Les souvenirs, la mémoire et la Galerie Courtauld à Londres

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Notre périple culturel à Londres a été sponsorisé par la cellule londonienne du FLC. Il  s’est déroulé sous l’œil attentif d’un chaperon de la dite cellule, qui nous a accompagnés tout au long de notre itinéraire… muséal. 

La Galerie Courtauld occupe Somerset House depuis 1989.

Je l’avais visitée il y a de nombreuses lunes chinoises lorsqu’elle créchait encore dans le quartier chic de Marylebone, à Home House.

L’endroit demeure relativement paisible. On y contemple, entre autres, les classiques de l’impressionnisme, ces images surconsommées que l’on a déjà croisées ailleurs, plastifiées dans des pubs de casinos, de piscines à vagues, de cliniques de chirurgie esthétique ou d’agences de voyage.

Ici, au moins, l’œuvre n’est pas encore réduite à un fond d’écran ou à du marketing-mix. L’original tient debout, et, comme le disait feu Jean Baudrillard, il est toujours plus vrai que le vrai.

J’en glisse quelques-unes ci-dessous. Les légendes sont superflues : l’histoire et le marchandisage de séduction ont déjà fait tout le travail.

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Les_Grandes_Baigneuse Cézanne

***

J’ai des souvenirs dont je n’arrive pas à me souvenir, comme s’ils existaient sans image. En voyant Les joueurs de cartes de Cézanne, l’un d’eux est revenu : c’était la première toile que j’avais vue lors de ma visite à l’ancien Courtauld. J’ai été soufflé.

Joeurs de cartes - Cézanne

Cette image, pourtant, différait de celle que j’avais vue auparavant. Était-ce la présence des chaises et des cartes à jouer, me ramenant à l’œuvre de Jean Echenoz, qui déclenchait cette surcharge icono-sémantique ?

J’aurais aimé en discuter avec notre chaperon, mais il était resté à l’extérieur, occupé à juger de la pertinence de corder une série de chaises multicolores devant Somerset House.

chaises somerset

Quand nous sommes sorti·e·s, il avait déjà mis les bouts, sans doute pour le Victoria and Albert Museum, pour inspecter la section des meubles. 

À suivre.

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La Saint-Valentin au MOCO à Londres

Notre périple culturel à Londres a été sponsorisé par la cellule londonienne du FLC. Il  s’est déroulé sous l’œil attentif d’un chaperon de la dite cellule, qui nous a accompagnés tout au long de notre itinéraire… muséal. 

Le MOCO

Le 14 février, Journée internationale de Valentin, de l’amour, des cœurs brisés et de la découvrabilité sexuelle algorithmique, nous avons franchi les portes de l’exceptionnel MOCO Museum London. Un musée d’art contemporain tout neuf, ouvert en août 2024. On y parcourt sans essoufflement une centaine d’œuvres : un musée à taille humaine, compatible avec nos genoux, notre attention et nos fins d’après-midi.

Rien à voir avec ces mastodontes culturels qui occupent Londres, mégalopole multiculturelle et muséale : le Victoria and Albert Museum, la Tate Britain, la Tate Modern, la National Gallery et le British Museum où l’on entre plein d’enthousiasme et dont on ressort plus riche, certes, mais légèrement saoulé, un plan froissé à la main et le sentiment d’avoir raté l’essentiel.

Hasard heureux ou simple coïncidence du calendrier, le MOCO présentait ce jour-là des œuvres liées à l’amour. Plusieurs tableaux de créateurs célèbres étaient exposés comme si on avait voulu célébrer l’événement. Échantillon :

Banksy

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Girls with balloon.

Damien Hearts

IMG_2157Heart. [Ce coeur papillonne. Ce ne sont pas des mouches]

Tracy Emin

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Sans titre.

Hayden Kays

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Sending you a lot of love.

Notre chaperon a boudé avec froideur les fauteuils, pourtant douillets et singuliers, exposées dans ce musée.

Kaws

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Une chaise composée de jouets en peluche, d’acier inoxydable et de bois Cumaru.

Andres Reisenger et Julie Esque

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Hortensia de la marque Mool. Chaise formée de 30 000 pétales en acier inoxydable.

Notre chaperon a tout de même esquissé un sourire à la vue d’une image dans laquelle se rencontrent Snoopy, un canapé, des roses, des livres et de nombreux cœurs.

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Valentin Pink

Nous nous sommes finalement engouffré·es dans un troquet pour débriefer et siffler une bonne bière. La classe : une Fuller’s London Pride. Au moment de payer, j’ai vu un bouquet de roses près de la caisse. J’en ai pris une, avec l’accord de la serveuse et je l’ai tendue à Dulcinée. Voyant ma galanterie, la caissière a fondu en larmes et fuit vers les cuisines.

Un cœur brisé?

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Faire mouche à Londres. Peinture. [1]

Pour nous remettre de la fiesta endiablée qui a suivi nos épousailles, Dulcinée et moi avons décidé d’aller nous épivarder quatre jours durant dans les musées londoniens : le Courtauld, le Victoria and Albert Museum, la Tate Britain, la Tate Modern, la National Gallery, le British Museum et le MOCO.

Ce périple culturel, généreusement sponsorisé par la cellule londonienne du FLC, s’est déroulé sous l’œil attentif d’un chaperon de la dite cellule, qui nous a accompagnés tout au long de notre itinéraire… muséal. Épuisante et riche bourlingue. Vie de patachon.

Je mentionnais déjà, dans un billet précédent, mon enthousiasme pour le podcast diffusé sur France Culture, consacré à la représentation de la mouche dans la peinture : Faire mouche : une histoire animale de l’art

En déambulant dans l’immensité de la National Gallery de Londres, j’ai été frappé par une toile où une mouche, presque vivante, se pose sur la coiffe blanche d’une femme. Ce trompe-l’œil saisissant devient aussi l’allégorie de la décomposition : l’insecte, symbole de la fugacité, dialogue avec la pureté du tissu, comme pour rappeler l’inéluctable passage du temps.

IMG_1986Portrait of a women of the Hofer family, aux environs de 1470. Auteur inconnu.

Notre chaperon, dont la connaissance des mouches en peinture est peu fine, s’est empressé d’attirer notre attention sur un chef-d’œuvre de Lucas Cranach l’Ancien : Cupidon se plaignant à Vénus (1526-1527).

abeille

Ce ne sont pourtant pas des mouches qui tourmentent le pauvre Cupidon dans cette toile, mais bien des abeilles, des hyménoptères bien plus piquants que les diptères. Meilleure chance la prochaine fois.

***

Je constitue ici une collection : celle des tableaux, éparpillés dans les archives de mon blogue, où la mouche a laissé son empreinte.

Il s’agit de ne pas trop se hâter pour tirer des conclusions sur le rôle symbolique de la mouche dans la peinture.

La mouche est plus souvent qu’autrement associée à la décomposition et à la mort, dans cette toile elle accompagne une résurrection :

1

Gabriel von Max, La Résurrection de la fille de Jaïre, aperçue au Musée des beaux-arts de Montréal dans le cadre de l’exposition consacrée à la galeriste Berthe Weill.

La mouche dans cette toile de Pierre Gilou joue un rôle humoristique, ironique, quasi subversif.

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Mona Lisa impudique de Pierre Gilou. Une exposition sur l’art du trompe-l’œil vue à Madrid au musée Thyssen-Bornemisza, le 1er avril 2022.

Rien n’est simple. Si on se tourne vers les travaux de Damien Hirst. Son Thousand Years (1990), nous présente la vie et la mort de mouches en direct. Il développe une esthétique de la décomposition qui tranche radicalement avec la pureté émanant de la toile de Gabriel von Max.

Herméneutique, à suivre.

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Le moucheron de Thomas Fersen et «Mouches» de Peter Geimer [52]

La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Allongé sur mon pucier,
Je me repose les pieds,
Je me repose l’esprit,
Ce moment n’a pas de prix.

Un moucheron
Tourne en rond,
Tourne en rond
Sur le plafond,
Un moucheron
Tourne en rond,
Tourne en rond
Sous le néon.

Autant aller prendre un pot
Pour procurer du repos
A mes pieds, à mon cerveau,
Oui, mais voilà qu’a nouveau

Un moucheron
Tourne en rond,
Tourne en rond
Dans mon Picon,
Un moucheron
Dans l’bouillon
Apprend la brasse papillon.

Le Picon m’a donné faim
Et il faut y mettre fin,
Je m’invite au restaurant.
Je me plains au chef de rang :

« Un moucheron
Tourne en rond,
Tourne en rond
Dans le cresson
Un moucheron
C’est pas bon,
Appelez-moi la direction », Ah …
…L’amour,

Je n’ai plus qu’ce mot à la bouche
Depuis que cette sale petite mouche
M’a piqué dans mon sommeil,
M’a piqué à l’orteil

Ce moucheron
Ce vol brouillon,
Ce tourbillon
C’est Cupidon
Qui tourne en rond,
Qui tourne en rond,
Qui tourne en rond,
Comme un flocon.

Avec une joie canine,
Je m’en fus chez la voisine
Et le moucheron s’envola,
Et voici, et voilà.

Nous dansions,
Nous tournions,
Nous tournions
Sous les lampions,
Nous dansions
Nous tournions
Au son de l’accordéon.

L’amour m’a donné des ailes
Avec un peu trop de zèle,
J’ai l’esprit qui papillonne
Et les oreilles qui bourdonnent,

Les moucherons
Tournent en rond
Et me couronnent
Le citron,
Je suis le roi des moucherons,
Je tourne en rond,
Je tourne en rond,
Je tourne en rond… BZZzz.

Via France Culture, Faire mouche : une histoire animale de l’art. À écouter : avec entre autres, Patrick Boucheron et Peter Geimer, pour un regard érudit sur la représentation de la mouche dans l’art.

Peter Geimer, Mouches, Un portrait.

Un complément d’information, de votre humble serviteur, est aussi disponible concernant la mouche dans la littérature. ICI

Je tourne en rond...

franz halls

Adriaen van Nieulandt, Vanité, 1636, huile sur panneau, 40 × 37,2 cm. Haarlem, Frans Hals Museum. – Wikimedia Commons.

 

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Prolifération de chaises au MBAM

C’est dans la salle des arts décoratifs du Musée des beaux-arts de Montréal que se déploie plus de 800 objets de design, parmi lesquels se trouve une concentration importante de chaises.

Le comité central du FLC a été alerté et m’a mandaté pour accompagner K, son commissaire à la culture, afin de procéder à une inspection rigoureuse de l’état des lieux.

L’œuvre centrale de l’exposition a fasciné le commissaire, avant de l’horrifier. Dix-sept chaises cordées au mur, amputées de leurs pieds arrières [chaises calender]. Je le cite :  «Un carnage froidement scénographié, certifié conforme aux normes de l’art contemporain. D’un sans-gêne.»

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Source à la fin du billet.

K, le commissaire, a eu une pensée émue pour les Expos, Youppi et l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, devant cette chaise recyclée en gant de baseball. Rêve municipal avorté.

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«Canope Joe» par Jonathan De Pas, Donato D’Urbino et Paolo Lomazzi.

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Serge Chapleau, Denis Coderre en Youppi, mascotte des Expos. 22 avril 2017.

«Chaise pour Youppi?.» K.

IMG_1373Chaise 360° par Konstantin Grcic.

«Chaise plantureuse avec repose-pieds. Anthropomorphisme obsolète. Appropriation corporelle. Les pieds de la chaise Tallon accrochée au mur ont disparu.» K.

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Fauteuil et repos-pieds, La Mamma par Gaetano Pesce.

«Chaise d’aisance. Sans commentaire.» K.

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Créateur non-identifié. Erreur du pitcher.

Nous avons aussi vu l’expostion Le confort et l’indifférence. «Une autre chaise réduite à sa fonction utilitaire de repose-pieds.» K.

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Girls on campus, par Yves Tessier. 

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Oeuvre centrale, de gauche à droite et de haut en bas :

Marcel Breuer — Chaise tubulaire en acier et cuir
Mart Stam — Chaise cantilever en acier
Ludwig Mies van der Rohe — Fauteuil MR en acier chromé
Alvar Aalto — Fauteuil en bois cintré
Gerrit Rietveld — Chaise Zig-Zag
Charles et Ray Eames — Chaise en contreplaqué moulé
Eero Saarinen — Chaise sculpturale à coque
Ludwig Mies van der Rohe — Fauteuil tubulaire
Jean Prouvé — Élément de mobilier bois et métal
Verner Panton — Prototype de chaise en plastique
Frank Gehry — Chaise en carton ondulé
Verner Panton — Chaise monobloc en plastique
Isamu Noguchi — Chaise expérimentale sculpturale
Alvar Aalto — Chaise en bois cintré
Marcel Breuer — Prototype cantilever
Pierre Paulin — Assise biomorphique
Gerrit Rietveld — Variante structurelle
Verner Panton — Chaise à forme continue

 

 

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Les chaises du Temps perdu et d’Anthony Guerrée

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Voilà de quoi rallier le FLC (Front de libération des chaises) : «Les Assises du temps perdu (Anthony Guerrée, Bouclard, coll. “L’Officine”, 2020».

« La littérature en état de siège. Concepteur de meubles, Anthony Guerrée a imaginé et dessiné des chaises correspondant aux principaux personnages de La Recherche : en forme de tabouret de piano pour Vinteuil, de chevalet pour Elstir, de paravent pour Mme Verdurin… Il présente ses croquis et explique ses choix dans cette plaquette, mais ne dit pas pourquoi il n’a pas permis au Narrateur de s’asseoir… » Via Philippe Didion, Notules dominicales de culture domestique [1120], le 11 janvier 2026 – Échantillon.

 

Coll.: Les Assises du Temps Perdu par Anthony Guerrée.

Albertine

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 Odette

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Verdurin

Coll.: Les Assises du Temps Perdu par Anthony Guerrée.

Elstir

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Variation sur le temps pour accordéon désaccordé

Annette Messager : « L’homme qui marche à l’envers du temps. »

temps Annette Messager
Maxence Jodoin : « Je n’ai pas l’heure, mais j’ai le temps. »

temps maxence

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Matania et les incipit météo dans les romans québécois [152]

 GoIA

À Matane, une équipe travaille à rebattre les cartes de l’intelligence artificielle en misant sur un principe rarement mis de l’avant par les grands acteurs du secteur : la souveraineté culturelle et cognitive. Leur projet s’appelle Matania, un modèle d’IA conçu au Québec, entraîné avec des références québécoises et déjà utilisé par des bêta-testeurs d’ici. (Source : Bruno Guglielminetti)

Continuer la lecture

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Incipit météo : «La pluie, avant qu’elle tombe» de Jonathan Coe [151]

La pluie, avant qu'elle tombe

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

En fait, nous sommes en présence d’un rare triplé météorologique : titre, incipit et excipit.

Titre :

La pluie, avant qu’elle tombe.

Incipit :

Gill était dans le jardin quand le téléphone sonna. Elle ratissait les feuilles mortes en piles cuivrées que son mari jetait par pelletées dans le feu. C’étaitun dimanche après-midi de fin d’automne. Elle se précipita dans la cuisine en entendant la sonnerie stridente et sentit aussitôt la chaleur du dedans l’envelopper ; elle n’avait pas réalisé à quel point l’air était devenu glacial. Il allait sûrement geler cette nuit.

Excipit :

De nouveau le téléphone sonna. Elle regarda le numéro affiché : Catharine, cette fois. Gill attendit, encore quelques secondes, avant de décrocher, et dans cet instant qu’elle prolongeait elle sentit la révélation se dérober, s’évaporer, disparaître ; désespérée, elle vit cette promesse lui glisser à tout jamais entre les doigts. Avant même d’entendre les premiers mots sanglotants de sa fille, elle sut qu’il était trop tard. Le sens qu’elle
recherchait était perdu. Pire encore : il n’avait jamais existé. C’était impossible. Ce qu’elle espérait trouver n’était qu’une chimère, un rêve, une chose irréelle : comme la pluie avant qu’elle tombe.

Bingo!

Via mon pote Jacques Therrien, professeur émérite à la retraite. Collège Marie-Victorin. Département de Lettres, programme Arts et lettres, option média.

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La pluie, avant qu’elle tombe / The Rain Before It Falls
Trad. de l’anglais par Serge Chauvin et Jamila Ouahmane Chauvin
Collection Du monde entier, Gallimard, 2009, 256 p.
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2025

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Pour mémoire.

Une autre année de bourlingue : MadridSoria (Espagne),  Castille de la Manche (Espagne), San Bartoleme (Espagne), Plaisance (Espagne), Caceres et Trujillo (Espagne), Albacete (Espagne), Cefalù, PalermePrague, Palma (Île de Majorque), Ottawa, Québec la capitale, le Témiscamingue, le Sénégal (en prime), Camping à Fort Coulonge (osé), un motel à Dunham (censuré) et une suite à St-Athanase (interdit de publication).

Les missions que m’a confiées le FLC (Front de libération des chaises) :

J’ai aussi vu de nombreuses expositions. Les plus marquantes :

    • Les chaises de Pablo Reinoso. La meilleure exposition du groupe selon le Comité Central du FLC.
    • Symétrie synchronique / Synchronie symétrique.
    • Une exposition consacrée à la galeriste Berthe Weil au MBAM. Dessin pour la femme en rouge et vert, de Fernand Léger et La résurrection de la fille du Jaïre de Gabriel von Max.
    • Thomas Hirschhorn, «Cartographier le monde afin d’imaginer d’autres futurs». (FB)
    • Pollock et Warholl au Thyssen-Bornemisza à Madrid. (FB)
    • Henri Matisse au CaixiaForum à Madrid. (FB)
    • Les cent ans de la Leica. À Centre culturel Fernan Gomez, Madrid. (FB)
    • Le supplice d’une chaise devant supporter un colosse durant une transfusion sanguine. «New Blood / Sangre nuevo», par Michael Etmgreen et Ingar Dragset. Oeuvre vue au Musée d’art contemporain de Plasencia, Espagne. Le 20 novembre 2025. Cette publication avait été sponsorisée par le FLC.

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  • Art public à la Fondation Juan March à Madrid (FB)
  • Art public. La main de Botero et une course de 10 kilomètres lors de laquelle je me suis couvert de ridicule. (FB)
  • Maruja Mallo. Rétrospective au Reina Sofia. Vue à deux reprises. (FB)
  • Visite du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa (FB)
  • Intéressante visite au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid pour aller à la rencontre de Proust, les arts et « La Recherche du temps perdu ». Une pensée pour le peintre Elstir, Bergotte, Vinteuil et la Berma. J’y ai trouvé Sarah Bernhard, Tintoret, Turner, Rembrandt, des chaussettes (pour Justin Trudeau?), un peu de sexualité, un moulin à vent et une chaise pour le FLC. (FB)
  • Rafael Canogar, peintre et sculpteur espagnol, me fascine par la diversité de son œuvre. Il a exploré de nombreux courants artistiques, de l’expressionnisme abstrait à l’informalisme, en passant par la peinture gestuelle et le réalisme engagé contre le franquisme. Ses œuvres réalistes des années 1970, chargées de révolte et de contestation, résonnent encore aujourd’hui face aux dérives ambiantes d’un pouvoir mafieux techno-autoritaire et impérialiste. Exposition vue à l’Hôtel de Ville de Madrid. (FB)
  • Galerie nationale de Prague (FB)
  • Art public. David Černý à Prague : Avoir la tête dans le cul?

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Une sculpture monumentale, représentant la tête de Franz Kafka. Composée de 42 couches rotatives d’acier inoxydable.

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    • Le musée Kampa à Prague.
    • Tiempos inciertos / Temps incertains, à Madrid. (FB)
    • Plensa. À la Lonja de Palma à Majorca (FB)

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  • L’horreur et le déclin de la raison. J’ai eu l’occasion d’aller voir des gravures de Francisco Goya à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando. Des œuvres d’une noirceur saisissante, illustrant, entre autres, les désastres de la guerre, principalement ceux causés par les troupes de Napoléon.
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Des lectures :

  • «Bristol» d’Echenoz. Ma lecture préférée de l’année, mais pas celle de Frederick Beigbeder. Le vol d’une mouche. Un incipit météo et une voiture intelligente.
  • «Précieux sang» de Marie-Hélène Voyer. Lecture comparée de mauvaise foi avec l’excellent Kholkoze d’Emmanuel Carrère.
  • «Chauffer le dehors» et  «Uashtenamu : Allumer quelque chose» de Marie-Andrée Gill; Intrusion poétique de Ricardo à marde dans ces deux recueils.
  • «Certaines n’avaient jamais vu la mer» de Julie Otsuka. Livre exceptionnel. Le billet comporte une riche analyse lexicale.
  • «La colline qui travaille» de Manevy. Plus jeune, alors qu’il était à l’université, un professeur et écrivain avait traité Philippe Manevy avec mépris et condescendance lorsqu’il  lui avait confié son désir d’écrire un roman sur sa famille. Je peux vous assurer que cet enseignant, qui se voulait sans doute pédagogue, était à côté de la plaque. Philippe Manevy est devenu un véritable écrivain. Avec une mouche.
  • «La part de l’océan» de Dominique Fortier. Extravagances autour des incipit littéraires, de Moby Dick et des engins dits cognitifs.
  • «Les guerriers de l’hiver» d’Olivier Norek. Un bon roman. L’auteur a du souffle, le récit a une odeur de soufre. Il est difficile de ne pas y voir un écho à la guerre que livre la Russie à l’Ukraine. Analyse lexicale, as usual. Treize chapitres comportent des incipit météorologiques.
  • «Un avenir radieux», de Pierre Lemaitre. Il est fort ce Lemaitre. Son incipit mêle des images qui m’ont ravi : des mouches qui bourdonnent, des feuilles de marronniers frémissantes sous la brise (la météo), un vilain chien, pas mouillé, et une oreille tendue, prête à capter le moindre son. Il ne manquait plus qu’une chaise pour le FLC, et c’était la perfection, le renversement, le coup de circuit. Avec la participation du notulographe (Philippe Didion) et de Georges Brassens.
  • «Foule monstre» de Simon Brousseau. Une foule de micro-récits. À lire. Il m’a de plus permis d’enrichir ma collection «d’oiseaux qui tombent du ciel». Bonus : les oiseaux de Richard Powers dans La chambre aux échos.

Perdre son temps, s’amuser et résoudre d’épineux problèmes grammaticaux :

  • «La Dèche» d’Akim Gagnon. Je ne me suis pas pris la tête pour en faire la critique,  je n’ai eu qu’à citer son feuilleté discursif. Il m’a aussi donné l’occasion d’un finir une fois pour toutes avec l’épineuse question de la conjugaison du verbe départir. Avec la précieuse collaboration de l’hypermnésique EddY.
  • Lecture de deux livres du météorologue Denis Tillinac. Un deux pour un dans le même billet: «Spleen en Corrèze» et  «Du bonheur d’être réac».

Exhumer des cadavres :

Des films et une série :

  • L’année du cinéma iranien avec les films d’Abbas Kiarostami, de Jafar Panahi et d’Asghar Farhadi.
  • L’art de la citation cinématographique : «Une langue universelle» de Rankin citant «Où est la maison de mon ami» de Kiarostami.
  • Encore «Perfect days» de Wim Wenders.
  • La série «Empathie». Avec de petites réserves.

Une nouvelle catégorie :

Ma coquille de l’année : « Le crime de Crime et châtiment est une sphère dont le centre est partout, la conférence [sic] nulle part. » Interview avec J-P. Toussaint, en préface de ce roman de Dostoïevky. Livre de poche.

Le fait marquant politique de l’année : la consolidation du conservatisme. C’est mal parti en 2026.

Je me suis de nouveau fiancé. N’ayez crainte. Avec la même dulcinée : Dulcinée. Nous avons eu des tracasseries administratives avec la bureaucratie espagnole. Les épousailles auront lieu le jour de La Chandeleur, à Madrid, à 11h15. Un lundi romantique.

Mes vœux pour l’année 2026? Résister. Comment? Facile :

«Si le virtuel est la norme, alors résistez par le réel, par les corps, la sensualité, les amours, les amitiés, les rencontres, les liens, les balades, le théâtre, le cinéma, les cafés, le toucher, les vagabondages, l’imaginaire. Faites l’amour dans les trois sens du terme, charnel, symbolique et politique. Fabriquez de l’espoir, de l’humanité, de la liberté.»

Asma Mhalla : «Cyberpunk – Le nouveau système totalitaire.»

 

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