Roquentin écrabouille une mouche dans «La nausée» de Jean-Paul Sartre [57]

La nausée

La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne […] Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Il y a un rond de soleil sur la nappe en papier. Dans le rond, une mouche se traîne, engourdie, se chauffe et frotte ses pattes de devant l’une contre l’autre. Je vais lui rendre le service de l’écraser. Elle ne voit pas surgir cet index géant dont les poils dorés brillent au soleil.
– Ne la tuez pas, monsieur ! s’écrie l’Autodidacte.
Elle éclate, ses petites tripes blanches sortent de son ventre ; je l’ai débarrassée de l’existence. Je dis sèchement à l’Autodidacte :
– C’était un service à lui rendre.

Via Luc Séguin (@lseguin.bsky.social). Il relit ses classiques. J’avais lu La Nausée les 14 ans dévolus, un peu las des aventures de Bob Morane et de Bill Ballantine. Un grand écart cognitif. Je m’en suis remis, tant bien que mal.

***

Jean-Paul Sartre, La nausée, 1938.

 

À propos de Luc Jodoin

Effleure la surface des choses. Intérêt pour la littérature, la langue, les arts visuels, la sociologie et les enjeux sociaux. Tendance woke. Préfère Madrid à Barcelone.
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