La découpe du porc [2]

CVT_Les-Boucheres_121

 

«Un roman féministe explosif et jubilatoire où chaque page se dévore jusqu’au rebondissement final !» Quatrième de couverture sur Babelio.

La découpe et le désossement d’un porc  :

Achever la bête [un abuseur sexuel] pour alléger sa souffrance, même si bien méritée. Une bassine pour récupérer le sang. Casser la viande, s’atteler au désossage, retirer la tête, les viscères, vite émousser. Plateaux, seaux, tables de découpe en inox, contenants en plastique. Scies à os, haches de boucher, couteaux à désosser, couteaux à saigner, couteaux à trancher, couteaux à éplucher, fusil à aiguiser. Laisser la partie arrière suspendue au crochet de la salle à carcasses, amener la partie avant dans la salle de découpe. Anne encadrait de près Michèle. La scie dans une main, et avec l’autre, saisir l’épaule puis remonter jusqu’à cinq ou six côtes. Couper droit le long de l’os pour dégager le filet de la jambe et de la cuisse. Sur le plan de travail, suivre l’articulation de l’épaule, en passant avec un couteau flexible autour de l’omoplate et en tenant l’os avec la main.

[…]

Une fois l’épaule entièrement découpée, la désosser. Dégager la chair autour de la tête, puis avec un couteau désosseur faire levier en tenant la palette en dessous du jarret pour déboîter l’os et le casser. Redécouper en plusieurs morceaux, parer et éplucher. Stacey et Michèle étaient impressionnées par l’aisance et la grande maîtrise d’Anne

[…]

La colonne vertébrale et les intestins, faut les mettre aux MRS, précisait Anne. Stacey, peux-tu expliquer à Michèle ce que sont les MRS, leçon numéro 4 de notre CAP ?
– MRS, matériels à risque spécifiés, on doit jeter ces abats qui présentent un risque pour la santé dans un conteneur, sous peine d’infraction, mon capitaine ! récita Stacey, qui commençait à retrouver le sourire.

Un zeugme pour la détente ?

Elles se rhabillèrent, il commençait à faire froid. Stacey proposa à Anne de dîner au Bad Rock Café, une brasserie qu’elle connaissait bien, en noir et rouge, avec sa terrasse vue sur mer. Des habitués du coin, plutôt des jeunes, quelques touristes avec le guide sur la table, plutôt des vieux. Stacey claqua la bise à l’un des serveurs qui lui donna une bonne tape sur les fesses ainsi qu’une table sur la terrasse, leur apportant aussitôt deux pintes de bière.

On peut lire dans le billet précédent : «Il n’y avait pas de moment plus intime que celui de la découpe.»

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N.B. Cet billet a rejoint la catégorie « élagage ».

Lecture recommandée par Philippe Didion dans Notules dominicales du 5 juillet 2026.

Sophie Demange, Les bouchères, L’iconoclaste, 2025, 300 pages. [édition numérique]

À propos de Luc Jodoin

Effleure la surface des choses. Intérêt pour la littérature, la langue, les arts visuels, la sociologie et les enjeux sociaux. Tendance woke. Préfère Madrid à Barcelone.
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