La fièvre du hockey dans «Épinette» d’Isabelle Lapointe

epinette

Lecture du moment et de circonstance.

La dernière fois que les Glorieux ont soulevé la coupe Stanley. Un reportage en direct de la Côte-Nord :

Mon père m’a demandé d’aller jouer dans ma chambre. Est descendu avec eux autres pour écouter le match de hockey qui venait de commencer. Dedé les a rejoints. Ça s’entendait de ma chambre à coucher. Cris de joie et plaintes d’exaspération. De Dedé, de mon père, des frères Tremblay et d’une personne que j’avais peu entendue jusque-là. Une télévision, le son dans le piton, et la voix d’un commentateur qui s’entrechoquaient avec celles des gérants d’estrade :
« Aweille, aweille, vas-y. Patine, criss. Fais pas semblant. »
« Passe la puck, câlisse. R’garde c’tu fais. »
« Garde ton cul dans ton but, gros innocent ! »
« Ça gagne des millions pis ça sait pas patiner, tabarnac. »
On était au début des années quatre-vingt-dix. Les Canadiens gagneraient enfin la Coupe Stanley. Mais pour l’instant, les bebittes dans le sous-sol rageaient d’être du côté des perdants.

Un roman fou. J’y reviens dans un autre billet.

Isabelle Lapointe, Épinette, La Mèche, 2025, 280 pages.

À propos de Luc Jodoin

Effleure la surface des choses. Intérêt pour la littérature, la langue, les arts visuels, la sociologie et les enjeux sociaux. Tendance woke. Préfère Madrid à Barcelone.
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