Le fond du trou, par Jean-Paul Eid

Le fond du trou. Mention spéciale au prix Bédélys 2011. Joyeux délire de Jean-Paul Eid mettant en vedette son truculent banlieusard bedonnant (Jérôme Bigras) et sa fidèle tondeuse à gazon (Rex). Attention : la BD est littéralement traversée par un véritable trou grâce auquel on peut voyager dans le temps à la recherche du boss des bécosses. Sans jeu de mots : pissant ! Mais il s’est donné du mal, notre illustrateur, allez juger vous-même…

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Billet publié dans le cadre de Le mois de la BD des Bibliothèques de Montréal. Publié précédemment sur le site Les Irrésistibles, le 24 février 2012.

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Des objets physiques et numériques

Portugal de Pedrosa

Je lis. Pas de cauchemar autour des vertus réciproques de la lecture numérique et de la lecture de livres papier, ces objets encombrants. Je lis numérique et plein papier. Pas de grands émois aussi autour de la révolution copernicienne en cours créée par la technologie, l’introduction de machin truc multimedia et la réalité augmentée.  Je lis et vois.  Ceci dit, je suis abonné, buffet à volonté, chez Publie.net. Je traque les nouveautés coquines de numeriklivres. J’ai déjà dit tout le bien que je pense de l’immense Christine Jeanney. Je lis et relis Mahigan Lepage, Naomi Fontaine, Philippe Didion, Ponti, François Bon, Liminaire, l’Oreille tendue, Le Flottoir, Brigitte Célérier, Josée Marcotte, etc. Vous ai-je déjà parlé du motel de G@rp? Des traductions de Kafka de Margentin, de La Digue, de Crouzet, Hasselmann et Jonckheere…

J’ai fait un petit détour à la vente des amis de la Bibliothèque de Montréal dernièrement, j’en ai profité pour larguer un bon lot de livres de poche (classiques écornés disponibles en numérique), les dicos espagnols et allemands inutiles et énormes, ces choses tiennent maintenant dans mon bigophone au fond de ma poche. Non, je n’ai pas bradé mes Pléiades… j’en réserve quelques uns pour le Ministre de la culture et du patrimoine du Canada (James Moore) et d’autres pour allumer mon feu de la St-Jean.  Je lis numérique mes classiques et ce qui chamboulent la littérarité ambiante et parfois vieillissante. Je constate la pénurie de livres numériques dans nos catalogues de bibliothèque. Je n’achète presque plus de livres physiques. Manque d’espace, il y a péril en la demeure — déménagement prévu bientôt dans une cage à poules, ça n’arrangera pas les choses. Je me rabats depuis deux ans sur ma bibliothèque de quartier. Je lis.

J’ai lu dernièrement un bel objet physique… une BD de Pedrosa : Portugal. Il faut vraiment la tenir dans ses mains, accepté d’être encombré (elle fait bien le poids de trois livres de beurre), elle est immense, tourner les pages est en soi un exploit, une bataille. Un grand plaisir. J’ai tenté le coup numérique du côté de Iznéo, on peut consulter les 5 premières pages… L’oeuvre y est légère et sans aspérités. Elle ne fait pas le poids, c’est comme ça.

Portugal, Fauve d’or 2012 à Angoulème. Magistral. Pour le résumé de l’oeuvre et le décryptage de trois planches par l’auteur lui-même, passez par ici :

Cyril Pedrosa decrypte trois planches de Portugal

Et pour suivre les aventures de Pedrosa, il y a aussi le Web, le numérique, son blogue.

Écrit dans le cadre de Le Mois de la BD des Bibliothèques de Montréal.

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Blotch, Moore et monsieur Charest : même combat

Je trouve finalement qu’ils ont la même tronche idéologique Blotch et le ministre James Moore… C’est Le Mois de la BD, mais c’est aussi Le Mois de la Bêtise (projet de loi en cours)

Bon, causons BD. Imaginez le magazine Fluide glacial publiant autour des années 30. Imaginez une équipe de rédaction complètement réactionnaire et sans talent. Blotch, l’anti-héros dessinateur de la revue, est un sans génie, mysogyne, colonialiste, prétentieux, faussaire, copieur, réactionnaire (les cubistes pour lui sont des ratés) et colon  (si vous me permettez l’expression). Deux albums hilarants. Noir et blanc.

Sans rapport aucun avec Moore et Charest…. plutôt rouge sur fond noir.

Vous les trouverez dans les Bibliothèques de Montréal, les deux BD de Blutch :

Blutch : 
Blutch : 

et en prime deux petites images, la tronche de ce bon Ministre Moore et le fruit de ses angoisses :

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Nocturne de Pascal Blanchet

, New York, 1948, une nuit. Cette bande dessinée nous raconte le destin croisé de trois personnages unis par la solitude. La BD à son meilleur. Le récit est vraiment porté par les seules images, leurs forces expressives. Quasi absence de dialogue pour mieux marquer l’abandon, l’isolement, la déréliction. Les personnages ne s’expriment d’ailleurs qu’à l’aide des paroles des chansons d’alors : celles de Cole Porter, June Christy, Sinatra, etc.

En prime, une vidéo …

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Une BD un peu jazzée : La Fugue de Pascal Blanchet

de Pascal Blanchet. Prix Bédélys 2005 amplement mérité. Un regard vif et percutant sur le 20e siècle à travers le vécu d’un pianiste de jazz. Aucun phylactère, la force évocatrice des images suffit à rendre bien tangible le jazz, la guerre, l’amour, la ville, la modernité, la solitude, le poids des ans et la mort. Poignant ! La patte graphique est épurée, la veine Art déco est au rendez-vous ; les personnages et les décors sont tout droit sortis de la manière de Matisse (collage sans perspective). Discographie en prime : Sarah Vaughan, Billie Holiday, Louis Armstrong, etc.

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Billet publié dans le cadre de des Bibliothèques de Montréal

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Nakba, Sacco et la Palestine

15 mai, c’est la Nakba (catastrophe en arabe), anniversaire de l’exode de quelque 760 000 palestiniens suite à la Guerre de 1948 en Israël. L’exode intérieur se poursuit depuis … dans le prisons :

La grève des prisonniers palestiniens a été relayée par les déclarations de Richard Falk, le rap­porteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, qui s’est déclaré « écœuré par les vio­la­tions continues des droits de l’homme dans les prisons israé­liennes. Depuis 1967, 750 000 Pales­ti­niens, dont 23 000 femmes et 25 000 enfants, ont été en détention dans les prisons israé­liennes, soit près de 20% du total de la popu­lation pales­ti­nienne des ter­ri­toires occupés ».  (source : https://bit.ly/Jfg0T)

Côté BD, Joe Sacco demeure un témoin incontournable d’une catastrophe.

a été réalisé à la suite de la première intifada en Israël (1987-1992). Du grand art pour illustrer la colonisation, l’injustice, la torture et la terreur dans les territoires occupés de la Palestine. Âmes sensibles s’abstenir. Elles sont bien longues, les périodes de garde à vue, bien étroites et insalubres, les prisons, tristounets, ces oliviers centenaires rasés pour assurer la « sécurité » de l’État. Un grand reportage. Un grand peuple qui vous accueille toujours avec le thé, mais qui sait lancer des cailloux pour assurer sa présence, sa défense.

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Billet publié dans le cadre de Le Mois de la BD

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Habibi

C’est Le Mois de la BD, mais c’est dimanche, alors je prends ça mou.  Je vous largue une recommandation publiée anonyme le 20 avril dernier sur le portail les Irrésistibles :  de Craig Thompson.

J’adore Craig Thompson. Son Blankets (2009), ses premiers amours, m’avait envoûté. Habibi : gigantesque, tellurique, éléphantesque et à la fois monstrueux. Le récit tragique de Zam et de Dodola que le hasard et la nécessité (ce n’est jamais loin) ont jeté sur la même route. Ils sont à la fois frères et sœurs, mère et enfant, amants… Ils vivotent – merveilleuse métaphore – dans une manière d’Arche de Noé au beau milieu du désert. Elle doit se donner aux caravaniers pour assurer sa survie et celle de Zam. Ils seront séparés, amputés, blessés, se retrouveront autour d’Habibi, la bien-aimée. Une brique de 672 pages à lire et relire.

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Shaun Tan; Là où vont nos pères – l’exigence de la beauté

Je suis sans mots.

Le de Shan Taun vaut aussi le détour. Pour comprendre sa conception du récit et l’exigence de la beauté.

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Une BD et un petit verre de vino

Vendredi soir. On prend ça mou. Château Bordeaux de Corbeyran. Petites intrigues et grosses vacheries à la clef. Relevées, les illustrations. Une héroïne comme on les aime, du genre à ne pas se laisser marcher sur les pieds par ces vilains qui veulent faire main basse sur le patrimoine familial : un vignoble dans le Médoc, en l’occurrence. À déguster lentement, un petit verre de Sociando-Mallet à portée de la main.

Le deuxième tome vient de paraître : c’est réservé

C’est Le Mois de la BD et je suis en pleine lecture de Kiki de Montparnasse qui m’a été suggérée par un couple de dégénérés 😉 (ci-dessous). Amusé de retrouver Soutine dans Kiki après l’avoir laissé hier.

Bonnes vacances les Affreux et n’abusez pas trop des mauvaises herbes!

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La BD selon Rabaté : Ibiscus

Pour tout dire, je ne suis pas un grand lecteur de BD, mais je dois vous dire que celle-là m’a rivé à mon fauteuil de longues heures. L’histoire d’un comptable, arriviste et opportuniste, qui traverse, au petit bonheur grand voleur, la révolution russe de 1917. Picaresque, il finit toujours par s’en sortir malgré ses airs et ses manières de mafieux. Surtout aimé les dessins : des lavis noirs et blancs qui nous rappellent les débuts du cinéma, les touches à la Soutine avec de longs personnages effilés qui représentent bien la Russie esthétique d’alors, les visages simiesques à la  pour dire la décadence. À lire et voir, en quatre tomes.  C’est Le mois de la BD en mai.


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