
Un échantillon probabiliste non-scientifique.
J’ai constaté lors de mon récent passage à Madrid que les Espagnols ne souffrent pas d’insécurité linguistique.
L’utilisation du terme anglais brackets (en tête de ce billet), des broches esthétiques invisibles utilisées en orthodontie, ne provoque pas de démangeaisons chez les locuteurs madrilènes.
Spoiler. Ils ont créé un néologisme : «espoilear». Anglicisme? Si peu. Très belle façon de s’approprier et d’avaler un mot provenant de l’anglais en respectant la logique de sa propre langue. Adjonction du préfixe typiquement espagnol es et du suffixe ear au radical anglais spoil.
Spam. Nous traduisons par «courriel non sollicité». Ils utilisent : «correo no deseado». Mais la plupart du temps, ils se rabattent sur «spam», sans complexes. Loi de l’économie linguistique. Nous utilisons pourriel, mais le mot est restrictif dans la mesure où le spam a dorénavant envahi nos blogues, la publicité sur les réseaux sociaux et nos moteurs de recherche. L’algorithme envahisseur. Tant et si bien que nous devons de plus en plus souvent procéder à des opérations de despaming.
Fake news. Ce sont des «bulos» (canulars), du moins dans la parlure populaire. Belle économie linguistique, encore. Sinon, dans un registre plus soigné, ils peuvent toujours se rabattre sur «noticias falsas»
Je confirme : la langue espagnole n’est pas en péril.
J’ai aussi appris que les Espagnols sont épargnés par l’insécurité identitaire. Les enseignantes peuvent porter le hijab en classe dans la mesure ou elles ne versent pas dans le prosélytisme. Sauf que c’est comme ici : si ça existait, on le saurait.
Bonne Fête nationale!
Illustration : Luc Jodoin, Madrid, 29 mai 2019.








