédigée par le « génie ignorant » Cervantès, cette énumération est un pur éloge rhétorique de l’histoire. Ménard écrit en revanche :

«… la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, exemple et connaissance du présent, avertissement de l’avenir.»

Il y a transposition d’états comme dans l’expérience de Schrödinger. Un texte n’a pas de valeur fixe. C’est le lecteur (ou l’observateur de la boîte) qui crée le sens.

***

Fascinant, ce Borges. Il anticipe les travaux de L’École de Constance en plaçant le lecteur au centre de la réception des textes.

Borges s’intéressait à la physique quantique, mais je ne saurais dire s’il connaissait l’expérience de Schrödinger.

On peut se procurer Borges y la física cuántica, d’Alberto Rojo pour la modique somme de 24 700 dollars.

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Le chat de Schrödinger et les anagrammes renversantes [4]

anagrammes renversantes

Présence discrète du minet de Schrödinger.

L’anagramme à la fin du texte comme superposition quantique du titre?

Un texte exhilarant.

Collisionneur d’électrons

Le vide des physiciens, loin d’être tout à fait vide, constitue une espèce de marigot quantique dans lequel pataugent toutes sortes de particules dépourvues de vitalité. Ces particules sont si avachies qu’on les qualifie de « virtuelles ». On les étudie à l’aide de collisionneurs d’électrons capables de leur fournir l’énergie qui leur manquait pour entrer de plain-pied dans l’existence. Longs de plusieurs kilomètres, ces appareils sophistiqués ont permis de faire des découvertes de taille dans le monde de l’infiniment petit. Il a été établi que les parties tête n’y sont pas aussi développées que les parties cul, que les champs quantiques ne sont pas cultivés et que l’ignorance est carrément encyclopédique dans la jungle des objets élémentaires : les quarks méprisent la littérature, les photons militent pour l’obscurantisme, les électrons font à tout bout de champ des fautes de syntaxe, les neutrinos ignorent la règle de trois, le boson de Higgs, le chat de Schrödinger, les moutons de Panurge et même

les crocodiles n’ont rien lu.

Étienne Klein et Jacques Perry-Salkow, Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde.

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La découpe du porc [2]

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«Un roman féministe explosif et jubilatoire où chaque page se dévore jusqu’au rebondissement final !» Quatrième de couverture sur Babelio.

La découpe et le désossement d’un porc  :

Achever la bête [un abuseur sexuel] pour alléger sa souffrance, même si bien méritée. Une bassine pour récupérer le sang. Casser la viande, s’atteler au désossage, retirer la tête, les viscères, vite émousser. Plateaux, seaux, tables de découpe en inox, contenants en plastique. Scies à os, haches de boucher, couteaux à désosser, couteaux à saigner, couteaux à trancher, couteaux à éplucher, fusil à aiguiser. Laisser la partie arrière suspendue au crochet de la salle à carcasses, amener la partie avant dans la salle de découpe. Anne encadrait de près Michèle. La scie dans une main, et avec l’autre, saisir l’épaule puis remonter jusqu’à cinq ou six côtes. Couper droit le long de l’os pour dégager le filet de la jambe et de la cuisse. Sur le plan de travail, suivre l’articulation de l’épaule, en passant avec un couteau flexible autour de l’omoplate et en tenant l’os avec la main.

[…]

Une fois l’épaule entièrement découpée, la désosser. Dégager la chair autour de la tête, puis avec un couteau désosseur faire levier en tenant la palette en dessous du jarret pour déboîter l’os et le casser. Redécouper en plusieurs morceaux, parer et éplucher. Stacey et Michèle étaient impressionnées par l’aisance et la grande maîtrise d’Anne

[…]

La colonne vertébrale et les intestins, faut les mettre aux MRS, précisait Anne. Stacey, peux-tu expliquer à Michèle ce que sont les MRS, leçon numéro 4 de notre CAP ?
– MRS, matériels à risque spécifiés, on doit jeter ces abats qui présentent un risque pour la santé dans un conteneur, sous peine d’infraction, mon capitaine ! récita Stacey, qui commençait à retrouver le sourire.

Un zeugme pour la détente ?

Elles se rhabillèrent, il commençait à faire froid. Stacey proposa à Anne de dîner au Bad Rock Café, une brasserie qu’elle connaissait bien, en noir et rouge, avec sa terrasse vue sur mer. Des habitués du coin, plutôt des jeunes, quelques touristes avec le guide sur la table, plutôt des vieux. Stacey claqua la bise à l’un des serveurs qui lui donna une bonne tape sur les fesses ainsi qu’une table sur la terrasse, leur apportant aussitôt deux pintes de bière.

On peut lire dans le billet précédent : «Il n’y avait pas de moment plus intime que celui de la découpe.»

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N.B. Cet billet a rejoint la catégorie « élagage ».

Lecture recommandée par Philippe Didion dans Notules dominicales du 5 juillet 2026.

Sophie Demange, Les bouchères, L’iconoclaste, 2025, 300 pages. [édition numérique]

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La découpe du porc [1]

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«Un roman féministe explosif et jubilatoire où chaque page se dévore jusqu’au rebondissement final !» Quatrième de couverture sur Babelio.

Sophie Demange a remporté le Prix René-Fallet 2026.

À Rouen, trois femmes relèvent un défi : ouvrir leur propre boucherie.

Admirez leur maîtrise de la découpe du porc, essentielle pour réaliser fromage de tête, saucissons, saucisses, pâtés et boudins. Pensées intimes.

Les filles étaient sur le porc. Six heures du matin, le jour se levait à peine, un cochon tout juste livré de 110 kilogrammes, une belle bête.
Anne s’occupait de scier la tête puis de la désosser, pendant que Stacey s’attelait à la découpe primaire, séparer le jambon, la poitrine et l’épaule. Après avoir retiré les oreilles pour un futur fromage de tête et ôté la cervelle pour la préparer en beignet, Anne s’attachait maintenant à contourner la cavité de l’œil avec des passages au couteau assez durs pour dégager ensuite la mâchoire et détacher les deux joues de l’animal. Feuille de boucher, couteau à trancher, couteau à désosser, Stacey passait d’un couteau à l’autre avec une impressionnante dextérité ; il s’agissait de faire attention à bien rester dans le gras pour ne pas abîmer la viande. Elles s’étaient ensuite réparti les morceaux. Elles avaient disposé devant elles les bacs à tri, le premier pour la viande bien rouge, pour faire le saucisson ; dans le deuxième bac, la viande fibreuse, pour les saucisses ; dans le troisième, les abats et toutes les viandes sanglantes pour les pâtés ; dans le quatrième, le gras mou, tiré de l’intérieur de la carcasse ; dans le cinquième, la couenne, la peau du cochon, pour les boudins. Dans le bruit des couteaux qui s’aiguisaient, Anne et Stacey laissaient leurs pensées divaguer. Il n’y avait pas de moment plus intime que celui de la découpe.

À suivre.

P.-S. René Fallet était un véritable écrivain.

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Lecture recommandée par Philippe Didion : Notules dominicales du 5 juillet 2026.

Sophie Demange, Les bouchères, L’iconoclaste, 2025, 300 pages. [édition numérique]

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Lectures estivales recommandées

Diseño sin título - 1Deux livres.

Résumons :

Deux oeuvres importantes qui questionnent la mémoire, les souvenirs fabriqués, les souvenirs embellis, l’oubli, l’amour, la littérature, le temps qui passe, la sénescence, le crépuscule des écrivains et la mort.

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Julian Barnes, Départ(s).

Siri Husdvedt, Ghost stories.

 

 

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