Incipit météo : « On the sunny side of the street » par Billie Holiday [136]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Grab your coat and grab your hat, baby
Leave your worries on the doorstep
Just direct your feet
On the sunny side of the street

Musique de Jimmy McHugh,  paroles de Dorothy Fields.

Un standard. Interprété par de grandes pointures du jazz : Dave Brubeck, Earl Hines, Louis Armstrong, Benny Goodman, Errol Garner, Dizzy Gillespie, Art Tatum, Count Basie et j’en passe.

 

 

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Incipit météo : « I love Paris » par Ella Fitzgerald [135]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Une recommandation de Benoît Melançon, fervent adepte de l’interprétation qu’Ella Fitzgerald donne de I Love Paris, morceau tiré des quatre saisons de Paris de Cole Porter et popularisé, entres autres, par Frank Sinatra, Maurice Chevalier, Lilo et Garou.

I love Paris in the spring time
I love Paris in the fall
I love Paris in the winter when it drizzles
I love Paris in the summer when it sizzles
I love Paris every moment
Every moment of the year
I love Paris

Trêve d’atermoiements : Ella Fitzgerald, «I Love Paris», www.youtube.com/watch?v=wHIT…. Y a qu’elle.

[image or embed]

— Benoît Melançon (@benoitmelancon.bsky.social) 8 mai 2025 à 09:20

En prime, une version gypsie par Eva-Marie Tatiana et Avalon Jazz Band.


Para servir. Je préfère Madrid.

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Les mouches saignent dans « Courbure de la terre » de Jonas Fortier [47]

courbure de la terre

La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Jonas Fortier est récipiendaire du Prix Nelligan 2024 pour son recueil de poésie L’air fou.

la nuit vient du nord quand je sors dans la rue

je suis bien

dans deux pays différents et lointains

 

je n’ai personne à qui le dire mais des mouches saignent

sur l’écran de mon ordinateur

le silence sait que j’écris

 

la nuit vient

je jouis dans mon sommeil

il y a des êtres que l’on ne verra plus

 

la nuit retombe et entre chez moi

le silence sait où il va

p. 19.

 

Jonas Fortier, Courbure de la terre, L’œil de Cravan, 2022, 96 p.

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Incipit météo : « A fine spring morning » par Blossom Dearie [134]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Une recommandation de mon vieux pote Therrien :

« Une carrière immense. De 75 à 82 ans, elle jouait en résidence dans un petit piano bar du nom de Dany’s skylight room de la 46e rue à Manhattan. Elle affichait complet pratiquement à chaque représentation. »

Blossom Dearie est reconnaissable à sa voix fraîche et enfantine ainsi qu’à un jeu au sens harmonique raffiné, au ressort rythmique impeccable, au toucher précis et délicat. Wikipédia.

Cool jazz.

L’incipit :

This is a fine spring morning
It’s everywhere for us to share
Just look what a fine spring morning can do
I’ve got a brand new feeling
When I think twice it’s awful nice
I hope everybody is feeling it too

La chanson :

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Incipit météo : « Blue Sky » par Ella Fitzgerald [133]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Le bon ami Luc Séguin (@lseguin.bsky.social) m’a gourmandé sur BlueSky après la publication, ici, d’une interprétation de Stormy Weather par Lena Horne plutôt que par celle d’Ella Fitzgerald, . Son message : Désolé, mais le temps orageux de la Great Lady of Jazz nous emmène plus haut. Ma réponse : C’est vrai, mais les temps politiques orageux présents m’ont fait préféré [sic] l’activiste.

Je ne suis pas rancunier. J’ai corrigé la vilaine coquille commise dans mon empressement et mon étourderie, et pour faire bonne mesure je lui mets Blue Sky, par Ella Fitzgerald.

Blue skies
Smiling at me
Nothing but blue skies
Do I see

Bluebirds
Singing a song
Nothing but bluebirds
All day long

Never saw the sun shining so bright
Never saw things going so right
Noticing the days hurrying by
When you’re in love, my how they fly

P.-S. 1 J’ai aussi été vilipendé par un membre du FLC pour ne pas avoir signalé la présence d’une vieille chaise dans l’incipit de Stormy weather.

Je m’exécute :

Since he went, the blues walked in and met me
If he stays away, ol’ rocking chair will get me
All I do is pray, the Lord above will let me walk in the sun once more.

P.-S. 2 Pour le amateurs de musique comparée, le vieil ami Therrien a aussi proposé l’écoute de Stormy Weather par une autre activiste : Billie Holiday. Elle nous arrache le cœur.

Vous me suivez?

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Incipit météo : «Come rain or come shine» par Chet Baker [132]

chet Baker

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Chet Baker, sans sa trompinette :

I’m gonna love you like nobody’s loved you,
Come rain or come shine.
High as a mountain and deep as a river,
Come rain or come shine.

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Incipit météo : Stormy weather par Lena Horne [131]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Et ce standard par la sublime et activiste Lena Horne?

Pour se chauffer en prévision du Festival de Jazz de Montréal :

Don’t know why there’s no sun up in the sky
Stormy weather since my man and I ain’t together
Keeps raining all the time
Life is bare, gloom and misery everywhere
Stormy weather, just can’t get my poor self together
I’m weary all the time, the time, so weary all the time

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Incipit météo : Black water blues de Bessie Smith [130]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Never open a song with weather? Allons donc !

Davis

Bessie Smith, Black water blues.

Les esprits les plus affutés auront sans doute flairé une petite ressemblance avec l’incipit fétiche de Snoopy.

La chanson? Tenez.

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Incipit météo : Jean-François Nadeau, Rutebeuf, la guerre et nous [129]

Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Le 18 mars dernier, Jean-François Nadeau nous proposait sa traduction de La complainte de Rutebeuf. Un texte fort en ces années pleines du parfum nauséabond de la guerre […] au milieu des ombres de cette triste époque.

Et froid au cul, quand bise vente.

RUTEBEUF, LA GUERRE ET NOUS

Des années pleines du parfum nauséabond de la guerre. Tout nous y ramène, même de loin en loin. Il est bon, toujours, de relire Rutebeuf (±1230-1285). Je me suis amusé, ces dernières années, à le lire comme je pouvais, directement à partir du vieux français. Je l’ai lu avec passion, quitte à chercher dans les vieux dictionnaires. Je me suis acharné, cherchant le sens, même où il semblait clair, devinant que les mots s’effeuillent eux aussi, au fil du temps qui passe.

De son poème le plus célèbre, j’ai fini par accoucher d’une traduction de mon cru. Sans doute vaut-elle pour le seul le plaisir que j’ai éprouvé à la réaliser, au milieu des ombres de cette triste époque. Je vous la donne. [la suite de sa démarche se trouve ici]

Sa traduction.

L’hiver douloureux
Contre le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec cette pauvreté qui m’atterre
Qui de tous côtés me fait guerre
Contre l’hiver
Dont plusieurs ont changé mes vers
Mon dit est trop chargé
de pauvres histoires.
Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné le roi de gloire
Et pauvre rente
Et froid au cul, quand bise vente
Le vent me vient, le vent m’évente
Et plusieurs fois, trop souvent
Je sens venir le vent
La douleur m’a promis
autant qu’elle me livre
Elle ne me paie, ni ne me délivre,
Contre un sou me rend une livre
De grande misère
La pauvreté sur moi s’est installée
Toujours m’en est la porte ouverte
Toujours j’y suis.

____________

En bonus, je vous mets Pauvre Rutebeuf de Léo Ferré. Des paroles issues d’un collage d’extraits des poèmes La Complainte de Rutebeuf et La Griesche d’Yver.

 

 Note : Texte reproduit avec l’autorisation de l’auteur.
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Incipit météo : « Le cas Trump » par Alain Roy [128]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Chapitre 1

Sur la route

En ce matin du 20 janvier 2024, le temps était glacial, un froid polaire balayait tout l’est du continent. L’application météo de mon téléphone portable indiquait qu’il faisait moins dix-huit degrés Celsius, et ça ne monterait pas tellement plus à Manchester. Je n’osais penser à toutes ces heures pendant lesquelles nous allions devoir faire la file à l’extérieur avant de pouvoir entrer dans l’amphithéâtre. Nous avions réservé nos places sur le site Trumpevents.com, mais des témoignages glanés sur le Web nous avaient appris que la règle appliquée était plutôt celle du premier arrivé, premier servi.

Je pensais en avoir fait le tour. Mais non, Alain Roy en rajoute sur le narcissisme de la bête. Donald Trump : un détraqué. À lire.

Brave homme, ce Roy, il ira au paradis des écrivains engagés.

C’est la San Jordi, offrez une rose et ce livre à l’être de votre choix.

Pour en savoir plus sur la San Jordi et améliorer votre espagnol c’est ici.

Alain Roy, Le cas Trump : Portrait d’un détraqué, Écosociété, 2025. Édition numérique.

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