
Source : Wikipedia.
J’ai lu un roman de Yokô Ogawa : La formule préférée du professeur. Une bonne partie du roman parle de baseball. J’aurais dû me méfier : baseball et français de France c’est souvent cacophonique pour un Québécois. Je me suis donc sacrifié pour la cause du français.
Un roman traduit par l’excellente Rose-Marie Makino-Fayolle qui a, entre autres, traduit Yasunari Kawabata et Haruki Murakami. Que s’est-il passé?
Je vous mets d’abord l’accroche-lecteur du fabricant.
Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d’une soixantaine d’années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l’autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter – le professeur oublie son existence d’un jour à l’autre – mais c’est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d’attention qu’elle gagne sa confiance et, à sa demande, lui présente son fils âgé de dix ans. Commence alors entre eux une magnifique relation. Le petit garçon et sa mère vont non seulement partager avec le vieil amnésique sa passion pour le base-ball, mais aussi et surtout appréhender la magie des chiffres, comprendre le véritable enjeu des mathématiques et découvrir la formule préférée du professeur…
Retraçons les anglicismes ayant trait au baseball. Les équivalents nippons translittérés suivent :
Batteur (20 occurrences) / バッター (battaa)
Base (19) / ベース (beesu)
Hit (19) / ヒット (hitto)
Home run (11) / ホームラン (hoomuran)
Pitcher (2), ピッチャー (pitchaa), mais lanceur (12)
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Il ressort de ce qui précède que les Japonais recourent à des anglicismes pour décrire certains aspects du baseball. Rose-Marie Makino-Fayolle a adopté la même approche dans sa traduction, probablement pour rester fidèle à l’esprit nippon. Pourtant, des termes québécois auraient parfaitement convenu, les marques de la culture japonaise étant prépondérante dans ce récit.
Rappelons que ce roman publié par Actes Sud s’adresse avant tout aux Français de France, qui adorent les anglicismes et, souvent, ignorent les règles du baseball. Alors, autant faire oeuvre utile et leur parler en français. Si «lanceur» passe, ça devrait rouler pour «frappeur».
Un vieux souhait : que les éditeurs accordent des contrats de révision à des Québécois qui savent écrire la langue du baseball en français.
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Des détails.
Le palindrome que le professeur avait trouvé pour le devoir de Root était «reito toire».
Ne pas confondre palindrome et anagramme.
Sur les 6 pieds qui séparent le monticule de la plaque de but, la déclivité est de 1 pouce par pied.
La distance séparant le monticule du marbre est de 66 pieds 6 pouces et non de 6 pieds.
Dans la deuxième partie de la neuvième manche à 2 out base 1, après deux strike, Yagi frappa la troisième balle, effectuant un sayonara home run sur la gauche. L’arbitre de troisième base levait déjà le bras, le panneau lumineux affichait 2 x lorsque, la balle ayant franchi la clôture, elle fut corrigée en coup à la deuxième base. Les Tigers protestèrent et le match fut interrompu pendant trente-sept minutes.
La balle a franchi la clôture. C’est un sayonara home-run. La phrase est bancale et télégraphique : « la neuvième manche à 2 out base 1, après deux strike» et «elle [la balle] fut corrigée en coup à la deuxième base. On devine que le coureur a dû retraiter au deuxième but. Pourquoi? La balle avait peut-être fait un bon au sol avant d’être expédiée dans les estrades populaires ou autres raisons non fournies dans le texte.
Les Tigers ne réussirent pas à gagner. À la quinzième manche des prolongations, il y eut match nul, 3 à 3. La rencontre avait duré six heures vingt-six minutes.
Un match nul en prolongation au baseball ? Au Japon, c’est possible.
J’ai découvert cette particularité en fourrageant dans le Web. Dommage qu’une notule en bas de page n’ait pas été prévue pour les néophytes du baseball asiatique.
Para servir! / お召し上がりください
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Une lecture recommandée par ma dentiste vietnamienne qui lit Fedor Dostoïevski et Mathieu Bélisle.
Cảm ơn
