Sport extrême

Ce sapré Mois de la BD des Bibliothèques de Montréal m’aura vraiment innoculé le vilain virus de la BD, du roman graphique et du manga. J’imagine que c’était là l’objectif, et je ne tenterai pas de me soigner. On va encore gruger sur les heures de sommeil.

Ci-dessous un texte que j’ai envoyé à Marie-Anne Poggi du Club des irrésistibles pour publication ce vendredi 13 juillet. Je le pousse aussi, manière de défi,  vers Olivier Hamel l’instigateur et animateur de l’incontournable portail Furyo Manga Club.  Voyons voir sa réaction. En attendant, voilà le truc : Sport extrême.

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Le sommet des dieux

Vous connaissez Jiro Taniguichi? Vous avez peut-être déjà lu son «Quartier lointain»? Vous êtes des fous finis du genre manga. Vous aimez les histoires bien ficelées, être en état de tension permanente, tourner les pages comme un dératé, seul, transformé, transporté. Et bien, vous allez cesser toutes activités, vous diriger dans «» ou chez votre libraire préféré pour vous agripper aux cinq tomes de «Le sommet des Dieux» du dieu Taniguchi. Tiré du roman éponyme de Yukemakura Baku. Ça cause alpinisme, aventure, quête de soi et ascension vers tous les sommets. Toujours plus haut. Vous allez vous caler dans votre fauteuil ou votre chaise de jardin et vous allez vous retirer du Monde. Munissez-vous de votre piolet, de votre corde, d’un peu d’oxygène, de bouffe et de vos chaussures d’alpiniste. Enfoncez bien votre tuque, vous allez vous les geler (les pouces), vos orteils vont bleuir et tomber. Vous perdrez le Nord.  Cramponnez-vous bien fort, nombreux surplombs à franchir, ça va vous secouer les entrailles. Attention de ne pas dévisser, la chute pourrait être fatale. Vous allez être affamé, vidé, seul. Déjà que vous manquez d’air, les illustrations de Taniguchi sont à couper le souffle. Vous hallucinez. Vous ne dormez plus, c’est un enlèvement, vous vous élevez. C’est une rencontre, extrême. Vous allez atteindre Le sommet des Dieux.

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(5 tomes)

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La première fois…

Irrésistible Erri de Luca. Sa passion pour la montagne, l’ascension. Lire , et . Touchez la lecture attentive et soutenue de la Bible de cet incroyant, militant gauchiste et antifasciste : , et (pour son regard à senestre). Son roman , «», constitue le moment parfait de la confluence de ses deux espaces de liberté créatrice : la montagne et la bible. Il s’attaque à l’immense, de Luca, au sommet divin, les dix paroles, le décalogue.

Je vous transcris un extrait de la quatrième de couverture :

Un homme est retrouvé, épuisé, aubord d’un campement. Alpiniste courageux devenu simple vagabond, sa disparition avait fait perdre espoir à tout un peuple dont il était le guide. On découvre son histoire, l’ascencion difficile, lorsque soudain, face à la muraille, sa voix se met résonner : « je suis Adonài (Yod ton Elohim)

Les dix paroles. Sa lecture poétiquement transgressive. Sa réhabilitation d’Ève (Havà), du charnel, de la connaissance et du beau.

Les femmes savaient qu’elles étaient les préférées de la divinité (…). «Et construisit Yod Elohim le flanc qu’il prit d’Adàm» : la femme ne fut pas extraite toute faite du corps endormi. «Et il construisit» : il se mit à fignoler, à ajouter, à modeler… La femme est son produit perfectionné, summum d’expérience de création. Pour Adàm, pas même l’intention ni l’ombre du verbe « construire ».

Et ce fruit défendu?

Au pied du Sinai, les femmes connaissaient la magnifique histoire des débuts. La première d’entre elles avaient retiré l’espèce humaine du jardin enchanté de l’enfance. Ève, Havà, fait le bon geste, du bas vers le haut, en cueillant le fruit de la connaissance

Ni condamnation, ni réprimande divine dans la suite. Le simple dit de l’avènement de l’autre, de l’adversité et de la mise en scène d’un destin, humain.

Et les premiers amours?

Souviens-toi de la première nuit de nos deux premiers, l’amour se mêlait à la frayeur, la réponse à la question. Ils étaient nus, (…) Ils découvraient l’assemblage qui permettait à deux corps de faire l’unité. (…) Ce fut la première découverte de la connaissance, encore privée de la distinction du bien et du mal. Cette première nuit fleurait bon la création éteinte. L’amour accélérait l’expérience, faisait tout arriver en une nuit. Et quelle nuit, cette première-là : ils n’avaient pas été enfant, l’amour fut le premier de leurs jeux. Ils passèrent des rires au chatouillement, à la concentration d’un examen attentif. Tout en se frottant heureux, leurs lèvres se rencontrèrent. Ils s’écartèrent étonnés, puis les rapprochèrent à nouveau. Leurs yeux se fermaient tout seuls, la vue et les autres sens accoururent vers la bouche. Ainsi naquit par un joyeux hasard, le premier baiser. Au terme du jeu, ils étaient arrivés à mille. (…) Souviens-toi du jour de samedi, commencé le soir du sixième jour, prolongé dans l’insomnie amoureuse, dans le bref sommeil rassasié, dans le réveil au lever du jour chanteur.

Avouez, ça donne envie de « faire catleya » ou « shabbàt »

À lire toutes affaires sautillantes!

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Voir aussi la recommandation de Marie-Anne Poggi, muse du club des Irrésistibles, dans son billet du 

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Erri de Luca, Et il dit / E disse, Gallimard, Collection Du monde entier, traduit de l’italien par Danièle Valin, 2011, 103 p.

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Lectures sombres pour jours gais : La route et La convocation

Je sors tout juste de d’Herta Müller.  Récit troublant où les êtres sont comme des choses, usées, manipulées, jetées, des objets qui finissent par devenir la pensée et la poésie purulentes du monde.

Et je replonge pour faire bonne mesure putrescente dans «La route» de McCarthy.

Lectures sombres pour des jours de vacances gais.

«La route». On connaît la trame, un père et son petit traversent le Pays en direction du Sud afin d’échapper au froid, à la faim, à l’homme cannibale et à «L’accablant contre-spectacle des choses en train de cesser d’être. L’absolue désolation hydropique et froidement temporelle».

Un monde absenté de lui-même, sans couleur, cendré.

«Quand il fit assez clair pour se servir des jumelles il inspecta la vallée au-dessous. Les contours de toutes choses s’estompant dans la pénombre. La cendre molle tournoyant autour du macadam en tourbillons incontrôlés. Il examinait attentivement ce qu’il pouvait voir. Les tronçons de route là-bas entre les arbres morts. Cherchant n’importe quoi qui eût une couleur. N’importe quel mouvement.»

Un monde aveugle, silencieux :

«Le noir dans lequel il réveillait ces nuits-là était aveugle et impénétrable. Un noir à se crever le tympan à force d’écouter.

Un monde où les choses ont déserté, un monde s’enfonçant dans l’oubli :

« Le monde se contractant autour d’un noyau brut d’entités sécables. Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l’oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger. Finalement le nom des choses que l’on croyait être vraies. Plus fragiles qu’il ne l’aurait pensé. Combien avait déjà disparu? L’idiome sacré coupé de ses référents et par conséquent de sa réalité. Se repliant comme une chose qui tente de préserver la chaleur. Pour disparaître à jamais le moment venu».

Un monde intemporel :

«Les jours se traînaient sans date ni calendrier»

«Les gens passaient leur temps à faire des préparatifs pour le lendemain. Moi je n’ai jamais cru à ça. Le lendemain ne faisait pas de préparatifs pour eux. Le lendemain ne savait même pas qu’ils existaient».

Un monde de solitude :

«Il n’y a pas de Dieu et nous sommes ses prophètes»

La route est un récit puissant, mythique, métaphysique. Le récit est jonché de phrases nominales qui sont jetées telles des incantations comme pour conjurer la mort, la déliquescence, la déréliction, la putrescence et sans doute pour lancer de vains signaux à l’espoir, ce qu’il en reste, sur la route, devant :

«Ils parlaient à peine. Il toussait sans cesse et le petit le regardait cracher du sang. Marcher le dos voûté. Sale, en haillons, sans espoir. Il s’arrêtait et s’appuyait contre le caddie et le petit continuait puis s’arrêtait et se retournait et l’homme levait les yeux en pleurant et le voyait debout sur la route qui regardait du fond d’on ne sait quel inconcevable avenir, étincelant dans ce désert comme un tabernacle».

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/ Cormac McCarthy ; traduit de l’anglais (États-Unis) par François Hirsch.

Cette recommandation de lecture paraîtra sur le site du Club des irrésistibles le 13 juillet 2012.

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Mois de la BD : encore les années folles avec Sfar…

J’ai un peu pratiqué les années folles et Kiki de Montparnasse ce dernier mois. C’était sans compter sur ce voisin, avec qui j’aime bien causer mathématiques tout en battant la casserole sur le bitume, qui m’a invité à aller visiter son  gourbi pour découvrir son impressionnante collection de BD. Je suis sorti de chez lui avec une pochetée de «comics»… Dans le lot, il y avait de Joann Sfar.

Bel album qui développe une biographie «imaginaire» du peintre Pacsin  Soutine y occupe une place prépondérante et Kiki y fait quelques apparitions. On n’y coupe pas quand il est question de cette période, Kiki rapplique à coup sûr…

Dialogues haut en couleur et haute densité sexuelle dans le croquis. Pour ce qui est de la description de la révolution artistique et intellectuelle du moment, on repassera ce n’était décidément pas l’objectif de Sfar. Un tantinet graveleux, disons, mais ça vaut le détour, pour la révolution des moeurs au fin fond de la culotte.

Billet produit dans le cadre de Le Mois de la BD des Bibliothèques de Montréal

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Transes érotico-numériques

D’aucuns prétendent que la poussée du numérique a favorisé l’émergence de la lecture de la littérature érotique…

Depuis l’apparition du livre numérique, plus besoin de se rendre incognito au rayon « littérature érotique » en espérant croiser personne à la caisse… Les lecteurs peuvent désormais choisir leur roman depuis chez eux, et comme par le plus grand des hasards, le succès est largement au rendez-vous ! ()

Et pourtant, faut pas se gêner. Vous êtes Libre de lire.

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M’enfin, lors de la remise du prix 2012 du Club des Irrésisistibles une des membres du jury a porté un jugement sévère et humoristique sur le roman Rosa Candida (un four). Elle trouvait, grosso modo, que le protagoniste principal mettait un temps pas possible dans sa quête spirituelle pour toucher le sublime charnel avec sa dulcinée. Je me suis sacrifié pour le club en lisant les œuvres complètes de Christy Saubesty, éditées chez Numeriklivres dans la collection SeXtasy. Aucun doute, vous ne serez pas déçu, on y atteint, sans procrastination, le sublime orgasmique de bien belle façon. Enfin, tous les goûts sont dans la nature. Je reproduis ici le résumé de Soins à domicile fourni par l’éditeur.

«Ludovic Jourdain, trente-sept ans, divorcé et père d’une ado de douze ans, est kinésithérapeute dans un cabinet réputé. Un matin, il est assigné comme remplaçant pour des soins à domicile. Mais en arrivant chez sa patiente – qui a été victime d’un grave accident de voiture et qui réapprend à mobiliser son dos et ses jambes – il perd tout professionnalisme et se met à fantasmer.»

Et si ça vous plaît, vous pourrez dans la foulée, aller lire les autres titres du même auteure : La stagiaire, Douce folie, Le feu de la passion. Et toute la collection, mais à la longue, à la troisième lecture, on se lasse un peu…

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Pour ceux que le genre titille, vous pouvez aussi consulter les textes d’Anna Galore et ceux de la collection Libertinage de La Bibliothèque électronique du Québec.

Conseil de bibliothécaire, Madame Bovary et Les liaisons dangereuses sont assez sublimes aussi côté extase érotico-numérique…

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Lire lent Bergounioux avec Didion

Pour mémoire, consignation d’une note de lecture de Philippe Didion parue dans son envoi du 27 mai 2012.  Où il est question de lecture, de sa lecture addictive de Bergounioux.

DIMANCHE.
Lecture. Carnet de notes 2001-2010 (Pierre Bergounioux, Verdier, 2012; 1280 p., 39 €).
Nous y voilà. Au bout d’une lecture volontairement fragmentée, année par année, pour faire durer le plaisir. Car c’est est un, énigmatique peut-être, mais réel. Tiphaine Samoyault dans La Quinzaine littéraire a posé les données du problème : « La plongée fascinée que l’on peut faire dans cette lecture doit être expliquée. Comment se fait-il qu’on puisse être pris, de façon presque addictive, à ne plus pouvoir le lâcher, pour ce journal qui ne nous apprend rien qu’on ne sache déjà, qui répète jour après jour les mêmes choses, qui est foncièrement inintéressant ? Comment se fait-il qu’on n’en ressente aucun ennui, qu’il nous émeuve comme les grands livres savent faire ? » On parlait ici même, l’autre dimanche, des bergouniaques anonymes. J’en connais, j’en suis. Je lis pas mal de choses de façon mécanique, presque compulsive, parce que je ne sais faire que ça, je ne prête parfois pas plus d’attention à ce que je lis qu’à l’air que je respire. Bergounioux est un des rares auteurs qui me fasse réfléchir, me ramène sans cesse à moi-même, qui peuple mon intérieur de points d’interrogation. J’ai la conviction que tout ce qu’il dit sur lui peut se rapporter à chacun de ses lecteurs. J’ai donc lu, et souvent relu, chacune de ces pages avec précaution, avec lenteur. Par crainte, souvent, de passer à côté de quelque chose de fort, d’essentiel. C’est que chez Bergounioux, tout se vaut : un tournage avec Godard à Sarajevo est relaté sur le même ton qu’un étendage de lessive. Par sidération devant une hauteur de vue qu’on a déjà connue mais chez si peu de gens, celle qui prend quand on écoute Braudel ou Dumézil. Par goût, aussi, comme chez Proust, de trouver des sensations vécues enfin mises en mots, le goût des points communs qu’on aime, immodestement, à se trouver avec plus fort que soi. Quand Jacques Réda, dans un portrait de Bergounioux paru dans Le préau des collines, dit de lui : « Il ne fume que des Gauloises. Ne téléphone jamais », je me dis que c’est moi, avec la Gitane maïs en lieu et place de la Gauloise. Des points communs, j’en ai trouvé de plus sérieux. L’âge d’abord. C’est qu’il devient, au début de la décennie qui l’occupe ici, mon exact contemporain. Je lis enfin le Bergounioux de la cinquantaine, il m’a enfin rattrapé. Et avec lui les effets collatéraux : le métier qui use, le corps qui demande plus de soin, les amis et parents qui s’en vont, la mesure de la chance apportée par une rencontre décisive qui nous a tirés du néant. Nous partageons aussi, désormais, des connaissances, je peux mettre un visage, une voix sur certains protagonistes de ce volume : le Spinalien Denis Montebello, Martine Sonnet, François Bon, Jacques Dürrenmatt, Françoise Gaillard qui ne rate aucun colloque des Invalides, Thierry Beinstingel, Eric Beaumatin, Frédéric Ciriez croisé un jour à Jaligny et d’autres comme Jean-Claude Bourdais ou Anne-Marie Emery qui, si je ne les ai jamais rencontrés, me sont devenus proches par la chimie notulienne. J’ai sillonné sa Corrèze, acheté ses livres dans la librairie d’Ussel qu’il visite chaque été, j’ai cherché sa trace à l’Ecole des beaux-arts. Bien sûr, nous ne lisons pas les mêmes livres, les siens sont trop costauds pour moi, et puis vous imaginez Bergounioux un Série Noire à la main ? Mais il y en a quand même : Painter, Hunter S. Thompson, Malinowski, Steinbeck, Remarque, Cueco, la nouvelle traduction d’Ulysse… Mais assez pour les considérations personnelles. Pour ce qui est des généralités, de l’étude approfondie de ce journal, des plumes plus autorisées et plus expertes que la mienne ont déjà fait le travail depuis qu’il est paru.

Les carnets de Bergounioux sont à la Grande Bibliothèque du Québec:

Pierre Bergounioux : Carnet de notes (1980-1990) – Verdier
Pierre Bergounioux : Carnet de notes (1991-2000) – Verdier
Pierre Bergounioux : Carnet de notes (2001-2010) – Verdier

Pour s’abonner aux Notules dominicales de Philippe Didion c’est ici.

De Philippe Didion, lire sur Publie.net son Notules dominicales de culture domestique

Voir aussi le compte-rendu de Benoit Melançon de ces notules dominicales : Voyage de découverte en Notulie

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Rapide blanc : le plan nord d’alors

Je n’ai pas pu m’empêcher en lisant cette BD de Pascal Blanchet de penser au Plan Nord que nous concocte notre numoriste national

Sortez vos casseroles!

Rapide blanc, relate la courte et dense histoire du village de Rapide-Blanc qui a été construit pour faciliter la gestion du barrage hydro-électrique éponyme sur la rivière Saint-Maurice dans la région de Shawinigan. La manière Art déco est toujours présente chez Blanchet. Le trait graphique est épuré et marqué par des figures géométriques tant pour les personnages que les objets. Comporte une discographie. À lire en réécoutant Tino Rossi (Marinella), Oscar Thifault (Le rapide blanc) et pourquoi pas Luis Mariano (Mexico). Excellent travail des éditeurs de La Pastèque. Ces pages qu’on tourne sont un véritable plaisir tactile.

Recommandation publiée en mars 2012 en prévision de Le Mois de la BD sur le portail Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal

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Cadavre exquis

. Bande dessinée de Pénélope Bagieu. Frais et coloré comme la révolte étudiante en cours…

L’histoire d’une fille un peu empêtrée dans sa vie de couple avec un type un peu quelconque, une fille mal foutue avec son boulot d’hôtesse dans les salons de l’auto ou les foires du fromage… Les choses vont s’arranger. Elle finit par entrer par effraction, pour ainsi dire, dans la vie d’un singulier écrivain qui vit terré dans son appartement à pondre son oeuvre immortelle… Le pauvre, il va se faire pourrir!

L’auteure a aussi un blogue et de nombreux amis (plus de 30 000 personnes y sont abonnés). Allez simplement visiter New York en sa compagnie… C’est ici.

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J’ai découvert cette bédéiste grâce à une recommandation publiée sur le portail Le Mois de la BD.

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Exit wounds et clin d’oeil à Pirathécaire

Mois de la BD. Mois de la Bêtise. Fête des Patriotes. On prend ça mou. Billet précédemment publié anomymus en mars 2012 sur le site Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Allez, je le rapatrie dans mes quartiers :

« Exit wounds » : orifice de sortie d’une blessure causée par un projectile ; la plaie de sortie serait en général plus grande que l’orifice d’entrée. Belle métaphore pour coiffer ce roman graphique de Rudi Modan qui trace le récit de l’abandon, de la rencontre avec un père absent et du coup, symboliquement, d’une société agitée (Israël) en quête d’elle-même. La trame : un attentat suicide fait cinq morts dans un restoroute de la gare de Hadera près de Tel-Aviv. L’une des cinq victimes n’a pas pu être identifiée. Nomi croit que le macchabée en question est son amant. Elle convainc tant bien que mal, Kobi, le fils de son amant, de l’assister dans son enquête pour connaître le fin mot de l’histoire, pour aller à la découverte d’un homme narcissique, absent et un peu volage… Récit de blessures psychologiques et peut-être d’une réconciliation.

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Bye the way, Exit wounds,  pour un  point de vue de bibliothécaire engagé eu égard à la loi 78, je vous conseille la lecture salutaire du dernier coup de gueule de Pirathécaire :

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Kiki

J’achève la lecture de de Kiki de Montparnasse. On sait que l’ouvrage fut interdit de publication aux États-Unis en 1929. Surpris de lire dans l’avant-propos du livre ces notes de Billy Klüver et Julie Martin.

De nos jours, aucun éditeur n’hésiterait une seconde à publier les souvenirs, tout francs et directs qu’ils soient, à l’image de leur auteur. Il est néanmoins un livre où Kiki apparaît et pouvant les faire hésiter, c’est 1929, fruit d’une collaboration de Man Ray, Benjamin Perret et Louis Aragon. Il contient quatre photographies d’un érotisme appuyé, intitulées « Les quatre saisons », et des poèmes en formes de comptines, d’un humour grossier de corps de garde, décrivant les mois de l’année. L’éternel bricoleur qu’était Man Ray s’était arrangé pour obtenir avec son appareil des gros plans inhabituels où on les voyait kiki et lui en train de faire l’amour. Malgré leur caractère plus esthétique que pornographique, ces clichés émurent les censeurs français de 1929, et sont toujours trop éloquents pour figurer dans cette édition des Souvenirs (je souligne)

Mais pourquoi donc prolonger la censure, l’ouvrage a été publié en 1999? On vit une drôle d’époque…

À lire, tout de même, pour replonger dans les années folles sous la plume agile de Kiki.

Et si l’envie vous en dit d’aller plus loin, essayez :

  • Un enregistrement sonore :
  • Une bande dessinée : Kiki de Montparnasse,  / Catel et Bocquet
  • Une page web d’une profonde richesse comprenant des reproductions de photos, peintures et films où apparaît Kiki de Montparnasse.
  • Un film : Midnight in Paris / Woody Allen
  • Un livre : / Alain Jouffroy.

Écrit dans le cadre de Le mois de la BD des Bibliothèques publiques de Montréal

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