Les mouches et la littérature : quand JimG va à la chasse [8 à 15]

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[La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici.]

Tel que lu précédemment, JimG de St-Athanase est féru de traduction et de poésie. C’était ici. Il aime aussi [nous] raconter des histoires : extrait.

Il pratique aussi de façon intensive la lecture et la chasse à la mouche.

À des fins d’avancement de la science des études littéraires, il m’a transmis un message relatif à ces mouches qui envahissent la littérature. Avec son autorisation, je l’archive ici :

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Le lecteur émérite en moi est plutôt hyperactif et il ne manque pas de chasser les mouches qu’il rencontre. En voici quelques-unes tirées de certains des trucs lus qui sont parus au cours du premier trimestre (présentés dans le plus complet désordre).

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Louise Penny / Hillary Clinton – État de terreur

Un thriller reste un thriller. Sympathique inclusion dans cette intrigue internationale du petit village de Three Pine et de l’inspecteur-chef Armand Gamache.

Citation : «Des journalistes. Des mouches du coche qui ne parlent pas beaucoup, mais qui entendent tout.»

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Dominique Fortier – Les ombres blanches

J’ai été bien avisé de respecter la promesse que je m’était faite de relire Les villes de papier (paru il y a quatre ans déjà) avant de me précipiter sur cet ouvrage tant attendu – ma mémoire avait besoin d’une réactualisation. Même plaisir quatre ans plus tard et même plaisir dans le nouvel opus. Je n’en dis pas plus.

Citations:

Je trouverais déplorable d’extraire de leur environnement contextuel plus vaste les expressions mouche à feupattes de mouche et oiseau-mouche. Je m’abstiens donc.

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Michel Bussi – Nouvelle Babel

Nous sommes en 2097. Conformément à l’article 1 de la Constitution mondiale de 2058, les Sapiens vivent sur une seule Terre, forment un seul peuple et communiquent dans une seule langue. Aucune mouche à se mettre sous la dent dans ce monde aseptisé. Évidemment, l’unique Assemblée mondiale nous cache l’existence d’organisations identitaires passéistes confinées dans d’inaccessibles contrées, hermétiquement bloquées. Rigolo.

Du même auteur, paru au début de mars, j’ai aussi lu La fabrique du supense (encore des «writing advices») – d’un ennui consommé – mais contenant tout de même une mouche.

Citation : «Le rire et la peur sont deux émotions qui cohabitent difficilement. La peur, le frisson, pour fonctionner dans un thriller, imposent le premier degré. L’humour, la punch line qui fait mouche, le comique de situation relèvent du second degré.»

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John Grisham – La cas Nelson Kerr

Un thriller reste un thriller. Grisham s’inscrit avec ce nouvel opus dans le panthéon des grands grâce à un incipit météorologique de presque 700 mots, suivi d’incessantes perturbations atmosphériques. On était habitué avec lui à des avocasseries, nous sommes plutôt cette fois-ci dans les milieux littéraires. Deux mouches qui ne méritent pas d’être citées.

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Joël Dicker – L’Affaire Alaska Sanders

Un thriller reste un thriller, mais dans celui-ci on est ravi de retrouver Marcus Goldstein (alias l’écrivain) et Perry Gahalowood (alias le sergent), de même que Harry Quebert (de l’affaire du même nom).

Citations : «mais surtout, nous avons retrouvé dans ses narines et ses oreilles des larves de mouches endémiques du lac Skotam.» On trouve aussi moult mouches au chapitre 17, consacré à une partie de pêche à la mouche (c’est de la triche!).

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Tonino Benacquista – Porca Miseria

Une mouche là-dedans? Poser la question c’est y répondre. Dès qu’il est question d’écriture manuscrite, on débouche inéluctablement sur des pattes de mouche. Saga familiale sur trois générations en seulement 200 pages. Simplicité et concision. Cool.

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Jón Kalman Stefánsson – Ton absence n’est que ténèbres

Il n’avait pas besoin d’inscrire cinq fois le mot mouche dans son roman fleuve pour être confirmé en tant que véritable écrivain. Il lui suffit de faire l’éloge du lombric, lequel reflète la pensée divine – peut-on en dire autant des muscidés?

Saga familiale sur cinq générations en (seulement?) 600 pages. Immersion totale.

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Niviaq Korneliussen – La vallée des fleurs

Citation : «C’était long à nettoyer, il y avait des pattes de mouches sous mes ongles, les grandes mouches grasses s’accrochaient à ma peau comme du goudron. En été, il y en avait des centaines sur le côté ensoleillé de la maison d’aanaa. Elles se tenaient immobiles et bourdonnaient. Ça faisait clic quand je les écrasais.»

Voilà qui dit tout…

 

 

 

A propos Luc Jodoin

Bibliothécaire
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