
Lecture du moment et de circonstance.
La dernière fois que les Glorieux ont soulevé la coupe Stanley. Un reportage en direct de la Côte-Nord :
Mon père m’a demandé d’aller jouer dans ma chambre. Est descendu avec eux autres pour écouter le match de hockey qui venait de commencer. Dedé les a rejoints. Ça s’entendait de ma chambre à coucher. Cris de joie et plaintes d’exaspération. De Dedé, de mon père, des frères Tremblay et d’une personne que j’avais peu entendue jusque-là. Une télévision, le son dans le piton, et la voix d’un commentateur qui s’entrechoquaient avec celles des gérants d’estrade :
« Aweille, aweille, vas-y. Patine, criss. Fais pas semblant. »
« Passe la puck, câlisse. R’garde c’tu fais. »
« Garde ton cul dans ton but, gros innocent ! »
« Ça gagne des millions pis ça sait pas patiner, tabarnac. »
On était au début des années quatre-vingt-dix. Les Canadiens gagneraient enfin la Coupe Stanley. Mais pour l’instant, les bebittes dans le sous-sol rageaient d’être du côté des perdants.
Un roman fou. J’y reviens dans un autre billet.
Isabelle Lapointe, Épinette, La Mèche, 2025, 280 pages.