
La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne […] Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici
Un cran en dessous [des fondateurs], quelques magnats de la finance, gestionnaires des principaux fonds d’investissement, s’efforçaient de rester dans le coup. À leurs côtés, un petit nombre d’hommes d’État, chinois, russes, les émirs du Golfe, quelques présidents, sélectionnés parmi les indéboulonnables, méritaient d’être considérés. Les autres, y compris tous les dirigeants des démocraties occidentales, Zimmer les appelait « les mouches à fruits ». Du haut de son poste de PDG à vie, comme les autres fondateurs, il avait déjà vu défiler plusieurs générations de ces créatures précaires, et s’attendait à en enterrer encore un certain nombre, avant l’extinction définitive de cette race de plus en plus inadaptée à l’époque. Comme on pouvait s’y attendre, compte tenu de leur espérance de vie, les mouches à fruits se concentraient sur l’immédiat et sur les mille et une questions insignifiantes dont dépendait leur survie au quotidien. À l’inverse, du haut de leur position, les fondateurs pouvaient consacrer leur énergie considérable à forger un avenir à leur image.
Il y a sept occurrences du mot mouche dans cette dystopie du présent qui se déroule entre 2018 et 2024 :
Mouches à fruits (5).
La phrase fit mouche (1).
[…] grands comme des mouches (1).
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Giuliano da Empoli, Le fondateur, Collection Blanche, Gallimard, 2026. Édition numérique. (16 euros).