
Un recueil à lire, travaillé par un ensemble de jeux d’oppositions, d’où surgissent les frémissements et les battements de l’être :
lumière / sombre,
lumière / nuit,
présence / absence,
apparaître / disparaître,
avant / après,
froid / chaleur,
défaites / royaumes,
fermé / ouvert
abandon / attachement,
rêve / réalité,
être / non-être
Poèmes tronqués. Allez lire autour :
Carnet
Sombres amours illuminés
Le cœur de la lumière
est son contraire
J’y rentre parfois
pour disparaître. p. 15
—
À la fois sommeil
et vent de ruines
le corps en défaites
le corps en royaumes. p. 17
—
Où je ferme les yeux
soudain je m’éveille. p. 22
—
Depuis si longtemps
qui je suis
manque à l’appel. p. 32
—
Ce qui est présent
me précède. p. 38
—
Ce que je regarde
est ce qui m’abandonne. p. 46
—
Sans prier,
Tout est prière. p. 47
—
Quelques pierres d’aube
la saison froide sous la langue. p. 53
—
Ai-je souvenir de cette patience d’être?
De cette lumière d’où viendra la nuit?. p. 56
—
Les mots ont de si longs regards
qu’ils te détacheront du récit. p. 61
—
À l’abandon,
un rêve est ma présence. p. 70
ॐॐॐ
Il y aussi des oiseaux : l’un posé sur une langue, un autre sur un poignet, un troisième peint sur une langue.
Est-ce que tout s’éveille
en s’arrachant aux oiseaux. p. 53
La percée de mille voix à l’insu des oiseaux. p. 66
Existe-il d’autres figures en guise d’oiseaux? p. 61
—
Aucun oiseau ne s’envole ni ne tombe du ciel.
ॐॐॐ
Martine Audet, À toute heure, Noroît, 2025, 70 p.