
Les critiques étaient unanimes : ce recueil de poésie de Marie-Andrée Gill explore sans relâche la thématique du chagrin d’amour et de ses ravages fulgurants. En voici un échantillon :
CHAUFFER LE DEHORS embrasse les dommages collatéraux d’un amour manqué et se veut un témoignage intime de l’auteure. Marie-Ève Boisvert, atuvu.ca
Dans CHAUFFER LE DEHORS, écrire devient un geste de survie, tout autant qu’un lieu où abriter le beau et se rebâtir. Marise Belletête, le blogue Les Méconnus.
Beaucoup d’émotions imagées par des mots balancés en pleine nature. Sagesse poignante dans cette chasse amoureuse en fil rouge qui nous happe.Lecteur en série nyctalope
Son recueil se distingue également par sa truculence, ses jeux de langage et ses images du quotidien qui font mouche. Elles m’ont arraché plus d’un sourire.
C’est juste impossible que tu viennes plus t’abreuver à mon esprit ancestral de crème soda
Comme si de rien n’était, les lacs continuent de faire des moutons, les gens de sniffer des images et les machines de créer le vertige de la fabrication du baloney.
J’aurais voulu qu’on se braconne encore un peu, que tu me recouses la fourrure avec tes mitaines, que tu me twistes le cœur correct tsé comme on remet un cadre droit;
Les jours où ça va moyen, j’arsouds chez le monde, le monde chez qui tu rentres de même sans cogner.
Mais là j’avoue j’aimerais troquer mon cœur pour la simplicité d’un bon bol de macaroni aux saucisses
C’est une histoire d’amour comme toutes mes autres un autobus écrit Spécial avec personne dedans
Si vous vous demandez où je suis maintenant, c’est moi qui essaie d’écrire de quoi de beau avec le mouillé de la zamboni.
Je ressemble au visage encore gorgé de promesses du candidat défait sur sa pancarte le lendemain de l’élection
c’est moi, juste là, avec le sourire forcé d’une patineuse artistique qui se relève après avoir fini son triple axel sur le cul.
On est un verre d’eau renversé sur les touches d’un clavier, un cannage qui a pas poppé.
Quand on s’embrasse, c’est comme dans les films :
on s’envole doucement, on monte et on reste pris au plafond de l’aréna avec les drapeaux des équipes gagnantes des années passées.Je pleure dans ma vaisselle, je pleure à la réunion de parents, je pleure dans mes biscuits de Ricardo à marde pis dans le pelletage de la poudreuse de mes propres miettes.
Chaque pensée est un crash de corneilles dans un blender une matière nouvelle à dompter
Je veux me sentir libre comme quand on roule la nuit dans une ville inconnue et que les feux rouges flashent
Joie du lecteur.
Marie Andrée Gill, Chauffer le dehors, La Peuplade, 2025, 128 p. [Édition numérique]