
Lecteur·e, tu éprouveras peut-être un léger agacement à la lecture de ce roman, salué par la critique (1), lorsque tu croiseras certaines figures de style. L’auteur use en effet d’un anthropomorphisme assez marqué dans la construction de certaines de ses métaphores et de ses comparaisons : une voiture qui toussote, un véhicule qui éructe, des essieux qui gémissent, une corde à linge qui couine, les borborygmes de la tuyauterie, des nuages qui avalent le regard… Des exemples suivent mon bref commentaire.
Je ne lui accorde pas le statut de véritable écrivain, avec ses mouches désaccordées : Il fait chaud, le quartier bruisse de vie et des mouchent [sic] s’envolent par nuées.
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Un roman sonore. On y trouve cinq occurrences de l’expression «oreille tendue».
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J’avais aussi lu son roman Le poids de la neige. Mon commentaire. (2017)
Exemples triés sur le volet
Parfois, une voiture ou une camionnette passe en toussotant.
Une lueur rose et fragile éclaire le ventre des nuages.
Une corde à linge qui couine,
Les roseaux qui étouffent les parcs, les terrains vagues.
La ville est frémissante.
Les jeunes s’exclament et embarquent dans le véhicule qui disparaît en éructant.
Elle lève le menton pour mieux sentir le vent lui fouetter le visage.
Les crevasses dans l’asphalte font gémir les essieux de son chariot.
Les arbres tendent les bras pour retenir quelque chose qu’elle ne voit
Alors qu’elle se lave la tête, la tuyauterie émet quelques borborygmes, crachote des copeaux de rouille puis l’eau cesse de couler.
Une fois le téléchargement lancé, elle relève la tête. Les nuages avalent son regard.
Les rares panneaux indicateurs sont assiégés par des plantes.
Les arbres valsent et se heurtent les uns aux autres.
Appuyés sur leurs coudes, ils avaient longuement regardé le matin fissurer le tissu de la nuit.
Le long du boulevard, la rivière s’agrippe au terre-plein.
Des rayons de soleil tendent la main, effleurent le décor et découpent les ombres au sol.
La lumière est chatoyante sur le décor trempé.
Dans la première section, le sol est encore imbibé d’eau mais les étais portent le monde solidement sur leurs épaules.
Ils s’étreignent en prenant appui sur l’établi encombré. Une boîte de vis tombe et se répand au sol comme un frisson sur la peau. [Cute]
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(1) Voir les critiques de Marie-Anne Poggi, Josée Lapointe et de Anne-Frédérique Hébert-Dolbec.
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Christian Guay-Poliquin, Le mur, La Peuplade, 2026, [édition numérique]