Répétition avec un chien mouillé dedans

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Ce n’est pas une anaphore, c’est une répétition avec un chien mouillé qui claudique  :

Carel repensait à tante Livie. C’était comme une chaleur lourde qui se posait sur tout son corps. Mon corps désormais gâché, se dit-il, et répéta ce mot : gâché, gâché, gâché, quel mot délicieux, mon corps gâché, non pas perdu mais gâché, que je traîne sur moi sans pouvoir m’en délester, mon corps gâché, lourd, couvert de poisse, mon corps comme le pelage lourd d’un vieux chien qu’on a voulu noyer dans les marais, le pelage lourd et puant d’un vieux chien mouillé qui traîne et qui claudique sur le terreau puant et poisseux d’une forêt interminablement étouffée par la brume froide et visqueuse…

David Turgeon, L’Inexistence. Roman, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 156, 2021, 219 p. (édition numérique)

 

A propos Luc Jodoin

Bibliothécaire
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