Incipit météo : «Construire un feu» de Jack London [158]

Construire-un-feu

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

L’aube, ce jour-là, était froide et grise — très grise et très froide. L’homme quitta le large sillon que dessinait le Yukon gelé et escalada l’immense talus qui s’élevait au départ du fleuve. Une piste étroite s’y enfouissait sous les sapins, filant vers l’est.

Le coteau était escarpé. Arrivé au sommet, l’homme fit une pause, pour reprendre son souffle. Il regarda sa montre : neuf heures.

Il n’y avait pas de soleil. Pas un soupçon de soleil, bien qu’il n’y ait dans le ciel aucun nuage. Le ciel était pur. Mais un voile diffus semblait couvrir la terre. D’indéfinissables ténèbres dues à l’absence de soleil assombrissaient le jour.

Jack London, Construire un feu, traduit de l’anglais par François-Xavier Nève, Éditions Alice Jeunesse, collection le chapelier fou, 2006, 80 pages.

À propos de Luc Jodoin

Effleure la surface des choses. Intérêt pour la littérature, la langue, les arts visuels, la sociologie et les enjeux sociaux. Tendance woke. Préfère Madrid à Barcelone.
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