
Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.
Un point pour Elmore Leonard. Cet incipit est raté. Il ne m’a donné aucune envie de sonder plus avant la profondeur de la naïveté de cet auteur tombé du mauvais côté de l’histoire par un matin ensoleillé. Ma curiosité intellectuelle a des limites.
J’ai pu feuilleter les premières lignes de cet ouvrage grâce aux bons soins de Numilog.
Je me suis levé très tôt ce mardi 21 octobre 2025. C’était le jour de mon incarcération. Jamais je n’aurais imaginé franchir les murs d’une prison. Ce n’était même pas envisageable. Je ne suis pas un homme violent, ni un agresseur. J’ai toujours payé mes impôts de façon scrupuleuse. Je n’ai jamais conçu ni envisagé quelque montage que ce soit. J’ai été durant vingt années le maire d’une grande ville, Neuilly-sur-Seine, sans que jamais un appel d’offres ou une procédure quelconque ait fait l’objet de la moindre remarque ou du plus petit incident. Que pouvait-il bien m’arriver ? À moins de faire preuve d’une imagination débridée ou de nourrir une paranoïa caricaturale, rien. C’étaient bien ma conviction et mon état d’esprit. La suite démontrera l’étendue de mon erreur.
Et pourtant, en ce matin ensoleillé, alors que je traversais Paris vers la prison de la Santé, je devais bien convenir que l’impensable était arrivé ! Qu’est-ce qui avait pu me faire tomber du mauvais côté de l’histoire ? Qu’avais-je fait pour mériter un tel traitement ? Quels crimes avais-je pu commettre? Je dois reconnaître aujourd’hui la profondeur de ma naïveté.
J’espère que ce livre ne se retrouvera pas sous mon sapin de Noël. Si tel est le cas, je l’offre à la première personne que je rencontre dans la rue. Ce n’est qu’un coup de marketing pour la maison d’édition et pour Sarkozy… Vraiment très triste !