
[Billet publié dans les profondeurs du web le 17 juillet 2010. J’archive, ici-dedans, pour garder une trace de la petite histoire des liseuses numériques et de leur obsolescence.]
ॐॐॐ
Je me suis replongé tout du long dans les aventures d’Emma Bovary et de son benêt de mari. Un prétexte pour mettre à rude épreuve la liseuse Cybook Opus.
– Supporte le format epub.
– Dispose d’un accéléromètre et d’un port d’extension MicroSD. Nécessaire, en passant, pour installer les mises à jour du système d’exploitation qui règle peut-être le problème de resets répétitifs. J’y reviens.
– Bonne technologie (encre électronique) pour mes yeux paresseux et mes corps flottants.
Mes principaux irritants
– Sabre de bois! L’Opus, je le trouve déjà désuet. Si l’objet remplit parfaitement sa fonction première – permettre la lecture – on sent un peu trop sa présence, ses manques étanches, ses cliquettements et sa fragilité.
– Saperlotte ! C’est un objet forclos, étranger au web. Et l’on aimerait pourtant pouvoir vérifier, par exemple, ce qu’il en était des rince-bouche servis au dessert au XIXᵉ siècle.
– Ne permet pas les annotations. Il faut voir mon exemplaire papier qui porte la marque de mes lectures assidues et celles de mes amies.
– Impossible de retrouver rapidement un passage précédent (on avait développé des trucs astucieux avec le livre papier). La fonction signet – quoiqu’en dise le manuel de l’utilisateur – n’est pas disponible contrairement à la version précédente du Cybook.
– Sensibilité de l’appareil, tant et si bien qu’au plus infime mouvement de l’avant-bras on doit se farcir un flip flop horizontal/vertical de l’affichage à l’écran qui fait que la Bovary se retrouve plus souvent que la morale l’exige, en déshonnête position, cul par dessus tête.
– J’ai failli à de nombreuses reprises tirer l’objet dans la piscine algueuse et reprendre la version papier tellement l’appareil gèle un peu trop souvent à mon goût de lecteur à qui ses interruptions narratives intempestives donnent la gratelle. Pour reprendre sa lecture, il faut opérer un petit «reset» et retrouver la page abandonnée dans un menu de navigation à rendre Ariane démente.
Mon fils : «Papa, que diable fais-tu avec la pelote à épingles?».
«Je réinitialise, mon fils, je réinitialise la bête un peu bête.»
Pour les fous finis de la littérature numérique libre de droit
Le fiacre — 150 grammes à peine — renferme bien davantage que vous ne saurez brouter en une vie entière.
Des sites où trouver des livres sur mon Delicious
Bovary
«Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s’approchèrent. Elle n’existait plus»
ॐॐॐ
Notule du 24 août 2025
Au fil des ans, j’ai repris la lecture de Madame Bovary sur divers appareils, veillant à établir une comparaison méthodique et impartiale :
Deux Cyber Opus
Un Sony Reader
Un Kindle (un désastre, avec son format propriétaire mobi)
La Nexus de Google (autre désastre – 2 mois d’utilisation)
Trois Ipad dont un Mini.
Quatre Kobo (l’en d’eux s’est retrouvé par inadvertance au fin fond de la mer des Caraïbes)
Un Galaxy Tab A7 (Il fait encore le boulot. Pour combien de temps?)
Accessoirement, bein mal pris :
Un BlackBerry Torch, trois iPhone et de nombreux ordinateurs.
ॐॐॐ