Les mouches et la littérature : un poème d’Emily Dickinson [7]

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[La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici.]

JimG de St-Athanase me signale qu’une mouche vole dans le poème numéro 465 d’Emily Dickinson.

I heard a Fly buzz – when I died –
The Stillness in the room
Was like the Stillness in the Air –
Between the Heaves of Storm –

Ce bon JimG me propose sa «petite trad» :

En mourant – j’entendis une Mouche voler –
La quiétude de la chambre
Était telle celle de l’air –
Entre les Ressacs de l’Orage –

Le poème complet est ici. Vous y trouverez aussi les traductions de la concurrence commerciale, m’écrit JimG.

Les cinq personnes qui ont traduit ce poème ont respecté le redoublement du mot «Stillness». Les unes optant pour le «silence» (3), les autres pour le «calme» (2).

Les puristes vont râler. JimG a osé une jolie pirouette en éradiquant l’un des «Stillness». Un rien l’amuse.  Je me réjouis de l’audace de l’allitération en «el» dans le troisième vers de ce quatrain pour évoquer la «quiétude». Un son liquide qui contraste avec les Ressacs de l’orage du vers suivant.

Mon avis : en trad, trop de déférence paralyse.

Note : Le poème a été écrit en 1862. Cahier 26.

A propos Luc Jodoin

Bibliothécaire
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