Ouvrez «En même temps» de Charles Dionne : les battements du coeur et de la rue

Une nouvelle de Charles Dionne. Il nous a pondu d’un seul jet, un grand cri, un court récit qui frappe dans le dash et dans la roue du vélo. J’vous l’dis, l’encre numérique n’avait pas encore eu le temps de sécher… que c’était en ligne. De la littérature en temps réel. Un vélo qui se pointe sur la Ste-Catherine engorgée par une veillée funèbre le lendemain de la fusillade au Métropolis… De l’art de composer avec un vélo défuntisé, le travail à temps partiel, les nuits blanches, un dernier verre à cinq heures du mat, sa douce Léa qui bosse de nuit et toutes sortes «d’estie de problèmes». Tout ça, sentir «la vie bien palpable». Les battements du coeur et de la ville (est-ce que ça compte pour un zeugme? 😉 ). Écrire. Une voix forte dans la Ville.

Dans la nouvelle collection de Publie.net

Ce qu’en dit François Bon de cette nouvelle collection :

Le plaisir de lire bref.
Le plaisir d’explorer. Produire de la fiction neuve.
Pouvoir découvrir des voix, des aventures
d’écriture.
Explorer avec force un territoire précis et délimité.
Aller vers l’anticipation, jouer du narratif.
Et puis une interrogation sur notre démarche
purement numérique : un territoire intermédiaire
entre la presse magazine et le domaine lent du
livre.
* * *

De Charles Dionne, on pourra aussi lire chez Numeriklivres :

Publié dans Corps, Recommandation de lecture | Marqué avec , , , , | Un commentaire

Tentative d’épuisement de «Cuisine» d’Antoine Emaz sur son Iphone 4

Hier, samedi, direction clinique pour traitement d’une uvéite persistante. On sait quand on entre, très peu l’heure de la sortie. Lecture obligatoire, de l’œil gauche. d’Antoine Emaz patiente dans Dropbox sur la pile des incontournables numériques que je me suis promis de lire toutes affaires cessantes… Un livre de «recettes» pour le Club des irrésistibles, du jamais vu. J’attaque avec mon Iphone. L’œuvre composée de courts chapitres s’y prête bien. Le lecteur bidule IBooks m’indique que le livre comporte 1131 pages. Suffisant pour l’attente et le plaisir des sens et du lire. Le livre est composé d’extraits des nombreux carnets noircis par l’auteur au fil du temps, lequel, peu importe. Limpide et attachant sur le vivre, le vieillir, l’écrire, la poésie, le lire et les sens. Ça ne se résume pas. Des extraits? :

Livre : «Un livre, c’est de l’inachevé fermé.»

Écrire : «Toujours aller au plus simple, jamais au plus facile.» (je prends bonne note) ou «Parvenir à être dense avec rien» ou  «Quand on utilise peu de mots, il faut que chacun pèse une tonne» ou encore  «Un poème peut donner une idée, pas l’inverse»

Lire : «Il faut avoir lu, beaucoup. Mais aucun livre n’est obligatoire, indispensable, incontournable. Il faut un bagage, certes, mais chacun décide ce qu’il met dedans.» (Devise pour le club des irrésistibles?)

Vivre : «Si je ne vais nulle part, je trouverai bien la direction tout seul, ne vous inquiétez pas.»

Vieillir : «La fatigue, c’est une lente mise en mouvement de la vase de tête»

Automner : «Grisaille du soir qui s’assombrit vite. Je n’aime pas cette période de l’année, comme si la perte de lumière coïncidait avec une énergie moindre. Une fatigue un peu poisseuse s’installe.»

Cuisiner : «L’odeur de la soupe : légèrement différente pour un seul navet ajouté aux poireaux-carottes» ou «Le plat du jour» ou «Devant, les six grosses tomates à farcir, sur la nappe bleu clair» ou «Bonne intuition ce midi : Saint-Jacques avec un peu de curry, et compotes d’endives.» ou «Sabine s’est lancée en cuisine : meringues et tarte aux fraises. À côté de ça, mes merguez prévues pour ce midi vont sembler très banales. Tant pis»

* * *

Je suis sorti de la clinique, pas tout à fait encore de cette Cuisine que j’ai dévorée un peu gloutonnement sur mon Iphone jusqu’à épuisement des pages et de la pile, jusqu’à la fin du jour.

* * *

Le registre est différent, mais nombreuses pensées pour Gabrielle Roy, sa détresse et son enchantement, en traînant dans cette «Cuisine».

* * *

En prime, je vous laisse. avant de me pousser au Marché Jean-Talon  :

Pour Benoît Melançon, l’épistologue :

C’est drôle cette difficulté que j’ai, pour répondre à un mail groupé, à utiliser la case « répondre à tous ». Un peu comme si ce qui m’était adressé ne pouvait venir que d’un seul «autre». Vieux réflexe d’épistolier?

pour sourire des braises amères de l’amour :

Un poète à la radio lit sa page à propos d’une femme en « forme d’amphore » et des « braises amères de l’amour » : cela me suffit.

et pour la belle-mère :

Cuisine : Confiture d’oranges Tata.

Pour 2,2 kgs d’orange et 3 ou 4 citrons. Couper les fruits en tranches fines. Ajouter un litre d’eau par livre de fruits. Couvrir et laisser reposer 36 heures.

Faire bouillir jusqu’à ce que la pulpe soit bien tendre, 30 minutes, et laisser refroidir.

Peser ; ajouter le même poids de sucre. Faire cuire doucement, à peu près 1h30, jusqu’à ce que le sirop fige lorsqu’on le dépose sur une assiette froide.

 Mettre en pots.

Publié dans Calembredaine, Poésie, Recommandation de lecture | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Le blues de Naomi Fontaine

J’apprends avec joie que Naomi Fontaine est en lice pour le prix des cinq continents de la francophonie pour son récit Kuessipan. Pour en savoir plus sur le prix, Naomi et les autres finalistes, on consultera le site des Bibliothèques de Montréal .

Sinon on trouvera, ci-dessous, un collage que j’avais proposé au Club des irrésistibles en mai dernier.

__________________

Lire et relire Naomi Fontaine, « un chant triste, sorte de cri du coeur. Comparable au blues. La langue innue presque chantée, aux intonations lentes, celle qu’on fait durer par des respires au manque de voyelles, impénétrable, comme un rappel à la nature, la dureté, l’écorce et les panaches. » S’approprier un lieu où « Les lacs servent de route. Les rivières indiquent le Nord. » Un territoire où « Tout résiste dans l’immédiateté. Tout s’oppose au sens commun. Tout repose, les âmes anciennes et les familles en vacances. » Les Innus, « ils ont laissé sur les rochers, l’eau des chutes et le vert des épinettes, leur empreinte, leur regard. » Être attentif, car « Le silence fait du bien à celui qui l’écoute et parfois même, on peut entendre le saumon qui remonte la rivière. » À lire, mains tendues, car « on ne voit dans la nuit que ce que les mains peuvent toucher. »

C’est aussi disponible en chez publie.net sur le portail numérique des Bibliothèques de Montréal.

________________

Publié dans Recommandation de lecture | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Insomnies littéraires

Sommeil de Haruki Marukami.

Elle ne dort plus. Elle lit. Dix-sept jours durant, elle veillera, yeux grands ouverts, nuit et jour. Elle lit, la nuit. Elle lit et relit Anna Karénine. Sans relâche. Elle croyait, berner par des automatismes, aimer sa vie, son mari, son enfant. Révélation, elle découvre la platitude de sa vie, son caractère répétitif, la laideur des siens : «une vie de ménagère». Elle boit du Rémy-Martin et engloutit des kilos de chocolat. Elle lit les Russes. Le jour, elle nage à s’époumoner et pose les gestes pour faire «fonctionner la réalité», sans plus. Les siens s’en trouvent ravis. Une nouvelle fascinante enrobée d’une étrange étrangeté, on est chez Murakami. Fascinante étrangeté aussi du langage pictural de l’illustratrice allemande Kat Menschik.

/ Haruki Murakami ; traduit du japonais par Corinne Atlan ; illustrations de Kat Menschik.

* * *

Confluence de l’insomnie. Alors que j’achevais cette nouvelle de Murakami, je tombe sur ce fort texte de François Bon sur ce qui se voit et s’entend dans l’insomnie:

récurrences insomnies :

du bord symétrique du rêve qu’est l’insomnie

Dans l’insomnie, il fallait marcher. Il fallait rejoindre ces types, là-bas, qui marchaient dans le même sens. Il fallait aussi que je me souvienne de cette phrase à noter, qui expliquait pourquoi on y allait, et ce qui allait se passer. C’était important. On nous donnerait un papier. On nous appellerait par notre nom. Qui serait appelé par son nom et ne répondrait pas présent aurait des difficultés ensuite, et graves. Donc on marchait, je les apercevais.

pour la voir et l’entendre, l’insomnie, car c’était comme un cri, un appel, c’est ci-dessous :

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=JUsyEtJcLOk&feature=player_embedded#![/youtube]

… Puis voilà, ce qu’il aurait fallu savoir, on ne le saura pas.

Publié dans Corps, Recommandation de lecture | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Jeu dans l’espace : Tepatitlán de Morelos, Jalisco, Mexique


Agrandir le plan


Agrandir le plan

Publié dans Calembredaine, Espace | Laisser un commentaire

Désenchantement de la littérature

Je n’ai pas lu Eloge littéraire d’Anders Breivik de Richard Milet. Pamphlet dans lequel le prosateur affirme, disent les commentateurs, que «Breivik est ce que méritait la Norvège» et où il salue «la perfection formelle» et «la dimension littéraire» de l’assassinat de 77 gamins « futurs collaborateurs du nihilisme multiculturel».

J’ai toutefois lu du même auteur : Désenchantement de la littérature. Pour bien mesurer ses régurgitations précédentes. Ce texte de 2007 contenait déjà la «vision» de Millet, sa haine de l’autre, du métissage, de la «narratique», son racisme, ses jugements à l’emporte-pièce sur la décadence, la fin de l’Occident chrétien blanc et de la littérature.

Vous remplacez Breivik par Milosevic, tout y était, 2007, pour l’appréciation de «la perfection formelle» du geste purificateur…

Un zouf!

Allez, au suivant!

Publié dans Littérature | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Cyprine d’amour, cheveux épars et chairs exaltés

.

Je ne vais pas résumer quand même, je vous mets l’accroche-lecteur de l’éditeur, pour ceux que le genre coquin-cochon pourrait émoustiller :

Secrétaire du beau docteur Swann, Zoé est toujours célibataire à vingt-sept ans. Complexée par ses rondeurs, traumatisée par des blessures passées, elle se tient à l’écart des hommes.
Mais elle est secrètement amoureuse du séduisant médecin, et sa frustration atteint son comble lorsqu’elle le surprend en fâcheuse posture avec une patiente.
Mais pourquoi, au lieu de faire un scandale sur l’éthique, n’en profiterait-elle pas elle aussi ? Forte d’une soudaine audace, elle va proposer au médecin de l’aider à surmonter ses complexes en échange de son silence.
Elle va alors découvrir les talents cachés du Dr Swann, pour son plus grand plaisir…

* * *

Ce que je me suis donné du mal pour l’achever celui-là.  Format numérique. La connection Internet sans fil qui flanche sans arrêt sur l’Ipad. Pour tout dire,  j’ai terminé ma lecture aux matines grâce aux bons soins 3G de mon bigophone.  Ce récit charnel dématérialisé, raconte une histoire d’amour. Avec un début, un milieu et une fin (heureuse de surcroît). Ça ralentit toujours mes lectures, les scénarios classiques. Une quête, bluette érotico-sentimentale,  du genre où «l’amour finit par la submerger» avec tout le tintouin, cyprine d’amours, cheveux épars et chairs exaltés s’étalant, dans le cas précis de ce récit, à la proue de l’énorme membre excessif (qui gonfle, gonfle, gonfle, mais il va éclater) du bon docteur, accoucheur des esprits peu délurés(1). Gros plans sur toutes sortes de trucs salaces y compris scène d’action pas piquée des hannetons où Socrate fait du «car surfing» bien ancré dans le corps généreux de la somme toute complaisante apprentie.

Louche. A-t-on idée à l’aube de ce siècle bringuebalant et sans morale? Heureusement ça finit bien, vacances à Athènes, et promesse de l’aube : un môme.

* * *

1) Bout de phrase remix paresseux d’un vers du Vaisseau d’or d’Émile Nelligan :

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif:
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues,
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu’est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve!

Émile Nelligan (1879-1941)

Publié dans Corps, Recommandation de lecture | Marqué avec , | Un commentaire

Un mot et trois lettres pour le dire. Pico Bogue : Légère contrariété, par Dominique Roques et Alexis Dormal, publié chez Dargaud, 2011, ISBN 978-220506845-3

FOU!

Publié dans Bande dessinée, Calembredaine, Recommandation de lecture | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Gros plan sur le cinoche aux BM

Saviez-vous que le catalogue Nelligan des Bibliothèques de Montréal comportait plus de 26 000 titres de films?  Pour aller plus loin, de côté, enrobé de bulles multicolores et parfois pour jeter un regard salutaire derrière. Saviez-vous que vous pouvez connaître quotidiennement les nouveaux titres qui sont ajoutés aux collections? Facile, vous n’avez qu’à cliquer sur ce lien. Une mine d’or de DVD et de BLU-RAY. C’est accessible gratuitement. Je ne m’en prive pas pour revisiter mes classiques non disponibles chez le marchand locatif du coin.

J’ai emprunté dernièrement Blanc de la série Bleu, Blanc, Rouge de Krzysztof Kieslowski Mais qu’est-ce que je me suis amusé. Comédie dramatique, disent d’aucuns. Une comédie, tout simplement en ce qui me concerne. Une belle entreprise pour réinterroger les tics et les invariants du cinéma. Une maîtrise totale de l’ellipse cinématographique. Il ne nous prend pas pour des tarés, ce cinéaste. L’histoire : complètement disjonctée. Le film s’ouvre à la cour. Un type fait face à une demande de divorce de sa conjointe pour cause de mariage non consommé. Le pauvre homme, sa délicieuse conjointe est interprétée par Julie Delpy… Il se retrouve rapidement à la rue, sans le sou. Mais la bonne providence a tout prévu, alors qu’il fait la manche dans le métro (en jouant de la musique avec un peigne, faut le faire, mais il est coiffeur de métier), il est pour ainsi dire pris en main par un compatriote polonais… Valse des clichés, ils vident ensemble une bonne bouteille de vodka…. Le pote lui propose de l’aider à rentrer en Pologne en le glissant tout simplement dans sa valise (le type éconduit n’a évidemment plus de passeport). Arrivée en Pologne, la valise a disparu… Volé par des individus qui veulent profiter des nouvelles largesses du nouveau système capitaliste… Volée de bois de vert sur le museau du mari impuissant.  Et le reste à l’avenant, allez voir ou revoir…

Plein de petites touches de blanc, en prime, qu’on s’amuse à identifier tout au long du visionnement.

Publié dans Cinéma | Laisser un commentaire

Ponti, Bolt et Zotero : irrésistibles

Petit noton : Usain Bolt et sa bande de joyeux baladeurs jamaïcains viennent tout juste de fracasser le record  du monde au 4 x 100 mètre relais.

Ponti :

Battre des œufs en neige, ou en quoi que ce soit d’autre, est-il un crime plus grave que battre un record ?

* * *

Zigonnage et brettage ce samedi matin avec le logiciel Zotero.

Zotero est un logiciel de gestion de références gratuit, libre et open source qui s’inscrit dans la philosophie du Web 2.01. Il permet de gérer des données bibliographiques et des documents de recherche (tels que des fichiers PDFimages, etc.). Ses principaux atouts techniques reposent sur l’intégration au navigateur Web, la possibilité de synchronisation des données depuis plusieurs ordinateurs, la génération de citations (notes et bibliographies) dans un texte rédigé depuis les logiciels LibreOfficeMicrosoft WordNeoOfficeZoho et OpenOffice.org Writer grâce à l’installation d’un simple plug-in2. Le développement du logiciel est à l’initiative du Centre d’Histoire et des Nouveaux Médias (CHNM) de l’Université George Mason (GMU).

Source Wikipedia

Je me suis servi pour tester l’animal des recommandations de lecture que j’ai publiées depuis janvier 2012 sur Le Club des irrésistibles des bibliothèques de Montréal. Pour le Club, nul n’est prophète en son pays, c’est Lionel Dujol qui en a fait la meilleure description à la faveur d’un stage qu’il a effectué dans nos bibliothèques en décembre 2011. Vous pourrez lire son billet .

Alors Zotero, ça permet aussi de créer des webographies et de les partager sur le web. Ça donne ceci :

Suggestions de lecture – Luc Jodoin – pour le club des irrésistibles

En jouant sous la carlingue du bolide Zotero, j’ai retrouvé le billet soumis au Club concernant le livre de Ponti : Questions d’importance. Je le reproduis ci-dessous pour le ramener à la surface du web, lequel on en conviendra est un peu chrono-dégradable, et Ponti, ses questions, valent vraiment le détour, le retour, complètement fou :

* * *

Claude Ponti fait, depuis belle lurette, le bonheur des petits avec la colorée expressivité de ses dessins et sa déconstruction du monde et du langage. Je pense, de mémoire, à Blaise et le château d’Anne Hiversère (2008), à ses montres molles, à son Almanach Ouroulboulouck (2007).

Dans Questions d’importance, il nous livre son ontologie personnelle, ses questions sur l’être, le paraître et l’inattendu. C’est festif, pissant, rigolonicieux. Je vous donne des exemples triés sur le volet pour vous donner le goût d’aller lire.

Dans quelle caverne, le premier mythe de la caverne ? Qui fut la première personne appelée depuis l’entrée de la première grotte habitée pour lui rappeler de ne pas oublier d’acheter le journal ? Qui fut la première personne à recevoir une engueulade parce qu’elle n’avait pas fermé la porte de la grotte? Quand s’est posée pour la première fois la question primordiale de l’œuf et de la poule ? La peur viscérale, l’angoisse métaphysique, l’interrogation ontologique et la régression fœtale sont-elles indéfectiblement liées au concept de grotte ? […] Battre des œufs en neige, ou en quoi que ce soit d’autre, est-il un crime plus grave que battre un record ? […] Comment s’appelait la première personne dont on a tiré de la musique en taillant une flûte dans son tibia ? Qui a été le premier à être dernier ? Quelle a été la première nostalgie ressentie ? Comment s’est appelée la première odeur identifiée ? […] Quelle fut la première étoile contemplée ? Quels furent les sentiments de la première carotte arrachée ? […¸] Une peine infinie est-elle apte à l’éternité ? Qui a eu l’idée de pendre ? Qui a fabriqué la corde ?

* * *

Fou,  je vous disais…

Ça bat tous les records olympiques en matière de questionnement existentiel.

Publié dans Calembredaine, Recommandation de lecture | Marqué avec , , , | Un commentaire