Les battements de l’être dans «À toute heure» de Martine Audet

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Un recueil à lire, travaillé par un ensemble de jeux d’oppositions, d’où surgissent les frémissements et les battements de l’être :

lumière / sombre,
lumière / nuit,
présence / absence,
apparaître / disparaître,
avant / après,
froid / chaleur,
défaites / royaumes,
fermé / ouvert
abandon / attachement,
rêve / réalité,
être / non-être

Poèmes tronqués. Allez lire autour :

Carnet
Sombres amours illuminés

Le cœur de la lumière
est son contraire

J’y rentre parfois
pour disparaître. p. 15

À la fois sommeil
et vent de ruines
le corps en défaites
le corps en royaumes. p. 17

Où je ferme les yeux
soudain je m’éveille. p. 22

Depuis si longtemps
qui je suis
manque à l’appel.
p. 32

Ce qui est présent
me précède.
p. 38

Ce que je regarde
est ce qui m’abandonne.
p. 46

Sans prier,
Tout est prière
. p. 47

Quelques pierres d’aube
la saison froide sous la langue
. p. 53

Ai-je souvenir de cette patience d’être?
De cette lumière d’où viendra la nuit?
. p. 56

Les mots ont de si longs regards
qu’ils te détacheront du récit
. p. 61

À l’abandon,
un rêve est ma présence. p. 70

ॐॐॐ

Il y aussi des oiseaux : l’un posé sur une langue, un autre sur un poignet, un troisième peint sur une langue.

Est-ce que tout s’éveille
en s’arrachant aux oiseaux. p. 53

La percée de mille voix à l’insu des oiseaux. p. 66

Existe-il d’autres figures en guise d’oiseaux? p. 61

Aucun oiseau ne s’envole ni ne tombe du ciel.

ॐॐॐ

Martine Audet, À toute heure, Noroît, 2025, 70 p.

À propos de Luc Jodoin

Effleure la surface des choses. Intérêt pour la littérature, la langue, les arts visuels, la sociologie et les enjeux sociaux. Tendance woke. Préfère Madrid à Barcelone.
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