Une lecture des Cendres bleues

cendres bleues

Jean-Paul Daoust, le poète «punk» de l’émission Plus on est de fous, plus on lit!Les Cendres bleues, un récit poétique autobiographique audacieuxl’amour entre un jeune de six ans et demi et un adulte de vingt ans –  a été couronné du Prix du Gouverneur général en 1990. Texte adapté et présenté à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’aujourd’hui en 2013, avec Sébastien David, Jonathan Morier et Jean Turcotte.

D’aucuns prétendent que ce long cri d’amour et de désamour constitue une pièce majeure de la poésie québécoise contemporaine.

Un texte oxymoryque où se jouxte le «douloureux»  et le «soyeux» : «J’ai été un enfant violé / Dans le plus beau des paysages / Dans le carré de sable prince oublié […] Pourtant j’aimais voir ce sexe content / Même si l’idée de l’amour m’était inconnue»

Un poème de quelque 2000 vers hurlé d’un seul souffle, sans ponctuation. Poème incantatoire avec des vers qui remontent incessamment pour dire le malaise et aussi la joie, l’amour et le viol, malgré les interdits (Moi un angelot dans la crèche) : « Je n’avais que six ans et demi mais / Je savais ce que je faisais / Je sais qu’il m’aimait m’aimer […] Histoire d’amour / Mais je n’avais que six et demi / Lui dans la vingtaine […] Il n’avait que vingt-ans / Et des poussières / Moi j’en avais six et demi / Il m’aimait / Je l’aimais […] À six ans et demi alors / J’étais un barbare dans la soie de ses mains […] Tu m’auras volé mon enfance.

La couleur bleue parcourt tout le poème, marquant l’alternance entre l’insouciance et l’incandescence, entre le chaud et le froid et entre la vie et la mort.  Dans l’air bleu du soir […] Brûler qu’on dit / Des feux bleus […] Des yeux bleus couleurs de lacs mirant le ciel […] Il avait des yeux bleus de dimanches de deuil […] Je m’empressais de retrouver ses lèvres si douces / Si bleues dans le reflet de ses yeux […] Lui ce grand tyran aux yeux bleus comme / La neige / Mon ange-gardien […] Ses yeux bleus miel […] Des diamants bleus / Sa pomme d’homme bleu […] Dans la chaleur bleue […] Sa peau de vison bleu […] Dans l’eau bleue de ta sueur […] Ses dents de glace bleue […] Les refrains bleus de sa peau […] La neige qui tombait au-dehors / Plus bleu qu’un poème […] Du haut de mes six ans et demi je tombe / Dans le brasier bleu de tes bras […] Dans ses campagnes bleues […] Des larmes d’un bleu […] Tes yeux neigeaient bleu […] Dans le bleu pourpre de l’air […] Les fenêtres bleues de ton visage […] Le parfum bleu de mon premier amant […] Tes yeux d’un bleu interdit.

La couleur de l’enfance est-elle bleue?

Comment Faire le tri de tous ces bleus?

Cette fiction m’incommode / Bleue elle aussi.

«Mort» de l’amant bleu  : Sa tête en cendres.

Il ne restera que Les Cendres bleues, des Cendres étoilées avec lesquelles s’achève le récit.

La révélation de soi.

Référence :

Jean-Paul Daoust, Les cendres bleues, Les écrits des Forges, 1990, 66 p. (avec une postface de Paul Chamberland)

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Température et incipit : Kamouraska d’Anne Hébert (24)

Kamouraska

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

L’été passa en entier. Mme Rolland, contre son habitude, ne quitta pas sa maison de la rue du Parloir. Il fit très beau et très chaud. Mais ni Mme Rolland, ni les enfants n’allèrent à la campagne, ce été-là.

[«Une histoire de fureur et de neige». Quatrième de couverture.]

Anne Hébert, Kamouraska, Éditions du Seuil, 1970, 250 p. 1970.

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Habiter l’espace et le temps

Habiter Germain

Habiter, une œuvre chorégraphique de Katia-Marie Germain vue à la Maison de la culture de La Petite-Patrie. Une performance expérimentale par deux jeunes artistes émergentes.

Le topo. Nous sommes plongés dans l’obscurité. Un fond sonore métallique et répétitif emplit la salle. Un spot s’allume éclairant de biais l’espace de représentation et produisant un effet de clair-obscur. Sur la scène : une table avec une nappe blanche sur laquelle ont été déposés différents objets (une plante, une théière, des fruits, un briquet, des tasses, un petit tableau). Derrière la table, une femme immobile. Effet réussi, impression de visualiser une peinture du Caravage.  Le spot s’éteint. Un nouveau tableau apparaît, la femme a permuté les objets, pris une autre pose, toujours immobile. Temps suspendu, espace figé. De nouvelles poses s’enchaînent dans l’oscillation du clair et de l’obscur.

La chorégraphe se mettra à bouger, lentement, laissant tomber une cuiller à ses pieds, effectuant de lents gestes saccadés, se déplaçant sur la scène.

À mi-parcours de la représentation, une autre femme vient la rejoindre.  Elles se mettent à bouger, mécaniquement, en synchronie, enlacées parfois, avec la grâce de robots, comme si elles essayaient de s’extraire du tableau, comme si elles étaient engluées dans le temps et l’espace.

Réussi sur le plan esthétique, un peu moins sur le plan de l’émotion. Un poil froid. Ça se termine par une série de flashes, de «prises de photos» rapides de la scène. Bel effet!

Le spectacle dure 40 minutes. J’ai été surpris que cela soit déjà terminé. Elles ont réussi à brouiller mon rapport au temps. C’est un peu le but de l’art.

Prochaines représentations, gratuites, dans Les Maisons de la culture suivantes : le 7 octobre au Plateau Mont-Royal, le 9 octobre à Côtes-des-Neiges et le 10 octobre à Ahuntsic.

Références :

Habiter : Chorégraphie, scénographie et son par Katia-Marie Germain; interprétation par Marie-Gabrielle Ménard et Katia-Marie Germain; répétitrice et conseillère artistique : Lucie Vigneault. [Le Conseil des arts de Montréal en tournée]

Site web de Katia-Marie Germain.

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Lettres à un jeune auteur de Colum McCann : pastiche

McCann

Essai construit autour de petits conseils aux écrivaillons en herbe. Ça plaira aussi aux lecteurs. En résumé.

Pastiche :

Tu t’assois sur ton cul et tu écris. Tu évites les métaphores lourdaudes, les lieux communs et les collocations bidon. Tu ne crains pas les difficultés, tu les surmontes. Tu ne seras pas didactique. Tu utilises le crayon rouge et de la gomme à effacer numérique avec entrain. Ne te mets par martel en tête à propos du déroulement de l’intrigue, elle est secondaire, ce qui importe c’est la manière dont c’est raconté, les mots pour le dire, le style. L’intrigue suivra. Fais un usage circonstancié du point-virgule, des points d’exclamation et des points de suspension (finis tes phrases). Tu veilles aux assonances, aux allitérations et aux rimes à l’intérieur de la phrase. Tu te soucies de la texture du texte. L’incise qui te vient à l’esprit est-elle vraiment nécessaire? Prendrais-tu ton lecteur pour un imbécile? N’essaie pas de reproduire le réel, c’est d’un ennui. Ne t’inquiète pas de ta production quotidienne de mots, mais plutôt de leur ordre dans la phrase (Joyce). Tu lis, tu lis, tu lis. Tu malmènes la grammaire et la syntaxe (tu la connais, tu l’as intégrée parce que tu as beaucoup lu). N’abuse pas des parenthèses. Tu inventes, tu fais jouer la langue. Tu archives les trucs qui ne débloquent pas. Tu écris des romans, alors tu lis des poètes, de la poésie alors tu te farcis des romans. Tu lis tout, même des ouvrages difficiles. Tu offres une bière aux critiques qui t’ont éreinté. Tu restes calme, tu t’assois sur ton derrière et tu écris. Tu ne souffres pas (Rilke), tu as du plaisir (Marquez) : le plaisir d’écrire.

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Ajout de dernière minute : Lis aussi Le newsletter « Créativité littéraire » #14. Sébastien Bailly te donne des conseils « pour doper [ta] créativité». En prime, sa lettre comporte une section titrée : Conseils à jeune auteur. 

Références :

Colum McCann, Lettres à un jeune auteur, Belfond, 2018, 169 p. (éd. originale anglaise : 2017)

Sébastien Bailly : Le newsletter « Créativité littéraire » #14.

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Température et incipit : Neige noire d’Hubert Aquin (23)

Aquin

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

L’été caniculaire, au début des années 70, version Aquin. Une «stase languissante» que nous avons vécue cet été, disent d’aucuns  :

Tout baigne dans la chaleur; et cela dure depuis le début de l’été. Montréal ressemble à une vaste fournaise à claire-voie: les fenêtres des appartements sont béantes, offrant ainsi aux voyeurs solitaires d’innombrables contre-plongées. Épaules nues, dos exposés au soleil, cuisses ouvertes, visages enduits de lotion de bronzage, ventres blancs, autant de composantes d’images vertigineuses et allusives! Un goût acide d’épiderme roussi par le soleil imprègne l’image fugace. Tous ces inconnus aux fenêtres sont aveuglés par la lumière, tandis qu’en bas les autres, vêtements collés à la peau, rasent les murs en quête d’ombre et souvent rêvent d’enfin de se défaire de toute étoffe si légère soit-elle. La chaleur caniculaire a créé une sorte de fascination à laquelle peu de gens échappent et qui réduit le mouvement de la vie à une stase languissante. p. 7

Le titre : un bel oxymore en prime.

Référence :

Hubert Aquin, Neige noire, Les éditions de La Presse, 1974, 254 p.

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Température et incipit : Candide ou l’optimisme de Voltaire (22)

 

candide

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Il s’agit en fait de l’incipit du chapitre II.

Pour les « quelques les arpents de neige» qui ont fait couler beaucoup d’encre et chantonner plus d’un, c’est au chapitre XXIII. 

Candide, chassé du paradis terrestre, marcha longtemps sans savoir où, pleurant, levant les yeux au ciel, les tournant souvent vers le plus beau des châteaux qui renfermait la plus belle des baronnettes ; il se coucha sans souper au milieu des champs entre deux sillons ; la neige tombait à gros flocons.

François-Marie Arouet, dit Voltaire, Candide ou l’optimisme, Collection À tous les vents, Bibliothèque électronique du Québec. (édition originale : 1759)

httpss://www.youtube.com/watch?v=zgawDOEZFPk

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La dame aux camélias : notes pour un club de lecture familial

camélias

Mon fils lira La dame aux camélias dans le cadre de son cours de français, cet automne. L’occasion est favorable pour mettre en place un club de lecture familial. Je ne suis pas certain que ce livre soit un gage de réussite pour intéresser les jeunes à la lecture. Enfin, qui suis-je pour juger des objectifs pédagogiques de l’enseignante?

Alors, lisons gaiement, avec entrain, en famille et dans l’ordre, le pire, celui du désordre alphabétique :

Glossaire :

Amplification. Sois attentif aux cils de Marguerite (La dame aux camélias). Ses cils, ce sont de véritables ombrelles.  «Dans un ovale d’une grâce indescriptible, mettez des yeux noirs surmontés de sourcils d’un arc si pur qu’il semblait peint; voilez ces yeux de grands cils qui, lorsqu’ils s’abaissaient, jetaient de l’ombre sur la teinte rose des joues;»

Aptonymes. La personnage principal de La dame aux camélias se prénomme Marguerite. Le librettiste de l’opéra La Traviata a conservé l’esprit tout en la renommant Violetta.

Notons aussi que la conseillère en «affaires amoureuses» tant d’Armand que de Marguerite se prénomme Prudence.

Cloaque. «Littéraire. Foyer de corruption morale, lieu immonde.» Source (voir aussi Oxymore)

Couleur des yeux. Il importe de bien connaître la couleur des yeux de nos héroïnes romanesques. Marguerite avait les yeux noirs. J’ai abordé courtement la question ici.

Décès. On ne décède pas dans ce récit, on meurt : «quand je pense qu’elle a fait pour moi ce qu’une sœur n’eût pas fait, je ne me pardonne pas de l’avoir laissée mourir ainsi. Morte ! Morte ! En pensant à moi, en écrivant mon nom, pauvre chère Marguerite»

Diversité sociale. Armand Duval demande à son domestique d’aller porter une lettre à Marguerite.  «Faudra-t-il attendre une réponse? Me demanda Joseph (mon domestique s’appelait Joseph comme tous les domestiques» (voir aussi Échange épistolaire)

Échange épistolaire. Il n’y avait pas de poste rapide à l’époque. Quand l’enamouré voulait envoyer une lettre à l’être cher, il l’envoyait porter par son domestique, lequel faisait parfois le pied de grue en attente d’une réponse de la destinataire (voir aussi Diversité sociale).

Écriture inclusive. «Il était de bonne heure, et cependant il y avait déjà dans l’appartement des visiteurs et même des visiteuses» Ça s’arrête là toutefois, pour l’écriture inclusive.

Euphémisme. Le librettiste de La Traviata n’y va pas par quatre chemins : Violetta est une dévoyée. Dumas pèse ses mots et emploie des euphémismes pour décrire la dame gente et ses galantes pratiques : «liaisons éphémères», «femme entretenue»,  « pauvre fille », «courtisane», «Marguerite n’est pas une vertu» elle pratique les «amours mercenaires». Parfois, son vocabulaire est plus direct : c’est une «gaillarde», elle se livrait à la «prostitution» à des «orgies» et à «une débauche précoce».(voir aussi Lumières et morale)

Féminisme. Marguerite Gautier est une figure de proue du féminisme au XIXe siècle, au même titre qu’Emma Bovary.

Homonymie. Attention aux différentes significations des mots, sinon on pourrait accuser l’auteur d’écrire des grivoiseries : «c’est enfin un de ces grands seigneurs qui ne nous ouvrent qu’un côté de leur cœur, mais qui nous ouvrent les deux côtés de leur bourse.»

Imparfait du subjonctif. L’auteur le maîtrise parfaitement. Il en résulte parfois des effets comiques : «Que Dieu soit bon, s’il permettait que je vous revisse avant de mourir».

Initiales. Armand Duval et Alexandre Dumas.

Litote. «Elle a fait un peu la vie».

Lumières et morale. Le narrateur n’a que faire des théories de Voltaire. «C’est à ma génération que je m’adresse, à ceux pour qui les théories de M. de Voltaire n’existent heureusement plus, à ceux qui, comme moi, comprennent que l’humanité est depuis quinze ans dans un de ses plus audacieux élans. La science du bien et du mal est à jamais acquise ; la foi se reconstruit, le respect des choses saintes nous est rendu, et si le monde ne se fait pas tout à fait bon, il se fait du moins meilleur. Les efforts de tous les hommes intelligents tendent au même but, et toutes les grandes volontés s’attellent au même principe : soyons bons, soyons jeunes, soyons vrais ! Le mal n’est qu’une vanité, ayons l’orgueil du bien, et surtout ne désespérons pas. Ne méprisons pas la femme qui n’est ni mère, ni sœur, ni fille, ni épouse. Ne réduisons pas l’estime à la famille, l’indulgence à l’égoïsme. Puisque le ciel est plus en joie pour le repentir d’un pécheur que pour cent justes qui n’ont jamais péché, essayons de réjouir le ciel. Il peut nous le rendre avec usure. Laissons sur notre chemin l’aumône de notre pardon à ceux que les désirs terrestres ont perdus, que sauvera peut-être une espérance divine, et, comme disent les bonnes vieilles femmes quand elles  conseillent un remède de leur façon,  si cela ne fait pas de bien, cela ne peut pas faire de mal».

Maladie. Marguerite a des «affections de poitrine», elle est «poitrinaire», atteinte de «phtisie». Elle a la tuberculose. Cela se guérit  avec d’épuisantes «saignées».

Les personnages ne sont pas dépressifs. Ils ont «des fièvres cérébrales» ou ils éprouvent un débalancement de «l’affinité des fluides»

Manon Lescault. Armand offre ce livre à Marguerite. Une lecture attentive de ce roman de l’Abbé Prévost ne m’a toutefois pas permis de déterminer la couleur des yeux de Manon. (voir aussi Couleur des yeux)

Marathonien. Les amoureux vont se réfugier chez la veuve Arnould à Bougival pour s’éloigner de la vie tapageuse de Paris et soigner les maux «poitrinaires» de Marguerite. L’endroit se trouve à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Paris. Ils s’y rendent en calèche. « Une heure et demie après, nous étions chez la veuve Arnould ». Plus loin dans le récit Armand veut retrouver Marguerite qui a décidé de retourner à Paris. Il s’y dirige au pas de course, en pleine nuit : «Je mis deux heures pour arriver à la barrière de l’Étoile.» Hum! Pas mal. M’est avis que Dumas fils l’a échappé celle-là.

Métonymie. La main baladeuse pour les cheveux défaits et le corsage saccagé. «Ah çà ! que diable faites-vous là ? cria Prudence, que nous n’avions pas entendue venir, et qui apparaissait sur le seuil de la chambre avec ses cheveux à moitié défaits et sa robe ouverte. Je reconnaissais dans ce désordre la main de Gaston

Moyen de transport. «chaise de poste», «voiture», «voiture de rouliers», «calèche», toutes  hippomobiles, cela s’entend.

Oxymore. «La mort avait purifié l’air de ce cloaque splendide» (voir aussi Cloaque)

Préface. J’avais entre les mains la version numérique de la riche Bibliothèque électronique du Québec, établie à partir de l’édition Calman-Lévy de 1886. Le livre est préfacé par Jules Janin. Un écrivain de la fin du XIXe siècle à toutes fins pratiques disparu du paysage littéraire. Il fut, comme Balzac, saute-ruisseau, lit-on dans Wiktionnaire. Tous les métiers peuvent mener à l’écriture de romans.  Il fit son entrée à l’Académie française et occupa le fauteuil 28 laissé libre par Sainte-Beuve. Ce fauteuil est occupé depuis 2008 par Jean-Christophe Rufin. Ça en jette dans les salons littéraires, la connaissance de ces détails.

Conseil aux jeunes lecteurs : la préface de Janin est sans intérêt pour la poursuite de vos études.

Psittacisme. Les larmes et les pleurs (voir aussi Tristesse)

Résumé du récit. « La Dame aux camélias raconte l’amour d’un jeune bourgeois, Armand Duval, pour une courtisane, Marguerite Gautier, atteinte de tuberculose. Elle a pour habitude de porter à son buste des camélias de différentes couleurs (blancs quand elle est disponible pour ses amants, rouges quand elle est indisposée)1. La narration constitue un récit dans le récit, puisque Armand Duval raconte son aventure au narrateur initial du roman.

Dans le demi-monde parisien chic, où se côtoient riches amateurs et femmes légères, le jeune Armand Duval tombe amoureux de la jeune et belle Marguerite Gautier, une des reines de ce monde éphémère de la noce.

Armand, l’amant de Marguerite, obtient d’elle qu’elle renonce à sa vie tapageuse pour se retirer avec lui à la campagne non loin de Paris, car jaloux des nombreux hommes qui l’entretiennent. Mais la liaison est menacée par le père d’Armand, qui obtient de Marguerite qu’elle rompe avec son fils sous prétexte que son autre enfant, la jeune sœur d’Armand, doit épouser un homme de la bonne société. Jusqu’à la mort de Marguerite, Armand sera persuadé qu’elle l’a trahi avec un nouvel amant, et quitté volontairement. La mort pathétique de Marguerite, abandonnée et sans ressources, conclut l’histoire racontée par le pauvre Armand Duval lui-même. » Source : Wikipédia

Sagesse. Prudence Duvernoy, la voisine de Marguerite, conseillant Armand : « Supposez que Marguerite est mariée, et trompez le mari, voilà tout.». Facile!

Tôuttt est dans tôuttt (Raoul Duguay). Mais non! «Tout est dans peu».

Tristesse. Histoire d’amour contrarié. La mélancolie et la tristesse traversent tout le récit. Cela est bien marqué par la présence de 54 occurrences du mot «larme*» et de 35 occurrences du mot «pleur*».

Zeugme. «Plus tard, je compris cette admiration et cet étonnement, car, m’étant mis aussi à examiner, je reconnus aisément que j’étais dans l’appartement d’une femme entretenue. Or, s’il y a une chose que les femmes du monde désirent voir, et il y avait là des femmes du monde, c’est l’intérieur de ces femmes, dont les équipages éclaboussent chaque jour le leur, qui ont, comme elles et à côté d’elles, leur loge à l’Opéra et aux Italiens, et qui étalent, à Paris, l’insolente opulence de leur beauté, de leurs bijoux et de leurs scandales

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Référence :

Alexandre Dumas fils, La dame aux camélias. Bibliothèque électronique du Québec (édition originale : 1848).

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La traviata avec Le Marquis à l’Opéra de Montréal, 2012

Glyndebourne-La-Traviata

(Billet publié le 5 octobre 2012 pour le Club des irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Je le récupère dans mes archives numériques. Incidemment, je relis La dame aux camélias)

Violetta è morto, finalmente. C’était couru d’avance. Le 22 septembre dernier [2012], j’ai entrepris une périlleuse cavale à l’Opéra de Montréal pour assister à la représentation de La traviata. « Amor, amor è palpito / Amour, amour, palpitation ». Beau moment de retrouvailles avec Le Marquis, un vieux pote décadent. « È strano ! È strano ! / Étrange ! Étrange ».

Nous étions juchés dans la dernière rangée du balcon avec nos jumelles pour ne rien rater de la jaquette et des plis de drap du lit de la Violetta agonisante. Belle soirée, on a rempli des tonneaux de larmes durant l’opéra et vider des hectolitres de vin blanc pendant les nombreux entractes. « Beviamo. Beviamo, Beviamo / Buvons, buvons, buvons ».

Mon coup de coeur, le deuxième acte, grandiose et intense, quand le père Germont vient convaincre la péronnelle de laisser son fils. Intensité du chant et du geste.

Le troisième acte, sublime : « Oh gioja ! / Oh joie ! », octave-t-elle bien haut à la toute fin, et elle s’écroule raide morte.

Bon, un peu sadique ma recommandation, vous avez peut-être raté l’opéra, mais vous pourrez vous rattraper en écoutant l’enregistrement sonore que je vous propose ici avec la Callas dans le rôle de Violetta. Au moment d’écrire ce texte, le document était en traitement [il a été mis à la disposition des usagers depuis]. Pressez-vous, réservez dans une bibliothèque près de chez vous. Vous pouvez le faire en ligne.

« Dammi tu forza, o cielo… / Donne-moi ta force, ô ciel ».

Références :

Giuseppe Verdi, La traviata, 6 mars 1853.

Libretto de Francesco Maria Piave.

Illustration: La traviata, Opéra de Glyndebourne, Londres.

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En prime sur Youtube, Maria Callas :

httpss://www.youtube.com/watch?v=I4cSVnqGmOc

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Les oxymores et les paradoxes au quotidien

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[J’étends la figure de l’oxymore  à l’expression, à la phrase et au texte (voir ici).   J’y inclus aussi des expressions constituées de deux ou plusieurs substantifs contradictoires (Le présent goûte l’éternité), alors que l’oxymore simple est généralement construit autour de l’opposition entre un syntagme et une épithète ou d’un verbe et d’un adverbe. Ainsi définie, la figure de l’oxymore est voisine de celle du  paradoxe et du paradoxisme.

La peinture, la danse, la chanson, la politique et l’actualité passent aussi sous ma loupe.]

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11)

  • « Moins les gens ont d’idées à exprimer, plus ils parlent fort. » Fabrice Luchini citant François Mauriac sur Twitter, le 2 décembre 2018
  • « L’effroyable douceur d’appartenir ». Dernière phrase du roman de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux. 30 novembre 2018
  • « Après tout, il vaut tout de même mieux que nous ne lisions que trois pages d’un livre de quatre cents pages mille fois plus à fond que le lecteur ordinaire, qui lit tout mais pas une seule page à fond.
    Il n’est pas nécessaire de lire tout Goethe, tout Kant, pas nécessaire non plus de lire tout Schopenhauer ; quelques pages de Werther, quelques pages des Affinités électives et pour finir nous en savons plus sur ces deux livres que si nous les avions lus d’un bout à l’autre. » Thomas Bernhard, Maîtres anciens. Cité par R. Roy sur la page Facebook de l’excellent Bruno Lalonde, libraire et grand lecteur.
  • « En effet, un zombie, dans cette mythologie consacrée de la crise, renvoie d’abord à un oxymore, à une opposition marquée entre la vie et la mort : le fait de revivre en dépit du néant agit comme un exorcisme de la fatalité ; la panique de la fin est sublimée dans une autre forme de vie, celle, mitoyenne et mécanique, du mort-vivant. » Alex Bellemare, Apocalypse et pratiques spatiales dans la science-fiction télévisée, 29 novembre 2018
  • « Curieux paradoxe du fondamentalisme de la laïcité.

On nous dit que l’école sert à « créer des citoyens » autonomes, libres de tout cadre idéologique et religieux afin de garantir la liberté de conscience.
Mais, cette idée de « créer des citoyens » n’est-elle pas elle-même une sorte d’encadrement de la conscience?
Rarement nous parlons de simplement éduquer à l’art de débattre des croyances et à l’exercice de la critique des idées, ce qui serait, somme toute, la forme la plus aboutie de la liberté de conscience ». Simon Jodoin, sur Facebook, le 27 novembre 2108.

  • «des fois le plus moderne c’est le rétro
    Et le plus pastoral c’est l’urbain
    On peut être sentimental sur un boulevard
    Et formel en campagne»
    Yves Boisvert, Gardez tout, Écrits des Forges, 1987. Relu le 26 novembre 2018.

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10)

    • « L’audace frileuse ». Titre de l’analyse de Denis Lessard du discours inaugural que prononcera François Legault à l’Assemblée Nationale, le 28 novembre 2018. La Presse+ 27 novembre 2018.
    • Projet Royalmount. « Les promoteurs prévoient peu d’impacts sur la circulation » La Presse+ 27 novembre 2018.
    • Conservation du patrimoine. Chambly. « La maison sera rebâtie selon les plans d’époque avec des matériaux modernes » Jean Roy, maire suppléant de la ville de Chambly. » La Presse+ 27 novembre 2018.
    • Le 26 novembre, sur Twitter :

Streliski patrimoine

  • « Éblouissant à force d’être terne, le maire Gérald Tremblay a laissé en héritage, au cœur de Montréal, la possibilité inédite pour les promoteurs d’écarteler plus que jamais le ciel à coup de béton armé » Jean-François Nadeau, dans une chronique, Cas d’école publié, dans Le Devoir du 26 novembre 2018.
  • « Il y a une force qui se dégage de la vulnérabilité et il faut la glorifier, la mettre davantage en avant » La chorégraphe Karine Ledoyen en entrevue avec Mélanie Carpentier. Le Devoir, 24 novembre.
  • Francophonie en Ontario. Ironie. Paradoxe. « Doug Ford, le rassembleur de la francophonie ». Titre d’un article de Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir, 24 novembre.

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9)

  • Doug Ford et Andrew Sheer : francophiles. Préoccupés! du 14 au 20 novembre.
  • « Faites semblant de pleurer, mes amis, puisque le Poète ne fait que semblant d’être mort» Cocteau, Le testament d’Orphée. Cité en première page du Devoir du 28 avril 1984. Consulté le 19 novembre 2018
  • « L’absolu n’est peut-être qu’une capacité à s’installer dans le provisoire … ». Michèle Mailhot, cité par François Hébert. Le Devoir, 28 avril 1984. Consulté le 19 novembre 2018.
  • « Parti québécois : appel à un virage à droite pour se recentrer » Le Devoir, 19 novembre 2019.
  • « Je suis tellement tanné de mourir que vous ne m’y prendrez plus ». Yves Boisvert (poète), cité par Dominic Tardif, Le Devoir du 18 novembre 2018.
  • « Après Outrenuit (Les Herbes rouges, 2014), explique Benoit Jutras, cet autoportrait fragmenté, je voulais sortir du je. Il est finalement resté, mais ce n’était pas le mien ». Jutras en entrevue avec Catherine Lalonde. Le  Devoir du 18 novembre 2018.
  • Paradoxe? Aveuglement volontaire? « Je pense que globalement on a gagné la campagne mais perdu l’élection ». Jean-François Lisée, 16 novembre 2018. « On peut toujours faire mieux », ajoutera-il par la suite, tout à coup frappé d’une illumination. Le Devoir du 17 novembre 2018.
  • « Le fleuve ne se baigne jamais dans le même jour » Yvon Rivard, Le dernier chalet. Relu le 14 novembre 2018.

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8)

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Cet entêtement du temps à être toujours là.
[…]
Des souvenirs qui épousent mon ombre débarquent du futur.
[…]
On s’approche pour jeter une poignée de terre sur mon cercueil.
[…]
Je parle trop fort. Ce ne sont pas mes mots.
[…]
Nous sommes beaucoup plus réels
qu’on ne l’imagine.
[…]
Il est vrai que nos yeux nous ont rendus aveugles.
[…]
Je me bats avec ma tête pour essayer de l’ôter.
[…]
Aujourd’hui c’est hier.
[…]
Cet enfant c’est mon père.
[…]
Le poète est une sombre bougie
qui illumine le rien
dans une infinité de corps allongés.

  • Un oubli. En exergue du roman de François Gravel : Comment je suis devenu un cannibale. «Il y a trois secrets pour écrire un bon roman. Personne ne les connaît.» Somerseth Maugham. Roman lu le 22 octobre 2018.

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7)

  • «Des souvenirs qui épousent mon ombre / débarquent du futur» et «Un baiser qu’on t’aurait donné sans t’embrasser». François Charron, L’herbe pousse et les dieux meurent vite : poésie, Herbes rouges, 2018, 160 p. Finaliste au Grand Prix du livre de Montréal 2018. Lu le 29 octobre 2108.
  • «Je me regarde regarder ce qui n’a jamais existé». Les fées ont soif, Théâtre du rideau vert, le 27 octobre 2018.
  • Album de Stéphanie Boulay. Extraits de la pièce Printemps : «On se tiendra debout / même en rampant […] Et nos coudes joueront / comme des caresses. [Note : ce n’est pas du hockey]. Le Devoir Magazine, p. 7, 27 octobre 2018.
  • Convergence des propos de Carole David avec l’exposition de Sophie Lanctôt (voir entrée suivante). «La poésie, pour moi, c’est une proposition que j’élabore dans le langage et qui permet de voir quelque chose d’invisible, quelque chose qu’on ne voyait pas avant». Carole David dans une entrevue avec Dominic Tardif, Le Devoir Magazine, p.28, 27 octobre 2018.
  • «Retracer l’invisible – Archives de l’image peinte». Exposition d’œuvres de Sophie Lanctôt à La Maison de la culture de Plateau Mont-Royal. Vu le 26 octobre 2018. (Voir aussi sur Youtube)
  • «J’ai bien peur d’être un roc un peu terne et de n’être devenue l’héroïne tragique de rien du tout».  «Se faire des bleus à force de n’être touchée nulle part». Catherine Voyer-Léger, Prendre corps, Chicoutimi, La Peuplade, coll. «Microrécits», 2018, s.p. Ill. Lu le 25 octobre 2018.
  • Paradoxe, ignorance ou dérapage poétique? «Le CO2 n’est PAS de la pollution. C’est ce qui sort de votre bouche quand vous respirez et ce qui nourrit les plantes.» Maxime Bernier. Dans la Presse du 24 octobre 2018.

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6)

  • Seul ensemble. «Une nouvelle création du Cirque Éloize basée sur l’œuvre musicale de Serge Fiori avec la complicité de Louis-Jean Cormier.». Tout le monde en parle, écoutée sur le Web le 22 octobre 2018.
  • Sachez chers lecteurs et chères lectrices que lors de La nuit des longs couteaux Jean Chrétien était couché avec Aline. Paradoxe? Tout le monde en parle, écoutée sur le Web le 22 octobre 2018.
    (Le webmestre de l’émission a un peu massacré le patronyme de Jean Chrétien lors de la création de l’url : httpss://ici.radio-canada.ca/tele/tout-le-monde-en-parle/site/segments/entrevue/91495/jean-chretier-politique-memoires-livre-histoires-anecdotes?isAutoPlay=1)
  • «La sérénité frénétique de Francis Bordeleau». Entrevue d’André Lavoie avec Francis Bordeleau. Le Devoir, 20 octobre 2018.
  • «Baudelaire […] prend la mesure littéraire du cannabis, cet “écran délicieux et redoutable”». Louis Hamelin, Le cannabis et la littérature. Le Devoir, 20 octobre 2018
  • «Ce roman est une prière que pourront murmurer toutes celles qui préfèrent l’embrasement vif à la combustion lente, la laideur esthétisée au lustre sinistre de la banalité.» Dominic Tardif, dans sa critique du livre de Catherine Lemieux, Une affection rare. Le Devoir, 20 octobre 2018.
  • «J’me remplis de mon propre vide». Imitation de Jean-François Bégin. À la semaine prochaine. 20 octobre 2018.
  • David Goudreault slammant «Libertés surveillées» de Gérald Godin. À la Maison de la culture de la Petite-Patrie, 18 octobre 2018. Un petit extrait :
  • Par les coquerelles de parlement
    les crosseurs d’élections
    les patineurs de fantaisie
    les tarzans du salut public
    j’ai mal à mon pays

[…]

par ces maudits tabarnaques
de cinciboires de cincrèmes
de jériboires d’hosties toastées
de sacraments d’étoles
de crucifix de calvaires
de trous-de-cul
j’ai mal à mon pays
jusqu’à la fin des temps

(Gérald Godin, Libertés surveillées, 1975)

  • «Liquidons monuments, trottoirs, portiques, gradins, enfonçons les rues et les places, relevons le niveau de la ville» Antonio Sant’Elia, Manifeste de l’architecture futuriste. Cité dans Le Devoir du 20 octobre 2018 par Caroline Montpetit dans un article consacré à L’œuvre Manifesto de Julian Rosefeldt, présenté au MAC de Montréal.
  • Kōans créés par un ami (J.C.). Reçus par courriel le 16 octobre suite à la publication de mon billet sur le dernier opus de Philippe Sollers

«Philippe Sollers, tout comme le bouddhisme, n’existe pas.»

«L’écrivaillon sans intention (et donc, susceptible de réussite) n’arrive jamais jusqu’au mot “Fin”» […] «Et il sera applaudi dans un assourdissant silence par une bande délurée de collégiennes manchotes»

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5)

  • « Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie. » Fabrice Lucchini citant Paul Valéry, en entrevue avec Léa Salamé, écoutée le 14 octobre 2018.(httpss://www.youtube.com/watch?v=uLShRiPFHMU)
  • Récréation : écoute d’Arvo Pärt : Spiege im Spiegle / Miroir dans le miroir. 14 octobre 2018

httpss://www.youtube.com/watch?v=FZe3mXlnfNc

Christian Bobin : « La douceur c’est la vraie force» et «Les ténèbres lumineux»

Alexandre Julien : «On peut être dépendant et libre»

  • Olivier Niquet, dans son Bétisier, citant Maxime Bernier à La soirée est encore jeune : «Je peux être un populiste, mais qui fait du populisme intelligent». C’était aussi dans Le Devoir du 15 septembre 2018. Il a dans la suite dans les idées, monsieur Bernier.  En prime, Jeff Filion : «La dictature de la majorité». Le 13 octobre 2018.
  • Biz en entrevue avec Marc Cassivi dans la Presse du 13 octobre 2018 : «Mon problème, c’est que mon pays à moi, il englobe tout le monde, de Jeff Fillion à Jaggi Singh.»
  • Sur le climat : «L’art de manquer le bateau… et de faire naufrage». Titre d’un article d’Alexandre Shields dans le Devoir du 13 octobre 2018
  • Voir les paradoxes de Philippe Sollers ici.  Il y en a un joli tapon. Lu le 12 octobre 2018
  • «[…] ce qui n’existe pas existe». René Barjavel, La nuit des temps, Presses de la Cité,  1968, 2014 (édition numérique). Lu le 10 octobre 2018 (voir aussi : Barjavel visionnaire?)

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4)

  • «C’est quelqu’un qui vivait la gravité des choses avec le maximum de légèreté» , Alexandre Jardin à propos de Jean D’Ormesson dans une entrevue à Plus on est de fou plus, plus on lit. (en reprise).  8 octobre 2018.
  • «Le bourgeois-bohème». La bohème, ce grand classique, Le 7 octobre 2018 à l’émisssion Dessine-moi un dimanche. Franco Nuovo s’entretient avec Anthony Glinoer, auteur de La Bohème : une figure de l’imaginaire sociale.
  • Lecture de Cendres bleues de Jean-Paul Daoust. Un texte oxymorique où le «douloureux» jouxte le «soyeux» : «J’ai été un enfant violé / Dans le plus beau des paysages / Dans le carré de sable prince oublié […] Pourtant j’aimais voir ce sexe content / Même si l’idée de l’amour m’était inconnue».  Lu le 6 octobre 2018. Voir aussi ici.
  • «[…] crime sympathique», Stéphan Bureau, aux Grands entretiens. Entrevue avec Charlotte Cardin. Ici Radio-Canada, Entendu le 6 octobre 2018.
  • Vœux d’anniversaire de Marie Désilets sur Facebook : «Bonne fête le bel Affreux», 3 octobre 2018.
  • «Le duo avec Vanessa Paradis, c’est sur l’usure, sur l’absence pendant la présence, tout ce qui se patine entre les êtres… « Tu me manques, pourtant tu es là” est une phrase dure.» GAËTAN ROUSSEL, CHRONIQUEUR DE TOUTES  CIRCULATIONS… Entretien avec Alain Brunet, La Presse+, 1er octobre 2018.

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3)

  • Habiter, chorégraphie de Katia-Marie Germain. Bel oxymore visuel. Vue à la Maison de la culture de la Petite-Patrie, le 27 septembre 2018. Dans le programme : «Dans une esthétique du clair-obscur se dévoile une série de mouvements et de gestes aussi habituels qu’étranges, rythmés par l’oscillation de la lumière qui plonge la salle dans l’obscurité.».
  • Neige noire d’Hubert Aquin, lu le 27 septembre 2018.
  • «Nous serons éphémères mais immenses» et «le présent goûte l’éternité». Catherine Dorion : Luttes fécondes : Libérer le désir et le politique. Lu le 24 septembre 2018.

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2)

  • «Une amitié polémique». François Ricard à propos de son amitié avec Yvon Rivard. Lu dans Le Devoir dans un article de Louis Cornellier portant  sur le dernier essai de François Ricard : La littérature malgré tout. 22 septembre 2018.
  • «Nos improbables existences». Mélanie Carpentier. Article portant sur la prochaine chorégraphie de Catherine Gaudet à l’Agora de la danse. Le Devoir, 22 septembre 2018.

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1)

  • « La CAQ propose le bénévolat forcé chez les jeunes » (Le Journal de Montréal, 8 novembre 2016). Cité par Léo-Paul Lauzon : La CAQ : un vrai danger public, Le Journal de Montréal, 19 septembre 2018.
  • «La révolution silencieuse» Film de Lars Kraume. Bande annonce visionnée au Cinéma Beaubien le 18 septembre 2018.
  • «La mort avait purifié l’air de ce cloaque splendide» Alexandre Dumas fils, La dame aux camélias. Lu le 18 septembre 2018.
  • «Je n’ai jamais ressenti grand-chose pour ma mère, si ce n’est une profonde compassion.» Adeline Dieudonné, La vraie vie, éd. Iconoclaste, 2018. Lu le 17 sept. 2018.
  • Moi, je suis très à l’aise avec l’idée d’être un « révolutionnaire à cravate. »
    Léo Bureau-Blouin, La Presse + 16 septembre 2018.
  • Maxime Bernier nous propose le «populisme intelligent» Le Devoir, 15 septembre 2018.
  • «Une véritable révolution dans l’ordre» Louis Cornellier citant Daniel Johnson. Titre de l’essai de Jonathan Livernois consacré au duplessisme. Le Devoir, 15 septembre 2018.

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Illustration de Maurice Cornelis Escher : Mains dessinant, 1948.

 

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Température et incipit : Underground Railroad (21)

Marguerite Bourgeoys

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Prix Pulitzer de la fiction, 2017

« La première fois que Caesar proposa à Cora de s’enfuir vers le Nord, elle dit non.

C’était sa grand-mère qui parlait à travers elle. La grand-mère de Cora n’avait jamais vu l’océan jusqu’à ce jour lumineux, dans le port de Ouidah, où l’eau l’avait éblouie après son séjour dans les cachots du fort. C’est là qu’ils avaient été parqués en attendant les navires. Des razzieurs dahoméens avaient d’abord kidnappé les hommes, puis étaient revenus au village à la lune suivante rafler les femmes et les enfants, qu’ils avaient fait marcher de force jusqu’à la mer, enchaînés deux par deux. En fixant le seuil noir, Ajarry crut qu’elle allait retrouver son père dans ce puits de ténèbres. Les survivants de son village lui expliquèrent que lorsque son père n’était plus parvenu à tenir le rythme, les marchands d’esclaves lui avaient défoncé la tête et avaient abandonné son corps sur le bord de la piste. Sa mère était morte bien des années plus tôt.»

Référence :

Colson Whitehead, Underground Railroad, Albin-Michel, 2017 (édition numérique)

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