Incipit et excipit météo dans Le Duel de Tchékhov [156]

le duel

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Doublé météorologique :

Incipit :

Il était huit heures du matin, heure à laquelle, après la nuit chaude, étouffante, les officiers, les fonctionnaires et les nouveaux arrivants prenaient leur bain de mer, avant d’aller boire le café ou le thé au pavillon.

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Incipit météo [155] avec des mouches dedans [54] : Douchetchka de Tchékhov

dame au petit chien tchekhov

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Sache, cher lecteur, que Tchékhov était un  véritable écrivain.

«Dans son Journal, Tolstoï n’hésite pas à mettre l’héroïne [Doutchetchka : Olga Plemiannikova] parmi les principaux types humains, à côté de Don Quichotte, Horatio et Sancho Pança.» Roger Grenier.

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Colombe Colomb et les mouches [53]

Fille de Christophe Colomb

La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Benoit Melançon, professeur émérite à la retraite, a eu une attention pour moi et ma collection de mouches dans la littérature en [re]lisant La fille de Christophe Colomb de Réjean Ducharme. Je l’en remercieAdmirez la précision de sa lecture, son oreille bien tendue :

«As-tu jamais fréquenté des êtres d’une autre espèce ?

Il y a des animaux, par centaines de milliers.
Il y a les chats, les chiens, les loups, les mouches.
Pense aux lions, aux boas, aux tortues, aux sangliers.
Essaye-les. Tu verras. Ils ne sont pas si farouches »
(chapitre XXXXXXXXXX, p. 947)

« Et Vic qui lui arrive avec une mouche à guérir sur le dos »
(chapitre  120, p. 966)

« La mouche a pris mari, au passage. C’est tout. Voilà »
(chapitre 130, p. 975).

Voir aussi :
tout le chapitre 123, p. 968-969 (feat. « Quadrimoteur, la mouche »);

la fin du chapitre 134, p. 979 (une mouche interprète-traductrice);

un passage du chapitre 140, p. 985 (des mouches attaquent un policier);

un passage du chapitre 142, p. 987 (une mouche est frappée);

la fin du chapitre 144, p. 989 (une mouche enceinte);

deux fois dans le chapitre 145, p. 990 (sur le sexe d’une mouche);

au début du chapitre 147, p. 991 (Quadrimoteur / le nom de la mouche);

fin du chapitre 156, p. 1000 (« deux mouches armées »);

un passage du chapitre 164, p. 1006 (avec des mouches anonymes);

un passage du chapitre 169, p. 1009 (des mouches qui ont perdu l’appétit);

la fin du chapitre 171, p. 1011 (des mouches fredonnent à un enterrement).

Une belle cueillette. Benoît Melançon, humble, ajoute : «J’en oublie probablement, surtout avant le chapitre 120.»

Si peu.

Je complète le tableau à partir de l’édition numérique de cet opus  :

Quand tu dors et qu’une vilaine petite mouche
Se promène clopin-clopant sur ton visage immaculé (chap. XXXXXVI);

Tournent comme des mouches autour d’un miel (chap. XXXXXXXXII);

Elle dit à la mouche : «Connais-tu la langue des libellules?» (chap. 154)

Complément de lecture :

Le mot «fourmi» apparaît à 53 reprises dans ce roman.

Un incipit météo? Celui du chapitre IV :

Il pleut. Il vente. Il tonne. Il éclaire. C’est laid.
Comme sur toutes les îles du monde,
De temps en temps, à Manne, il fait mauvais.
Dans l’eau qui baigne l’archipel, le poisson abonde.

ॐॐॐ

Ducharme, Réjean, la Fille de Christophe Colomb. Roman, dans Romans, Paris, Quarto Gallimard, 2022, 1951 p., p. 841-1032. Édition originale : 1969. Édition établie et présentée par Élisabeth Nardout-Lafarge. Vie & œuvre par Monique Bertrand et Monique Jean.

La version numérique.

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Cracovie : poste restante

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IMG_2824Cracovie, 18 mars 2026.

Visite de la Place des Héros du Ghetto (2005).

Le FLC ne le conteste pas : il est parfois insoutenable de « libérer » les chaises. Celles de la Place des Héros du Ghetto, vides pour toujours, ne font que souligner l’absence de ceux qui ne reviendront jamais, les habitants juifs du ghetto de Cracovie, déportés et exterminés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Oeuvre créée par Piotr Lewicki et Kazimierz Łatak.

Un abrazo fuerte.

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Passion inutile?

autoportrait Sayvaire

C’est une recommandation de lecture.

Ce récit m’a aidé à traverser l’infernal hiver madrilène. 

Un éloge de la lecture, de l’écriture et du dialogue.

Sachez-le, l’amour n’est qu’un divertissement indigne des beaux esprits.

À vous de juger. Citation avec un zeugme et des bites dedans :

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La petite fille au ballon : doublon

Enchaînement, reflet et miroir :

Tableau vu au MOCO à Londres le 14 février 2026.

En mode paysage.

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Banksy, La petite fille au ballon.

Tableau vu à la Fondation Canal Isabel II à Madrid, le 23 février 2026. Exposition : Art urbain, des origines à Banksy.

En mode portrait.

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Banksy, La petite fille au ballon.

Mes bourlingues me conduisent à collectionner les doublons. Voir ici.

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La carambole

Le carambole est le nom que l’on donne au billard français. Une table qui se joue avec trois boules et pas de poche.

Enchaînement, miroir et envol :

Musée du romantisme à Madrid. Visité le 26 février 2026.

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Créateurs non-identifiés.

Forte exposition vue à Madrid, le 3 mars 2026 : Juan Muñoz : Histoire de l’art.

Le bouffon du court interactif La sculpture blanche de Muñoz, au premier plan, s’intitule Wandering Girl. Le tableau Les Ménines (1656) de Diego Velázquez est visible au centre.

Une conversation entre Velasquez, Muñoz et le visiteur.

***

Le commissaire à la culture madrilène du FLC m’a accompagné lors la visite de ces deux musées.

Il a été saisi d’horreur en découvrant les chaises rose bonbon qui trônaient dans la salle de billard français du Musée du romantisme.

En revanche, le tableau de Juan Muñoz où une chaise défie la gravité pour s’envoler vers la liberté l’a submergé d’une joie rarissime.

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Dans la série surréaliste « Mobiliario » (Mobilier).

Avis :

L’expostion des oeuvres de Juan Muñoz au Prado se termine le 8 mars 2026.

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Incipit météo : «Les orphelins» d’Éric Vuillard [154]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Le bâtiment semble être une banque américaine, car on aperçoit un mât avec un drapeau en arrière-plan. Les personnes sur la photo sont vêtues de tenues formelles, certaines portant des chapeaux et d’autres des tabliers robes. Le bâtiment est en bois et possède un toit en pente. Le ciel est nuageux et on aperçoit des montagnes au loin. Le sol est aride et l’ambiance générale de l’image est sombre.

Éric Vuillard : Les orphelins : Un histoire de Billy the Kid, Actes Sud, 2026, 163 p. [édition numérique]

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La représentation iconographique de la monarchie : Isabel II et Queen Victoria

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Isabel II, niña. Peint par Vicente López PortañaMusée du romantisme, Madrid. Tableau vu le 27 février 2026.

 

Ce portrait d’Isabel II a été réalisé alors qu’elle n’avait que douze ans. En le découvrant, j’ai songé à la thèse développée par Philippe Ariès dans L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime (1960). Selon lui, l’enfance, en tant que catégorie sociale, n’a pas toujours existé. Sa conception moderne émerge surtout à partir des XVIIe et XVIIIe siècles. Une idée qui, bien que saluée pour son originalité, a été nuancée par des historiens comme Georges Duby. Ce dernier, tout en reconnaissant la pertinence des travaux d’Ariès, souligne qu’il ne faut pas confondre représentation iconographique de l’enfance et réalité sociale.

Le portrait d’Isabel II s’inscrit dans un contexte différent. Devenue reine à seulement trois ans, elle incarne ici une souveraineté qui transcende son jeune âge. Comment ? En étant représentée comme une adulte : poitrine généreuse, taille fine, mains matures et visage bouffi. La souveraine ne peut pas être rachitique. L’idéal de l’époque : la rondeur associée à la santé et à la fécondité dynastique.

Sans tomber dans l’anachronisme, on constate ici que le symbolique prime sur l’esthétique : le corps, quasi difforme, est avant tout un corps souverain.

Isabel II a par ailleurs laissé un héritage culturel notable : Fundación Canal de Isabel II. Pour les curieux, cette galerie propose en ce moment une exposition sur l’art urbain, de ses origines à Banksy.

Et pour prolonger la réflexion sur la monarchie et l’art, pourquoi ne pas explorer une esthétique plus critique ? :

IMG_2300Banksy, Queen Victoria, 2003. Tableau vu le 23 février 2026.

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Incipit météo : «Pour le meilleur et pour le pire» de Carole Tremblay [153]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Le mois de juin venait à peine de commencer, le temps était exceptionnellement doux et l’air embaumait le lilas. L’ambiance était idéale pour planifier un mariage. Mes parents, notre voisine madame Nadeau et moi avions proposé à mon oncle et à sa fiancée de leur donner un coup de main pour organiser l’événement. Les futurs mariés avaient accepté avec joie.

La première réunion du petit comité d’organisation a eu lieu autour d’un repas dans la cour de madame Nadeau. Depuis que nous nous étions liés avec la voisine du dessous, mon père avait installé un barbecue et une table de pique-nique dans son jardin et nous mangions là dès que la température le permettait. p. 11

Un livre reçu en cadeau à l’occasion de mes épousailles avec Dulcinée. Sans doute une façon de me souhaiter le meilleur.

L’œil attentif aura relevé, sur l’illustration de la page couverture, la présence de chaises dans le jardin laissées à l’abandon et de certaines qui ont été renversées. 

Honte! Le commissaire K à la culture du FLC.

Carole Tremblay avait aussi la musique dans le sang et l’incipit météo à l’avenant dans un autre roman. Ici.

Carole Tremblay, Pour le meilleur et pour le pire, Éditions FouLire, 2015, 177 p.

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