Bebette Bérubé pense que la Semaine des bibliothèques publiques c’est aussi pour les vieux chars comme elle…

Tout excitée, j’ai reçu aujourd’hui grâce aux bons soins de la poste canadienne mon exemplaire de J’irai craché sur vos tombes de Boris Vian.  On va avoir un plaisir de fou fini de littérature lors de mon heure du conte de mots partagés que j’organise avec mes vieux gâteux tous les mercredis matins.

Le livre truc, je l’ai reçu grâce à l’excellente collaboration de mademoiselle Raymond qui gère le Biblio-Courrier des bibliothèques pudiques de Montréal. Un service top notch pour les oubliés de la fracture sociétale. Je vous refile le numéro : 872-2901. Vous leur direz que je vous envoie.

Vous dire avant d’aller ronfler un bon coup que c’est la fête de la Semaine des bibliothèques publiques et que je vous invite tous et toutes à vous abonner à votre bibliothèque publique si on veut en ce siècle rejoindre nos voisins ontariens en matière de lecture publique.

Nombreuses activités prévues. Il y en a pour les poupons, les 3 à 4 ans,  les 6-12, les 7-14, les ados et les irrésistibles. C’est bien ainsi, les jeunes sont l’avenir de nos erreurs.  Mais je dois vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup pour les vieux chars de mon espèce qui sont quand même assez futés dans l’art de l’intergénérationnel.

Loin de moi l’idée de casser du sucre sur le dos de cette merveilleuse initiative citoyenne, mais à part l’Outaouais qui a développé un programme pour faire de nous des agents perturbateurs des milieux culturels, c’est plutôt maigre pour les laissés pour compte de la première moitié du siècle précédent.

Publié dans Bebette Bérubé, Bibliothèque | 3 commentaires

Bebette Bérubé fait du bungee avec Hubert Guillaud et Dominique Cardon (Première partie)

«Moi je me suis jamais sucré, j’ai fumé la Marie des fois avec les copains pour être poli et pourtant, à dix ans, c’est l’âge où les grands vous apprennent des tas de choses. Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. On est pas du même bord, lui et moi, et j’ai rien à en foutre. J’ai encore jamais fait de politique parce que ça profite toujours à quelqu’un, mais le bonheur, il devrait y avoir des lois pour l’empêcher de faire le salaud.»

La vie devant soi, Émile Ajar

Autre voyage au bout de la nuit de l’enfer, de la souffrance et de l’insomnie.

La Geheime Staatspolizei du Centre d’accueil a débusqué l’endroit où je planque mon cannabis : l’urne funéraire contenant les cendres de la défunte de mon voision de chambre et partenaire de bridge(je parle de la tradition kamasutréenne).

Marijuana que j’avais réussi à me procurer par l’intermédiaire d’un pusher d’un Club Compassion de Montréal que je ne nommerai pas ici de crainte d’alerter les grenouilles flicardes. Voir ici.

Belle herbe bleutée que je fume incognito sous la hotte de la cuisinière de la cafétéria du centre et qui soulage mes glaucomes, mes os décalcifiés, mes spasmes de vivre tout en me procurant un bien-être social généralisé, sans coût supplémentaire pour l’État qui n’a de cesse de se lucidifier, il faut le dire.

Trêve de pleurnicherie, je vais faire contre mauvaise infortune bon coeur fatigué et vous  filer la métaphore droit à l’estomac d’un article que j’ai, par la magie de la «serependity»,  cueilli dans mon Google Biper. Il s’agit d’une entrevue qu’a accordé le bel et ténébreux Hubert Guillaud à Dominique Cardon sur le site d’Internet Activiste : «Dominique Cardon : Pourquoi l’internet n’a-t-il pas changé la politique?».  Ça m’a vraiment mise de bonne humeur cette entrevue.  Je vous le conseille fortement, surtout pour les commentaires qui débordent vers une véritable société du spectacle du peuple robespérien qui hexagone dans tous les sens.

Bon, on remet ça à plus tard. On ne s’entend plus ici dedans, tout le bon peuple des vieux est rassemblé dans la salle commune pour écouter Parle, parle, jase, jase avec Janette Bertrand qui interviouille avec ses cartons ce bon Charles Aznavour.

On ne s’entend plus, Ça hurle «Je me voyais déjà»

À suivre…  avec Guillaud, Cardon, Abbie Hoffman et Jerry Rubin (Do it)

Publié dans Bebette Bérubé | Laisser un commentaire

Bebette se remémore une nuit bolivienne torride avec le Che

Le Reichssicherheitshauptamt du centre d’accueil a finalement daigné me rendre mon Ipad tout-terrain et mon Iphone IV (voir ici). Trop peu, trop tard, j’ai raté les cérémonies d’ouverture de la fête des 40 ans de la crise d’octobre qui a rendu célèbre le FTQ.

Raté aussi l’anniversaire de la mort du Che qui a été sauvagement exécuté en Bolivie,  le 9 octobre 1967.

J’ai pu enfin me replonger dans mon Google Biper qui déborde de billets et d’informations désolantes sur la post-modernité régressante : poussée du Tea party, offre patronales niochonnes de madame Snyder aux employés du Journal de Scabcity (belle dissertation sur le sujet par le maire du Plateau Mont-Royal, monsieur Ferrandez,  (ici).  Fort heureusement monsieur Maxim Bernier n’a pas trop ouvert la bouche ces derniers temps, c’est mieux ainsi,  je trouve qu’il a franchement mauvaise haleine. J’apprends enfin que la science des classeurs et de l’information a ajouté une nouvelle arme à son arsenal – l’analyse des auras – pour mieux scénariser la circonvolution numérique en cours (ici). Je ne désole pas trop, j’ai vu pire dans le siècle précédent.

J’écoute en boucle, Hasta siempre par Compay Secundo, sur ma chaîne HI-FI Youtube (pour les paroles ici, pour la toune voir plus bas)

Je ne me lasse pas de jeter un regard sémiotique sur cette photo du Che et moi,  prise dans la jungle bolivienne quelques semaines avant sa mort. J’entends toujours ses mots qu’il me glissa à l’oreille dans un moment de haute tension amoureuse digne des éoliennes gaspésiennes : soyez réaliste Bebette, demandez l’amour impossible, pas le nerf de la guerre.

PS Raté aussi le pool de hockey cyberchronique des Ayerdi,  Lozeau, Robert, et autres compagnons de la chanson. Shit!

Publié dans Bebette Bérubé, Corps, Temps | Laisser un commentaire

Désapprendre


Je lisais dernièrement l’excellent billet de Joyce Kasman Valenza : Manifesto for 21st century. Des perles sur ce que les bibliothécaires doivent désapprendre, je cite en entier :

1. That the little things really matter to those we serve and teach. (For instance, whether or not we decide to shelve Mc and Mac together.)

2. That you should annually close a library for inventory.

3. That Boolean logic is the best search strategy since sliced bread.

4. That Wikipedia is bad, or less-than-good, in almost every context.

5. That databases are the only online sources with value and credibility.

6. That having a web presence, no–that having a really good and really useful web presence–is optional.

7. That someone else is exclusively or ultimately responsible for learning relating to information and communication and search technologies.

8. That the price initially quoted is the price you have to pay.

9. That vendors’ have the final say.

10. That issues relating to Fair Use are generally going to be answered with the word no.

11. That no really means no or will continue to mean no when it comes to issues relating to access to the information and communication tools of today and intellectual freedom.

12. That intellectual freedom is a phrase connected to books alone.

13. That libraries should be quiet.

14. That libraries should be tidy.

15. That a library’s effectiveness and impact should be measured by the number of books it circulates.

16. That your stakeholders automatically will know what you contribute to your school or your community’s culture.

17. That a library is merely a place to get stuff.

18. That your collection should be just-in-case rather than just-in-time.

19. That someone else is responsible for your professional development.

20. That ubiquity won’t change your practice profoundly.

21. That your library is bounded by its walls.

22. That your library is open from 8 a.m. to 3 p.m.

23. That there is a box. (to think outside)

Publié dans Bibliothèque | Un commentaire

Un titre ronflant; «Le livre numérique : sa création, sa transmission» (avec @remolino et le Gros)

Grand branle-bas de combat depuis environ deux ans. L’oeuvre s’écrit et s’édite de plus en plus dématérialisée. Loin des débats, certains s’activent, posent des gestes au quotidien, simplement que s’inscrive lentement La Geste numérique.

Je pensais à Denis Vézina, ses Mille-vies. Je pensais à Clément Laberge, son Entrepôt numérique. La création,  sa diffusion.

Ils seront là, clavardant, samedi et dimanche les 25 et 26 septembre prochain pour partager avec nous leur expérience dans le cadre de l’activité Aiguisez vos claviers des Bibliothèques publiques de Montréal.

La porte d’entrée du papotage collectif se trouve ici.

______________________

Photo : Georges Pérec.   Sans rapport aucun,  presque. Mort en 1982.

Publié dans Littérature | 3 commentaires

Du temps …

Un peu fasciné par ce siècle, si jeune, qui a toute la vie devant lui, tant obsédé par la scansion du temps, la reddition de compte, la performance, la mesure, l’exactitude, la totalité et la peur irrationnelle de rater le futur…

On apprenait la semaine dernière que la recherche instantannée de Google allait nous faire sauver de 2 ou 3 secondes par recherche…

On remettait ça aujourd’hui en nous annonçant que la dernière récession avait pris fin en juin 2009 (le 12, disaient les plus audacieux.)

Préfère pour l’instant méditer/croiser Flaubert, Duras et Huston à la lueur des noeuds lacaniens. Ce Lacan, il a dépassé tous les précis de décomposition de Cioran; voir son classique :

«Aimer c’est donner ce que l’on a pas à quelqu’un qui n’en veut pas.»

et en écho, Duras que je relisais ce week-end, dans la Maladie de la mort, à la tombée des rideaux :

«Ainsi cependant vous avez pu vivre cet amour de la seule façon qui puisse se faire pour vous, en le perdant avant qu’il soit advenu»

————————–
La photo, c’est Marguerite Duras, je n’ai pas vérifié si c’est Creative Commons.

Publié dans Société, Temps | Laisser un commentaire

Bebette Bérubé

Bebette Bérubé, c’est mon nom. Enseignante à la retraite, active. Fan finie de Mario Tout de Go (w). Digital revival native du troisième âge. On m’a enfourné dans une ressource intermédiaire du faubourg à mélasse (w) . Les toubibs prétendent que je suis atteint d’âgisme, de gâtisme, de résistanse au renouveau organisationnel et d’autres déficits cognitifs connexes. La belle affaire! S’cusez le délire, mais je fonce encore, vive, la cane bien campée, queue de chemise à l’équerre, sur la route un peu cahoteuse de la création et de l’innovation.

Six heures du matin. Une odeur d’héliotrope, de cédrat et de désinfectant baigne l’atmosphère. La maladie de la mort (w). Par la minuscule lucarne embuée de ma chambre, je devine un petit point vert – le soleil – qui peine à chasser la nuit. Une nuit triste, d’insomnies. On m’a confisqué mon Ipad tout-terrain et mon Iphone 4 (w) pour cause de déficit d’attention à répétition. Ça rendrait idiot le Net, prétendent d’aucuns, tout ça aux vues d’une lecture erronée et complètement givrée de Socrate (w) et d’une incompréhension totale du concept de «pharmakon» bien décrit par un célèbre biblio-blogueur français obsédé (w).

Je ne décolère pas. Ils vont me faire rater les derniers coups de coeur de monsieur Roberge : tous ces princes Lazarus de la fiction qu’il nous fait découvrir (w). Les irrésistibles beaux dimanches de mademoiselle Poggi (w). La suite des trépidantes aventures de Molly Galloway dans Mille Vies (w). Et la rédaction de mes mémoires numériques qui doivent s’écrire aujourd’hui et du livre augmenté d’une femme diminuée? Eh bien, je dois m’y employer forcenée, temps plein. Mon oeuvre a beau être devant moi, mes mensualités d’assurance-vie n’ont de cesse de monter en flèche et mes revenus à l’avenant, mais à l’inverse, décroissants, si vous me suivez sur le plan cartésien de mes réflexions.

Il pleut à verse sans dérougir depuis trente jours. Des trombes. Le déluge. Les eaux vont se gonfler. Le fleuve St-Laurent va encore sortir de son lit et les conseillers de l’opposition, de leur Hôtel de Ville. Ils vont encore vilipender notre bon maire (w) qui fait pourtant chef d’oeuvre de culture avec son quartier des spectacles (on nous promet des combats internationaux de radiateurs dès cet automne – voir l’équipe des Bleus (ici)) et son catalogue Gaston Miron des bibliothèques pudiques de Montréal (w).

Pourquoi les petits bateaux / de monsieur Devos / qui vont sur l’eau / ont-ils des ailes? (w) (note de l’éditeur : Bebette chante)

Les lilas sont en fleurs. En plein mois de septembre. La planète ne sait plus où donner de la tête, ni le bon François Cardinal (w). Un bel homme (w), brillant (w), plumes fertiles et fesses rebondies qui, à vue d’oeil, semblent pleines de bonnes idées.

Pas d’Ipad, pas d’Iphone, pas moyen de suivre les auditions de la Commission Gastarache (w), coupée aussi des audiences du Pape sur les gaz à effet de schisme (note de l’éditeur : voir ici, ici et surtout ici)

Je traîne gigotante et grelottante dans mon lit. L’infirmière stagiaire de service vient juste de quitter ma chambre. Elle est venue vérifier l’état d’une partie intime de mon anatomie qui a la forme d’un chou fleur (w), dit-elle, dans son langage coloré. Ce qu’elle en pense de mon état, la fillette :

– « Vous mangez trop de betteraves, madame Bérubé, ça vous irrite le colon»
– « Et le médecin, il te les bouffe tes nichons irrités, ma belle. Et vous allez me la rendre, ma tablette, Saint-Liboiron de Jésus crucifié!», lui dis, excédée

Elle n’a relevé ni ma grossièreté, ni mon persiflage. Toujours calme, cette bande d’abrutis. Pas moyen de les faire râler, s’emporter, éructer. La politesse de l’ongle incarné jusqu’au fin fond du tréfonds; il m’irrite le caecum avec leur parlotte feutrée : « oui, madame », « bien sûr », « allez, il faut manger votre cheddar », « vous avez bonne mine aujourd’hui », « madame prendra bien un petit yogourt au brocoli oméga 3 ».

– « Non! Mettez-vous les où je pense vos grumeaux lactés oméga pois et vos fibres liposolubles. Quant à mon orifice fleuri, vous pouvez repasser, je peux très bien le bichonner moi-même»

Et ça se mêle de gloser sur mes facultés mentales et rectales. Non mais! De vraies endives!

Allez, je me calme… Grande visite aujourd’hui, madame Michelle Blanc (www) devrait se pointer cet après-midi; on va causer confiture, sauce à spaghetti et pertinence d’arroser son pâté chinois d’un bon ketchup maison. Et si on a le temps, elle va me donner des bons trucs de markedingue mix pour booster l’audience de mon blogue (w). La Papesse en Blanc (w) a promis de m’offrir et de me dédicacer un exemplaire tout neuf de sa dernière somme théologique (w).

Mon plus grand rêve : tricoter un podcast de mes mémoires avec Laurent Lasalle (w) et proposer le truc à François Bon (w) pour qu’il le diffuse plein gaz sur son site libre-service (w).

Bebette Bérubé
Écrivez-moi

Illustration : Alice Jodoin

Publié dans Bebette Bérubé, Calembredaine | 3 commentaires