Notre périple culturel à Londres a été sponsorisé par la cellule londonienne du FLC. Il s’est déroulé sous l’œil attentif d’un chaperon de la dite cellule, qui nous a accompagnés tout au long de notre itinéraire.
Sculpture de Dave Chihuly à l’entrée du Victoria and Albert Museum de Londres.
Le Victoria and Albert Museum de Londres est éléphantesque. On y trouve 145 galeries. Il y en a pour tous les goûts : mode, céramique, meubles, sculptures, arts graphiques, photographies, bijoux, vitraux, arts d’Asie et j’en passe.
Dulcinée aime la céramique et les azulejos. Forte de ces inclinations, elle nous a imposé la visite d’une salle réunissant, selon Wikipédia, quelque 80 000 artéfacts. Nous l’avons traversée en coup de vent. Entassés dans d’interminables vitrines-bibliothèques, les objets semblaient s’être donné le mot pour nous intimer de fuir.
Notre chaperon nous a par la suite invité·e·s à visiter la salle «Furniture» afin de jeter un regard socio-historique sur les nombreuses chaises qui y sont exposées.
De beaux artéfacts :

Chaise sgabello, typique de la Renaissance italienne.

Chaise conçue par Marcel Breuer pour Isokon.

Fauteuil de bureau conçu par l’architecte américain Frank Lloyd Wright vers 1904.

Modèle « Sitzmaschine » (machine à s’asseoir) conçu par Josef Hoffmann vers 1905.

Iconique S-Chair, une chaise sculpturale conçue par le designer britannique Tom Dixon, vers 1987-1988.

La célèbre chaise de bistrot no. 14 de Thonet, conçue en 1859. Modèle standard des cafés viennois.
Au terme de la visite, notre chaperon, d’ordinaire réservé et flegmatique, est monté sur une table à tréteaux de l’époque des Tudors et s’est livré, devant un public médusé, à une harangue sur la libération des chaises.
Retranscription :
Camarades,
De beaux artéfacts ?
Nous dénonçons l’aliénation systémique des chaises, leur réification et leur chosification.
La chaise est sommée de porter sans jamais signifier, d’obéir sans jamais interpréter.
Elle est l’objet par excellence d’un monde qui confond usage et essence.
Cette violence symbolique est masquée par l’ergonomie et l’esthétique bourgeoise.
On empile les chaises comme on empile les travailleurs, on les plie comme on plie les consciences.
Il est temps de déconstruire la chaise, au sens derridien : fissurer les évidences, faire trembler la hiérarchie assis/debout.
Le FLC l’affirme : libérer les chaises, c’est commencer à se lever soi-même.
Continuons le combat!
J’ai tenté de dérider l’ambiance en lançant un généreux : « Chaises de tous les pays, unissez-vous ! »
Dulcinée a eu le temps d’immortaliser la scène avec mon ibigoPhone, modèle 13 ®, avant que nous ne soyons sans ménagement expulsé·e·s du musée.

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En janvier dernier, j’ai eu le plaisir d’apprécier un nombre important de chaises dans la salle des arts décoratifs du Musée des Beaux-arts de Montréal. Voir ici. Coïncidence : une sculpture de Dave Chihuly s’y trouvait aussi.

Dans Le Devoir du 18 octobre 2025 : MBAM/Chihuly Studio/Artists Rights Society, New York/CARCC Ottawa 2025 «Le soleil» (2003), de Dale Chihuly.