Température et incipit : La neuvième heure d’Alice McDermott (44)

Neuvième heure McDermott.

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Le 3 février fut une journée sombre et pluvieuse de bout en bout : un crachin froid le matin, un ciel bas et plombé jusqu’à la fin de l’après-midi.

Note :

Je n’aurais jamais pensé être fasciné par une histoire de bonnes sœurs.

Souci du détail historique, notamment dans la description des conditions de vie des Irlandais à Brooklyn au début du XXe siècle : maladies, violence familiale, pauvreté, suicide, insalubrité des logis, p’tite vie. Panser ces plaies, tant bien que mal, la cause des Petites Sœurs soignantes des Pauvres Malades pour se rapprocher de Dieu.

Roman d’amitiés, d’amours interdits. Dilemmes moraux décrits avec finesse.

À brouter.

Un résumé du récit? Voir l’accroche-lecteur de l’éditeur.

Prix Femina étranger 2018.

Référence :

Alice McDermott, La neuvième heure, Quai Voltaire, traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud, c2017 (version anglaise), 2018, 282 p.

Édition numérique à BAnQ et Bibliothèques de Montréal

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Température et incipit : Tartarin sur les Alpes (43)

Daudet

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

[Méditation dominicale : légère]

Le 10 août 1880, à l’heure fabuleuse de ce coucher de soleil sur les Alpes, si fort vanté par les Guides Joanne et Baedeker, un brouillard jaune hermétique, compliqué d’une tourmente de neige en blanches spirales, enveloppait la cime du Rigi (Rigina montium) et cet hôtel gigantesque, extraordinaire à voir dans l’aride paysage des hauteurs, ce Rigi-Kulm vitré comme un observatoire, massif comme une citadelle, où pose pour un jour et une nuit la foule des touristes adorateurs du soleil. p. 7

Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes, Le livre de poche, c1885, 1966, 252 p.

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Température et incipit : Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (42)

Céline - Voyage

[Méditation dominicale : trop chaud, trop froid]

Le sieur Leonard n’a sûrement pas lu ce classique de la littérature française.

Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. C’est Arthur Ganate qui m’a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C’était après le déjeuner. Il veut me parler. Je l’écoute. « Restons pas dehors ! qu’il me dit. Rentrons ! » Je rentre avec lui. Voilà. « Cette terrasse, qu’il commence, c’est pour les œufs à la coque ! Viens par ici ! » Alors, on remarque encore qu’il n’y avait personne dans les rues, à cause de la chaleur ; pas de voitures, rien. Quand il fait très froid, non plus, il n’y a personne dans les rues ; c’est lui, même que je m’en souviens, qui m’avait dit à ce propos : « Les gens de Paris ont l’air toujours d’être occupés, mais en fait, ils se promènent du matin au soir ; la preuve, c’est que, lorsqu’il ne fait pas bon à se promener, trop froid ou trop chaud, on ne les voit plus ; ils sont tous dedans à prendre des cafés crème et des bocks. C’est ainsi ! Siècle de vitesse ! qu’ils disent. Où ça ? Grands changements ! qu’ils racontent. Comment ça ? Rien n’est changé en vérité. Ils continuent à s’admirer et c’est tout. Et ça n’est pas nouveau non plus. Des mots, et encore pas beaucoup, même parmi les mots, qui sont changés ! Deux ou trois par-ci, par-là, des petits… » Bien fiers alors d’avoir fait sonner ces vérités utiles, on est demeurés là assis, ravis, à regarder les dames du café. p. 13

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Le livre de poche, Gallimard, c1932, 1952, 496 p.

Édition numérique disponible à BAnQ ou à la Bibliothèque numérique de Montréal. Para servir.

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Note de lecture : Huichol

huichol

La femme de Tlecuaulhtli est vêtue d’une robe vaporeuse orange et bleu. Des boucles d’oreille huichol encadre le bas de son visage. p. 208

À lire tout autour, absolument.

Référence :

Françoise Major, Le nombril de la lune, Nouvelles, Le Cheval d’août, 2018, 276 p.

Crédit photo : Luc Jodoin, au siècle précédent.

 

Publié dans Recommandation de lecture, Temps | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Température et incipit : La constellation du lynx de Louis Hamelin (41)

Hamelin_Lynx

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

[Méditation dominicale]

Je m’appelle Marcel Duquet et je vais mourir dans environ cinq minutes. Le ciel est bleu, le soleil brille, les corneilles ressemblent à des voilettes de bonnes sœurs qui partent au vent et j’aime bien le grondement du tracteur, la manière dont il me remplit les oreilles pendant qu’un autre rang de foin se couche sous la faux. J’ai quarante-deux ans, un rond chauve au sommet du crâne et il fait si chaud que j’ai l’impression d’être un de ces prisonniers que les Indiens scalpaient et pendaient par les pieds au-dessus d’un lit de braises jusqu’à ce que leur cerveau se mette à bouillir. Le foulard noué autour de ma tonsure est d’un rouge plus vif que la peinture du Massey Ferguson, il doit faire une tache bien visible contre le vert de l’érablière et le bleu du ciel pendant que je me revire au bout du champ. p.17

Hamelin, Louis, La constellation du lynx (édition numérique), Boréal, 2010, 594 p.

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Un commentaire

Température et incipit : Dans le noir jamais noir de Françoise Major (40)

 major_2013

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Moins mille

Nuit de février, moins vingt-huit degrés Celsius, moins trente-sept avec le facteur vent, ils l’ont dit à la radio. Rue Mentana, du frimas dans les cils et les narines, je rentre chez moi en foulant la neige qui n’a pas été ramassée. De la poudrerie tournoie dans les rues désertes. Corps penché, tête basse, je contre les rafales qui brûlent la peau; ni ma tuque ni mon foulard ne réussissent à protéger mes joues.

On n’entend rien au milieu du vent et de la neige. Rien d’autre que l’hiver et soi. À chaque bourrasque mon cœur s’emballe. J’avance tambour battant, assourdie par mon propre pouls. L’hiver hurle. Fait taire le reste.

Les terrasses n’existent pas. On se rassemble dans les salons, autour d’une chandelle et de chocolats chauds. Le soir, tout le monde a froid sous les draps.

Un recueil de nouvelles à lire.

À la recherche d’un peu de chaleur? Lisez son nouvel opus : Le nombril de la lune. Les nouvelles se déroulent dans la ville de Mexico. L’Oreille tendue et Mario Cloutier du journal La Presse en disent grand bien : ici et .

Références :

Major, Françoise, Moins mille, in Dans le noir jamais noir. Nouvelles  (version numérique), Montréal, La mèche, 2013, 127 p.

Major, Françoise, le Nombril de la lune. Nouvelles, Montréal, Le Cheval d’août, 2018, 276 p.

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Un commentaire

Pense-bête périmé en forme de « name dropping »

TODOCarole David, L’année de ma disparition

Riopelle à la Maison amérindienne, à St-Hilaire
Les jours de la semelle
Sullivan, MAC
Les louanges
M’entends-tu, Télé-Québec, gratos le 15 décembre
Patrick Groulx
Les Shtisel, Netflix
Calder, MBAM
NOËL020222 (?)
La boîte à pain
Une fille comme elle, Marc Levy (?)
Les fées ont soif
David Goudreault (Maison de la culture de la Petite-Patrie)
La chaleur du froid, 5 décembre 2018
Montréal Plaza
Plus de légumes, Ricardo
Garde du corps, Netflix
Emil Ferris, BD, 28 août
Nirvana unplugged
Candide ou l’optimisme (TNM)
Fred Dubé
Skyfall, Adèle
La bombe, Télé-Québec, sur le web
Élisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires
Victor Hugo, Le dernier jour d’un condamné
Emmelie Prophète, Un ailleurs à soi
Houellebecq
Le Bétisier, 31 décembre, 16 heures
Bombardier, 15-18
La meute, La Licorne
Ed Pien, 1700 Notre-Dame ouest
Laurent Gaudé, Spirale
Vickie Gendreau, Shit, fuck, cunt
Poke Bowl (rue Bélanger)
Festival de jazz, Mexique
Jean Didier Urbain, Sur la plage: moeurs et coutumes balnéaires (XIXe – XXe siècles)
Terrasses de Mayline (Chinian)
514-2*3-2*4*
Simon Boulerice, Je t’aime beaucoup cependant
Pavese, Un bel été
Rudy Vallée, Aujourd’hui l’histoire
Hopper
Chien de garde (film)
Jo Nesbo, Macbeth (12 octobre)
Ma tante Alice
Jérôme 50, Hierarchill
Laurent Turcot, L’homme de l’ombre
Christian Bégin : « je me remplis de mon propre vide »
Nadine Bismuth, Un lien familial
Sophie Lanctôt, Maison de la culture du Plateau
Moutier, Roman familial
Laurent Chabin, 15 ans ferme
Orelsan
Charlotte Cardin
Tu m’entends?
Salif Keta
Les hauts du Hurlevent
Ugly delicious, Netflix
Bill Evans, Ici Radio-Canada
Parc des Rapides
Bill Bryson, Histoire de tout ou presque et Motel blues (J. Therrien)
Montserrat Caballé
Jacques Tardi
Lise Harnois-Godard
Le Survenant
Les Mémoires d’Hadrien

Benoit Jutras, Outrenuit

__________

Références sur demande.

Publié dans Calembredaine, Poésie | Laisser un commentaire

Température et incipit : Le Château de Franz Kafka (39)

Le Château_Kafka

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Il était tard lorsque K. arriva. Une neige épaisse couvrait le village. La colline était cachée par la brume et par la nuit, nul rayon de lumière n’indiquait le grand Château. K. resta longtemps sur le pont de bois qui menait de la grand route au village, les yeux levés vers ces hauteurs qui semblaient vides. p. 7

Franz Kafka,  Le Château, traduction d’Alexandre Vialatte, postface de Max Brod, Folio, Gallimard, 1965, 531 p.

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Mon observatoire culturel 2018 : suite et fin

Observatoire 2018 - fin

D’après mes savants calculs, j’ai lu 5,6 millions de mots en 2018. Cela équivaut grosso modo à 11,8 GP (Guerre et paix de Tolstoï), selon le système de mesure métaphorique établi par Nicolas Guay sur son blogue, Le machin à écrire.

Il n’y a évidement pas de quoi écrire à sa grand-mère, car ce total comprend un nombre important de doublons. Il y a aussi un nombre appréciable de mots dont j’aurais pu faire l’économie tant certains livres, mais peu, étaient à brailler d’ennui. Vous ne me ferez pas de procès, mais j’en ai aussi sauté un joli tapon dans les transports en commun : effet nid-de-poule.

L’année 2019 a commencé sur un bon pied avec la lecture de Tout savoir sur Juliette d’Erik Vigneault et de Shit, fuck, cunt de Vickie Gendreau. Léger relâchement ces derniers jours avec la lecture de Sérotonine de Houellebecq, le pseudo-visionnaire. J’y reviendrai, peut-être, au début 2020.

Je vous fait part de mes lectures préférées en 2018, fidèle à mon l’habitude, pour ne pas créer de jalousie : par genre, en triolet et dans le désordre. Je vous mets aussi les liens pour accéder, si ça vous chante, à mes délires interprétatifs et, dans certains cas, à des incipit inspirants.

Poésie

Marie-Hélène Voyer : Expo-Habitat;
Catherine Lalonde : La dévoration des fées;
François Charron : L’herbe pousse et les dieux meurent vite.

Bande dessinée

Fabcaro : Et si l’amour c’était aimer?;
Fabcaro : La clôture;
Fabcaro : Zaï Zaï Zaï Zaï (relecture).

Grande narration 

Paul Auster : 4 3 2 1, ici;
Philippe Lançon : Le lambeau;
Colson Whitehead : Underground Railroad.

Roman québécois

David Turgeon : Simone au travail;
Dominique Fortier : Les villes de papier;
Yvon Rivard : Le dernier chalet.

Nouvelles

Richard Brautigan : La vengeance de la pelouse;
Simon Brousseau : Les fins heureuses;
Gilles Archambault : Combien de temps encore?.

Album jeunesse 

Claude Ponti : La course en livre;
Mariane Dubuc : Le chemin de la montagne;
Lucille de Pesloüan et Geneviève Darling : Pourquoi les filles ont mal au ventre?.

Vieux stock

Eric Shanower : L’âge de bronze, tome 1, : Un millier de navires;
Alexandre Dumas fils : La dame aux camélias (relecture);
Gabrielle Roy : La détresse et l’enchantement (relecture).

Théâtre (relectures)

Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton;
Eugène Ionesco, Les chaises;
Jean Racine : Andromaque.

Plaisir coupable (et calembredaines associées)

Nicolas Mathieu : Leurs enfants après eux;
Philippe Sollers : Centre;
Frédéric Beigbeder, Une vie sans fin.

Autres plaisirs de lecture

Christine Jeanney, Signes cliniques;
Michel Tremblay, Vingt-trois secrets bien gardés;
Thomas O. St-Pierre, Miley Cyrus et les malheureux du siècle : Défense de notre époque et de sa jeunesse;
Jean-Philippe Toussaint, Football (relecture);
Heather O’Neil, Hôtel Lonely Hearts;
Maylis de Kerangal, Un monde à portée de main;
Annie Perreault, La femme de Valence;
Nadine Bismuth, Une lien familial;
Laurent Turcot, L’homme de l’ombre.
Colum McCann, Lettres à un jeune auteur;
Lydie Salvayre, Petit traité d’éducation lubrique;
Catherine Dorion, Les luttes fécondes.

_______________

Des blogues 

Alex Bellemare : La fabrique du monde;
Benoît Melançon : L’Oreille tendue;
Clément Laberge : Jeux de mots et d’images;
Le Club des irrésistibles des bibliothèques de Montréal;
Luc Séguin : La chambre d’écoute
Marie D. Martel : Bibliomancienne;
Nicolas Guay : Le machin à écrire. Voir ses excellentes séries : Pis mon manuscrit et Passé simple.
Normand Cardella : The perfume chronicles.

La lettre de Philippe Didion : Les notules dominicales de culture domestique.

Voir son bilan socio-culturel 2018 ici.

Archives 2001-2011

Archives 2011-2018

Référence :

Tous ces livres sont disponibles en différents formats dans une librairie indépendante ou dans une bibliothèque près de chez vous.

Publié dans Calembredaine, Recommandation de lecture | Marqué avec | Laisser un commentaire

Température et incipit : Armand d’Emmanuel Bove (38)

Bove_Armand

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fictions.

Emmanuel Bove. Auteur quasi oublié, hélas. Antidote à Houellebecq?

Il était midi. À cause du froid, le soleil semblait plus petit. Les vitres et les glaces ne renvoyaient pas ses rayons. Mon attention, comme celle des enfants, se portait sur tout ce qui bougeait. Parfois je caressais la tête d’un cheval, sur le front pour qu’il ne mordît pas. p.23

Emmanuel Bove, Armand, préface de Christian Dotremont, Paris, Flammarion, 1977, 200 p.

Lire aussi l’excellent Mes amis, disponible en version numérique à BAnQ

Publié dans Recommandation de lecture, Température et incipit | Marqué avec , | Laisser un commentaire