Incipit météo dans 街とその不確かな壁 de Haruki Murakami [118]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Le 4 avril 2024, JimG, traducteur émérite à la retraite, Dulcinée (ma dulcinée !) et moi avons uni nos efforts pour produire une traduction française de l’incipit espagnol de La cité aux murs incertains de Haruki Murakami. C’est ici.

Un exercice aussi périlleux qu’absurde : traduire un texte japonais en passant par l’espagnol comme langue intermédiaire. Milan Kundera en a fait les frais, plusieurs de ses romans ayant subi ce type de traduction indirecte, produisant des versions éloignées de ses textes originaux. Cette pratique de la traduction-relais peut mener à des contresens majeurs et à des pertes de sens significatives. Kundera relate, dans L’art du roman, une traduction dans laquelle une charge érotique (être bandé) est diluée en simple émotion (être ému). Un glissement sémantique qui inhibe l’élan libidinal de l’auteur.

Comme la traduction française est disponible depuis le 3 janvier 2025, que les traductions italiennes et anglaises le sont aussi, notre équipe a profité de l’occasion pour rédiger une analyse sociolinguistique comparative de ces différents incipit, en étant bien conscients des limites de cet exercice.

Le corpus

La traduction française par Hélène Morita et Tomoko Oono :

C’EST TOI qui m’as parlé de la Cité.

Ce soir d’été, respirant les effluves de l’herbe tendre, nous avons marché vers l’amont de la rivière. Nous avons traversé une succession de gradins formant de petites cascades, et nous nous sommes arrêtés de temps en temps pour observer des poissons argentés, filiformes, qui nageaient dans les nappes d’eau. Nous étions tous deux pieds nus depuis un bon moment. L’eau claire lavait et rafraîchissait nos chevilles, le sable fin de la rivière nous enveloppait les pieds, comme un nuage doux dans un rêve. J’avais dix-sept ans, toi, un an de moins. (99 mots)

La traduction espagnole de Juan Francisco González :

Fuiste tú quien me habló de aquella ciudad.

Aquella tarde de verano remontábamos el curso del río envueltos en el dulce aroma de las plantas, íbamos sorteando tímidos diques y deteniéndonos de vez en cuando a contemplar los pececillos plateados que nadaban en los remansos, hasta que nos descalzamos por fin y dejamos que la cristalina corriente de agua lamiera nuestros tobillos y nuestros pies se hundieran en la fina arenilla del fondo como en las blandas nubes de un sueño. Yo tenía diecisiete y tú apenas dieciséis. (88 mots)

La traduction française de Dulcinée :

C’est toi qui m’avais parlé de la Cité.

Cet après-midi d’été, nous remontions le cours de la rivière, enveloppés par le doux arôme des plantes, nous évitions des digues timides et nous nous arrêtions parfois pour contempler les petits poissons argentés qui nageaient dans les bassins, puis nous nous déchaussions et nous laissions le courant d’eau cristallin nous lécher les chevilles, et nos pieds s’enfonçaient dans le sable fin du fond, comme dans les nuages légers d’un rêve. J’avais dix-sept ans et toi à peine seize. (87 mots)

La traduction anglaise de Philip Gabriel :

YOU WERE THE ONE who told me about the town.

On that summer evening we were heading up the river, the sweet fragrance of grass wafting over us. We passed over several little weirs that held back the flowing sand, stopping from time to time to gaze at the delicate silvery fish wriggling in the pools. We had both been barefoot for a while. The cold water washed over our ankles, while the fine sand at the bottom of the river enveloped our feet like the soft clouds in a dream. I was seventeen, and you were a year younger. (100 mots)

La traduction italienne d’Antonietta Pastore :

SEI TU CHE mi hai fatto scoprire la città.

Una sera di quell’estate, risalivamo il corso del fiume pervaso dalla fragranza dell’erba. Ogni tanto superavamo piccole cascate, fermandoci a guardare i pesciolini argentati che vi guizzavano. Avevamo tolto le scarpe già da un po’. L’acqua fredda ci gelava le caviglie mentre i nostri piedi sprofondavano nella sabbia fine dell’alveo, soffice come una nuvola in un sogno. Tu avevi un anno meno di me. (73 mots)

L’original :

きみがぼくにその街を教えてくれた。
その夏の夕方、ぼくらは甘い草の匂いを嗅ぎながら、川を上流へと遡っていった。流砂止めの小さな滝を何度か越え、時折立ち止まって、溜まりを泳ぐ細い銀色の魚たちを眺めた。二人ともしばらく前から裸足になっていた。澄んだ水がひやりと踝を洗い、川底の細かい砂地が二人の足を包んだ──夢の中の柔らかな雲のように。ぼくは十七歳で、きみはひとつ年下だった。(184 morphèmes)

Nos constats 

Nos conclusions sont sujettes à cautions et à une révision par les pairs.

φφφ

L’Espagnol Juan Francisco González a mis environ treize mois pour réaliser la traduction de son pavé de 550 pages. Il remporte la palme de l’efficience et de l’efficacité.

À propos de la somme de travail consacrée à cette traduction, voici ce qu’Hélène Morita a révélé dans une entrevue à l’AFP : « J’y ai travaillé plus d’un an et demi, notamment en collaboration avec une amie japonaise qui habite en France, ce que je ne fais pas toujours. Pour les livres les plus longs, c’est bien d’avoir quelqu’un avec qui dialoguer. Parce c’est un peu une montagne. »

Nous lui attribuons le Grand Prix de la sagesse et de la détermination.

φφφ

On affirme parfois que la langue anglaise avec sa structure syntaxique et son style de rédaction directe est plus concise que la langue française qui tend à privilégier des constructions de phrases plus longues. Notre échantillon ne nous permet pas de confirmer  l’exactitude de cette hypothèse.

Nous pouvons cependant affirmer que l’Anglais a été le plus prolixe (100 mots) pour la traduction de l’incipit.

Les mauvaises langues diront que les Américains sont plus vénaux et qu’il a gonflé artificiellement son nombre de mots en prévision du moment où il passera à la caisse.

C’est l’Italienne Antonietta Pastore qui remporte le Grand Prix de la concision. Elle n’a eu besoin que de 73 mots pour la traduction de l’incipit. Elle a cependant usé de subterfuges. Par exemple, elle ne signale pas l’âge du héros dans son texte. Une omission coupable selon notre traducteur à la retraite.

Et pourtant, dans les versions anglaise et française, les deux jeunes gens vont pieds nus sans qu’il soit dit qu’ils se déchaussent. Une précision que l’on retrouve en espagnol et en italien. Elle est forte, cette Antonietta. Forte d’avoir pu caser l’enlèvement des souliers dans son texte compact.

Il convient de préciser que la version originale compte 1 200 pages, soit le double du volume des traductions dans d’autres langues. Un véritable exploit de condensation réalisé par ces travailleur·e·s  du texte.

φφφ

Nuage·s

Dans cet extrait, Dulcinée adopte un style plus aérien qu’Hélène Dorita : comme dans les nuages légers d’un rêve se distingue de l’approche française, comme un nuage doux dans un rêve. Dans ce contexte, nous préférons aussi la légèreté à la douceur. Notre franco-espagnole n’a pas exprimé d’avis sur cette évaluation. Un silence modeste qui l’honore.

C’est une question de goût et sans aucun doute de connivence.

Le véritable enjeu, la question cruciale, pour notre analyse, réside ailleurs.

Le rêve de l’incipit japonais contient-il un ou plusieurs nuages ?

Examinons le corpus pour dégager des tendances.

  • Un seul nuage dans les deux versions françaises, ainsi que dans la version italienne;
  • Plusieurs nuages dans les versions anglaise et espagnole.

Ce désordre linguistique a retenu notre attention.

Qu’en est-il du texte japonais ? Nous avons dû exercer de profondes recherches.

Selon Hélène Morita, Murakami se traduisait jadis du japonais vers l’anglais pour ensuite retraduire cette traduction vers le japonais. Pouvons-nous en déduire que la traduction anglaise aurait eu son aval pour l’administration du pluriel au nuage ?

Un petit doute nous a étreints. Nous avons donc mis à contribution les robots traducteurs du commerce pour tenter d’obtenir un autre éclairage.

Google Translate

les nuages sont gris -} 雲は灰色です – Kumo wa haiirodesu

le nuage est gris -}   雲は灰色です – Kumo wa haiirodesu

Deepl

les nuages sont gris -} 雲は灰色

le nuage est gris  -}      雲は灰色

Similitude parfaite et distincte selon l’engin traducteur. Il y aurait invariabilité des noms en japonais ?

Sachant l’imperfectibilité de ces robots intelligents, nous avons fourragé dans les profondeurs de l’Infosphère et avons découvert que la majorité des noms japonais sont invariables.

    • 猫 (neko) peut signifier « un chat » ou « des chats ».
    • 本 (hon) peut signifier « un livre » ou « des livres ».

Si ça vous intéresse, c’est par .

CQFD ?

Nous reconnaissons que ces traducteurs et traductrices ont pleinement le droit d’exercer leur licence poétique, tout en respectant l’esprit de l’œuvre originale. C’est réussi.

Nous nous garderons d’étendre cette analyse à l’intégralité du roman, de crainte de nous égarer dans ce labyrinthe linguistique et d’y perdre notre latin. Notre exploration, bien que parcellaire, suffit à mettre en lumière les enjeux majeurs mis en perspective dans l’incipit de cette œuvre.

En guise de conclusion, rendons hommage à l’audace et à la créativité de ces interprètes qui, confronté·e·s à la complexité du texte, ont su manier avec finesse leur liberté créatrice. Leurs choix de traduction, loin d’être de simples compromis techniques, témoignent d’une véritable réinvention poétique fidèle à l’œuvre originale.

Para servir!  /  サーブする

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Haruki Murakami, 街とその不確かな壁 / Machi to sono futashikana kabe, Shinchosha, le 13 avril 2023.

Haruki Murakami, La cité aux murs incertains, Traduit par Hélène Morita et Tomoko Oono. Belfond, 3 janvier 2025.

Haruki Murakami, La ciudad y sus muros inciertos,  Traduit par  Juan Francisco González Sánchez. Tusquets Editores S.A, 13 mars 2024.

Haruki Murakami, La città e le sue mura incerte, Traduit pas Antonietta Pastore, Giulio Einaudi editore, octobre 2024.

Haruki Murakami, The City and its Uncertain Walls: A novel, traduit par James Philip Gabriel, Penguin Random House. 20 avril 2024.

Les lecteurs curieux peuvent aller feuilleter les premières pages des ouvrages cités.

Sur le site de la Fnac :

Version anglaise

Version italienne

Version espagnole

Version française

Sur le site Book Walker du KADOKAWA Group.

Version japonaise

 

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Incipit météo dans La montagne magique de Thomas Mann [117]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Lecture de jeunesse. Ce roman mérite sa place dans ce panthéon.

Un jeune homme simple quitta sa ville natale de Hambourg, au plus fort de l’été, pour se rendre à Davos, dans le canton des Grisons. Il partait pour trois semaines, en visite.

Or, de Hambourg jusque là-haut, le voyage est long et, à vrai dire, il l’est même trop, pour un séjour si bref. En passant par les provinces les plus diverses, par monts et par vaux, il faut descendre du plateau bavarois jusqu’aux rives du lac de Constance, la « mer souabe », et naviguer sur ses vagues bondissantes en traversant des abîmes qui, jadis, passaient pour insondables.

À partir de là, après une ample progression en ligne droite, le voyage se fractionne, comporte des arrêts et des complications. Une fois sur le territoire suisse, à Rorschach, on a encore recours au chemin de fer, lequel ne vous emmène qu’à la petite station alpestre de Landquart, où l’on est obligé de changer de train. Après une attente prolongée dans un endroit venteux qui n’a rien d’attrayant, on monte dans une automotrice et, au moment où l’engin, malgré sa petitesse, se met en marche avec une force de traction bel et bien exceptionnelle, débute la partie proprement aventureuse du trajet, une ascension raide et ardue, à n’en plus finir. Car, si la station de Landquart est encore située à une altitude relativement modérée, ensuite, trêve de plaisanterie, on gravit une route rocheuse, sauvage et encaissée, vers la haute montagne.

Je ne l’avais pas remarqué lors de ma lecture, mais ce pavé de 782 pages se montre étonnamment économe en ce qui concerne les mouches : une seule apparition, discrète mais empreinte d’humour noir

Il avait des pneus en caoutchouc, disait Salzmann, pour que ses morts ne l’entendent pas – et Kafka, pour sa part, prétendait que Salzmann forçait ses patients à faire de joyeuses libations visant également à allonger leur note, si bien qu’ils mouraient comme des mouches, non de phtisie, mais d’une cirrhose du foie…

En revanche, les occurrences du mot chaise foisonnent. La faction littéraire du FLC sera ravie d’apprendre qu’on en dénombre une centaine, tant au singulier qu’au pluriel.

Thomas Mann, La montagne magique, Fayard, 2016, 782 pages [édition numérique]

 

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Une anaphore et des yeux de mouches dans des scénarios catastrophes [44]

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Un recueil de poésie d’une indéniable excellence, et qui reste fermement ancré au ras du corps et des pâquerettes. N’espérez pas y débusquer des métaphores audacieuses, des amplifications flamboyantes ou des personnifications inspirées.

Un chiasme, un oxymore, une allégorie ? Laissez tomber, pure perte de temps.

Une anaphore, peut-être ? Oui, pour mieux marquer la matérialité brute du monde.

Durant des jours,
quand je vais courir,
quand je vais aux toilettes,
quand je chante une berceuse,
quand je me douche,
quand je me masturbe,
ou désherbe, ou cuisine, ou
commande un croissant,
quand je cherche un mot
dans le dictionnaire,
quand je dois obligatoirement
me concentrer sur autre chose,
ça continue de parler,
la voix ne cesse pas,
poursuit son soliloque,
parfois même quand je lis,
elle se superpose
à la voix de la lecture,
et il arrive quand j’écris
qu’elle prenne le contrôle.

φφφφφ

La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici.

Adolescente, j’avais besoin
de musique pour m’endormir.
Je possédais une de ces petites chaînes
stéréo des années quatre-vingt-dix
qui évoquait le devant d’une voiture sport,
une boombox, au design
assez hideux, portable,
manufacturée par Panasonic
(modèle rx-ds18),
équipée d’un lecteur cd
et d’un lecteur cassette
superposés, flanqués de haut-parleurs
semblables à des yeux
de mouche. Je n’allais nulle part, ne faisais rien
sans cet appareil. Même pas prendre ma douche.
Avant de m’endormir, j’y insérais
une cassette ou un cd,
je tournais le bouton de volume au maximum
et j’enfonçais le bouton play.
J’ignore comment
mes parents ont pu tolérer ça.

Morin, Alexie, Scénarios catastrophes. Poèmes, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 195, 2024, 157 p. [édition numérique]

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Ouvrir son coeur

Morin_catastrophes

La faction littéraire du Front de libération des chaises ouvre son cœur. Elle adore la poésie d’Alexie Morin.

sur cette chaise,
j’ai envie de pisser
depuis trois heures,
à en avoir mal
comme si des buissons
d’aubépine poussaient
dans mes entrailles

Morin, Alexie, Scénarios catastrophes. Poèmes, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 195, 2024, 157 p.

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Des mouches et des petits vers blancs grouillant frénétiquement dans les ordures [43]

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La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici.

Lorsque la ville se transforme en étuve, que l’air est torride, tu affrontes une autre difficulté: les vers blancs. La matière organique attire les mouches, qui y pondent leurs œufs. La chaleur accélère et multiplie le cycle de reproduction de ces bestioles. Ça grouille de vers dans tous les sacs, le long de toutes les poubelles, sous tous les couvercles. À ce moment, il n’y a que deux attitudes possibles. Ou bien tu t’en sacres. Ou bien tu t’appliques à pogner les sacs de manière à diriger loin de toi les innombrables vers qui en sortent. Tu veux éviter que cette invasion de petits corps mous déborde sur ton corps, au point d’en retrouver le soir dans tes souliers, de les sentir grouiller dans ton poil d’avant-bras ou, pire, gigoter dans tes cheveux. Ben beau pas être dédaigneux, c’est un peu dégueu.

L’année 2024 nous a offert deux récits marquants sur la condition des transfuges de classe.  Celui de Simon Paré-Poupart et Rue Duplessis : ma petite noirceur de Jean-Philippe Pleau. Deux auteurs issus d’un milieu populaire qui ont produit des œuvres critiques sur les illusions de notre soi-disant bien vivre ensemble dans des lieux où «l’honnête citoyen échappe aux misères du monde.» (Poupart).

Un parallèle intéressant : Poupart exerce avec un défi constant et ses diplômes universitaires le métier de vidangeur, tandis que Pleau, pourrait-on dire, avec une légère pointe d’ironie, barbote comme un aveugle diplômé et autocensuré de l’Université Laval dans les déchets diversitaires et wokes de Radio-Canada, comme les qualifierait avec assurance un chroniqueur québécois du Figaro.

Elon Musk, lui aussi, incarne un exemple de transfuge de classe, mais je préfère ne pas m’aventurer davantage sur ce terrain marécageux. À vous d’en tirer vos propres conclusions.

P.-S. 1. Un zeugme de Poupart, en prime ? Como no.

Il y a Jo, qui a été filmé par un citoyen de Boucherville alors qu’il dansait sur des bacs verts, en plein trip de mush; Racette, qui passe sa vie entre les vidanges, la désintox et l’itinérance; le Chat, qui se fait régulièrement embarquer par la police au milieu de sa run; Brodeur, qui lance les bacs à compost dans le recyclage…

P.-S. 2. Entendu sur CNEWS un chroniqueur québécois énoncer – je résume – que l’ensemble des propos pitoyables qu’a prononcés Jean-Marie Le Pen dans le passé ne sont que des détails si on pose un regard réfléchi sur son immense vécu, sa vision, sa verve et son valeureux combat pour la liberté d’expression. Il n’y a qu’à lire les Mémoires (2 tomes) de ce Prophète, un Jean-Baptiste, pour s’en convaincre. Il aurait prévu le choc des civilisations, les convulsions sociales à venir avec la déferlante migratoire et la venue d’un Monde nouveau, regénéré. Il est vrai que la droite fait tache d’encre un peu partout sur la planète et qu’elle pourrait atteindre la France aux prochaines élections.

Eh ben, tout un éloge funèbre !

P.-S. 3. Los Angeles? Ses cinq morts et ses 150 000 évacués. Le choc de notre civilisation…

P.-S. 4. Trump ? Ça suffit comme ça.

________

Simon Paré-Poupart, Ordures ! : Journal d’un vidangeur, Lux, Lettres libres, 2024. [édition numérique]

Jean-Philippe Pleau, Rue Duplessis : ma petite noirceurLux, Lettres libres, 2024. [édition numérique]

 

 

 

 

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L’art du roman selon Frédérick Beigbeder

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Frédéric Beigbeder est triste. Il est las et déçu. Il n’a pas apprécié Bristol de Jean Echenoz. Que dis-je? Un navet, dactylographie-t-il, en tête de son œuvre de démolition soigneusement étalée sur deux colonnes dans Le Figaro Magazine du 3 janvier 2025.

Pourquoi, selon lui, ce roman fait-il partie de la famille des brassicacées ?

Il n’y a pas de véritable héros. En fait, le héros est un raté. Alter ego de l’auteur, sténographie-t-il. Ce n’est pas gentil.
Les personnages secondaires sonnent faux.
Il abuserait de la défenestration dans ses deux derniers romans.
L’omniprésence lassante de l’ironie.
C’est farci d’invraisemblances.
Il n’est pas dupe de ses stratégies narratives.
Il n’y a pas d’histoire.
L’absence de sens.
Une perte de foi en la narration.
C’est une entreprise de destruction du roman.
Le lecteur est semé.

Que dire? Je n’ai pas été semé à la lecture de ce roman. Les raisons de sa détestation ne m’ont pas effleuré, mais enjoué. Un plaisir renouvelé comme à chacune des lectures des livres de Jean Echenoz.

J’ajouterai qu’il s’égare quand il évoque la révolution ratée du Nouveau roman.

Ah bon ! Cet homme de lettres va m’obliger à balancer les noms de tristes figures. Claude Simon, Nathalie Sarraute, Michel Butor, Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett et Marguerite Duras seraient-ils de simples écrivassiers et écrivassières ?

P.-S. Une alerte pour les  auteurs et les  autrices  de « Postromans ». Ce chroniqueur littéraire a aussi griffonné ceci : « Peut-on raconter une histoire quand on a détruit le roman? La réponse est non. C’est pour ça que David Foster Wallace s’est suicidé.»

La magie des inférences boiteuses.

***

Sur Bristol, voir aussi mes commentaire :  ici et  et là-bas.

_______

Jean Echenoz, Bristol, Éditions de Minuit, 2025, [édition numérique]

Frédérick Beigbeder, Le navet de Jean Echenoz : Le nouveau roman du prix Goncourt, 1999, « Bristol » est une immense déception, Le Figaro Magasine, 3 janvier 2025. [Accessible à BAnQ sur la plateforme Eureka]

 

 

 

 

 

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Avez-vous suivi l’actualité littéraire du début de l’année ?

C’est un quiz !

Votre mission : identifier l’auteur ou l’autrice qui s’amuse avec drôlerie et finesse à jongler avec les mots dans son dernier roman, paru au début de l’année 2025.

Des points seront aussi accordés à ceux qui trouveront le titre de l’ouvrage en question.

Pour vous aider, j’ai regroupé les différentes figures marquantes qui peuplent son récit.

Des figures géométriques :

une banquette hostile à angles droits.
banquette géométrique
joues bombées sous un front convexe
casquette octogonale
brune curviligne trilingue
des pavillons triangulaires flottent
implacables regards circulaires
Corps longiligne et thorax trapézoïdal

Des figures érotiques :

chimpanzé libidineux
coït postprandial
copulant a tergo à même le sol
fondu au noir

Des figures corporelles :

abdomen rubigineux
menton percussif
moustache brève
ascenseur abdominal express
une longue flatulence modale en staccato
une variété vibrionnante d’acouphène tropical
rez-de-chaussée aux ventres plats,
le sac vomitoire
arbres à fièvre
gargouillis sec de démarreur toussant à vide
jappement de chiot sous-alimenté
buste annapurnien
gros yeux rouges et […] antennes en forme de peigne
joues bombées sous un front convexe [déjà cité]
mobilise les forces vives de son sourire
son profil évoque un museau de chien
Corps longiligne et thorax trapézoïdal [déjà cité], lèvres lascives et lunettes noires polarisantes sur nez grec, Jacky Pasternac serait assez facile à décrire mais on n’en a pas tellement envie.

Des figures textiles :

costume régional macédonien
coiffés de bonnets velus
coussins méditatifs

Des figures de la nature :

un petit arbre solitaire en bord de route, dépressif et compassionnel
le paysage d’un coloris de wassingue humide
girouette qui sert surtout d’épouvantail à goélands.
les arbres sont trop lents
un apozème d’harpagophyton
La route est luisante, les vitres embuées, le ciel d’ardoise et la nuque du chauffeur taciturne.

Une figure stylistique :

préférons l’ellipse à l’hypotypose

Autre indice : cette personne pratique l’incise avec insistance.

s’émerveille-t-il
s’inquiète-t-il,
se concentre-t-il
s’aventure-t-il
assure-t-elle
demande-t-il
dit-il
présente-t-il
observe-t-il
déclare-t-il
change-t-il de ton
inspire-t-il profondément
retrace-il
change-t-il
intime-t-il
claironne-t-il
conclut-t-il
assure-t-il
paraît-il

Vous avez compris l’idée. Je vous épargne toutes ses incises pour ne pas vous saouler.

C’est tout.

Avez-vous capté l’auteur·e et le titre du livre ?

Je m’en vais.

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Incipit météo et voiture intelligente dans « Bristol » de Jean Echenoz [116]

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Never open a book with weather. Elmore Leonard, Ten rules for writing fiction.

Son meilleur roman à mon humble avis : azimuté, brindezingue, foldingue, échappé des petites maisons et autres synonymes du même tonneau.

Echenoz marque un autre point avec son incipit pour se hisser au rang des plus grands écrivains contemporains. Un rappel, il a aussi mis en scène une mouche intelligente dans BristolVoir aussi (procédé technique autrefois utilisé par les bibliothécaires pour aider les lecteurs à élargir leurs recherches dans les catalogues de fiches cartonnées, vestiges d’une époque révolue mais aussi riche de savoirs difficilement accessibles).

Bristol vient de sortir de son immeuble quand le corps d’un homme nu, tombé de haut, s’écrase à huit mètres de lui. Bristol n’y prête pas attention et se dirige vivement vers la Seine. C’est un premier matin d’automne, très tôt pour lui, trop frais pour la saison, neuf heures dix et six degrés Celsius.

En prime, il y a aussi une voiture intelligente dans ce roman.

Brubec, outre son éventail de rides et son reliquat de cheveux ras, son prénom laisse entendre qu’il est contemporain de Bristol et, comme on sympathise d’autant, l’Aircross paraît se joindre à ce mouvement. On la sent apaisée, ses réticences de l’autre jour ont l’air de s’être dissipées : elle ronronne impeccablement, obéit au doigt et à l’œil, ralentit d’elle-même au moindre nid-de-poule et, quand on ne lui demandait rien, va jusqu’à prendre des initiatives imprévues : tourner à gauche vers une chapelle romane oubliée par les guides, ralentir devant un paysage notable, freiner en vue d’un auto-stoppeur – c’est de plus en plus rare, les autostoppeurs, autant en profiter avant leur extinction –, accélérer si sa tête ne lui revient pas, et c’est ainsi qu’elle nous mène à Limoges.

Voir aussi mon commentaire sur Un an dans lequel on retrouve des mouches et aussi des voitures, pas intelligentes toutefois.

Voir aussi mon texte sur Lac d’Echenoz, vous y trouverez toute une variété de mouches, et nombreuses (27).

Jean Echenoz, Bristol, Éditions de Minuit, 2025, [édition numérique]

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Le vol d’une mouche dans « Bristol » de Jean Echenoz [42]

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La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; Augusto Monterroso, Les mouches. Pour le contexte, voir ici

Echenoz frappe fort. Encore. Normal, c’est un véritable écrivain qui donne une fois de plus raison à Augusto Monterroso.

Le narrateur d’Echenoz, toujours au service de ses lecteurs, fait ses recherches. Il identifie avec précision la mouche, parmi les 1570 répertoriées, qui vient de se déposer sur le bureau du protagoniste principal du récit, Bristol. Admirez la précision du tir. C’est  l’espèce Drosophila impudica, décrite en 1927 par le professeur Bogusław Duda, titulaire de la chaire de diptérologie à l’université de Wrocław et médaillé de l’Académie du Succès Polonais.

L’extrait au complet est exhilarant :

Juste au-dessus de cette mention saillent des extrémités de stylos feutre, stylos plume, stylos bille et surligneurs parmi lesquelles aussi le bouchon d’un tube de colle, un embout de cigarette électronique et deux poignées de ciseaux qui dépassent de ce pot à tabac, rapporté par Bristol d’un vieux week-end en Grèce et recyclé en pot à crayons. C’est à cet accessoire de bureau que le nouveau venu s’intéresse dans le détail, dressé sur ses six pattes équipées de coussinets adhésifs.
Cet intrus n’est en effet qu’une mouche de petite taille, insecte apparenté à la famille des drosophiles, genre holométabole et radiorésistant dont à ce jour on a répertorié pas moins de 1 579 espèces – et l’on est encore loin du compte – allant alphabétiquement de la Drosophila abjuncta à la Drosophila zottii. En examinant de près celle qui vient d’arriver, une identification s’impose : son abdomen rubigineux, ses ailes opalescentes ses gros yeux rouges et ses antennes en forme de peigne indiquent indiscutablement qu’elle relève de l’espèce Drosophila impudica, décrite en 1927 par le professeur Bogusław Duda, titulaire de la chaire de diptérologie à l’université de Wrocław et médaillé de l’Académie du Succès Polonais.
Nous ignorons en revanche par quels détours cet animal vient d’atterrir dans le bureau de Bristol. De tels sujets étant électivement prisés par les généticiens pour leurs recherches, il se peut que celui-ci soit échappé d’un laboratoire voisin : profitant de ce que les blouses blanches tournaient un instant le dos, il a dû vouloir jouir du peu de temps qui lui reste, son espérance de vie n’excédant guère celle d’un mois de février. Son format n’est pas très volumineux non plus : pesant un quart de centigramme et long de trois millimètres, le spécimen n’en attire pas moins l’attention de Bristol qui suspend aussitôt ses travaux.
Après avoir examiné le pot à crayons sous plusieurs angles, cet insecte va se jucher sur un Kleenex froissé depuis lequel, déployant sa voilure translucide, il s’envole vers la lampe, tournant autour de l’abat-jour avant d’entrer dans son orbe et se cogner désordonnément à ses parois, avec autant d’entrain qu’aux autos tamponneuses, puis d’aller se poser sur un reçu fiscal dont il relève le montant.
Il suffit de peu pour que Bristol se déconcentre et l’intrus, au fond, n’est pas sans intérêt. Il a l’air en vacances et prend son temps, va faire un tour ascensionnel vers les rayonnages où, passant d’un livre à l’autre dont il parcourt les titres, il s’attarde sur une monographie de Kurt Neumann. Cette excursion supposant un effort, il redescend vers le pied de la lampe pour prendre un peu de repos mais bientôt, blessé par sa lumière trop vive, il va s’abriter à l’ombre des lunettes noires dont l’indice de protection lui paraît mieux approprié. Il s’y prélasse un moment, non moins détendu que sur une chaise longue sous parasol, à peine s’il ne lèverait pas une patte pour commander un daïquiri en déployant effrontément ses parties intimes – justifiant ainsi le nom savant que lui a donné, fin latiniste, le professeur Duda.
Bristol n’a pas quitté ce parcours des yeux cependant que des siens aux facettes innombrables, le diptère balaie toujours l’espace à 360o. Puis ayant récupéré quelques forces, il reprend son vol pour alunir sur le smartphone et c’est précisément alors, sous le probable effet d’un contact électromagnétique, que sonne cet appareil. Faisant fuir l’animal vers un avenir meilleur, Bristol se saisit du smartphone, le colle à son oreille et reconnaît la voix de Nadia Saint-Clair.

Quelques pages plus loin Bristol finira par écraser rageusement la drosophile qui persistait dans le décor.

Jean Echenoz, Bristol, Éditions de Minuit, 2025. [édition numérique]

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2024

Parmi la trentaine de livres que j’ai achevés, quelques films et séries, des expositions, de l’art public, et des bourlingues qui ont marqué mon année 2024.

Une autre année de la bougeotte.

J’ai ajouté des liens vers mes publications, qui se dispersent aussi bien sur mon Babillard (B) que sur les réseaux sociaux (RS), toujours accompagnées de photos. J’archive tout cela dans un désordre organisé, à l’exception des films.

De la poésie inspirante 

Mireille Cliche :  Lignée (B)
Mireille Cliche, Le règne des incendiaires. (B)
Jean Sébastien Larouche : Des longueurs dans le Styx. (B)
Kristina Gauthier-Landry : Le don. (B)
Les haïkus et les tankas d’une punkette (édition privée).

Des essais

Jean-François Nadeau : Les têtes réduites. (B)
Giuliano da Empoli : Les ingénieurs du chaos. Portrait robot du conservateur. (B)
Francine Pelletier : Au Québec, c’est comme ça qu’on vit. (B)
Rosa Montero : El peligro de estar cuerda.
Benoît Melançon: Langue de puck. (B)
Redondances (Projet Montero), Aux Eddyssions, St-Athanase. (édition privée)

Des romans

René Fallet : La soupe aux choux. Une relecture pour ma tambouille. (B)
Faïza Guène : Kiffe, kiffe, hier. Ici aussi. (B)
François Blais : La classe de Madame Valérie(B)
Jean-Paul Dubois, L’origine des larmes. [plus amusé à le commenter qu’à le lire]. (B)
Pierre Roberge, Le dernier rayon sur la gauche. (B)
Kwame Adjei-Brenyah : Friday Black. [malgré la traduction franchouillarde.] (B)
Éric Chacour : Ce que je sais de toi.
Michel Bonnefoy : Le rêve du jaguar. [B]
Paul Auster, Baumgartner. [malgré la traduction franchouillarde]. (B)
Gabriel Garcia Marquez, En agosto nos vemos.
Sébastien Dulude : Amiante. (B) / J. de Madrid avait aussi commis un commentaire pour le Club des irrésistibles, mais ce blogue, à la suite d’une «modernisation» du site web des Bibliothèques de Montréal, n’existe plus. Déplorable. Signé : La belle-mère.
Laurent Gaudé, Terrasses.
Hervé Le Tellier, Le nom sur le mur.

Des bandes dessinées

Manu Larcenet : La route. (RS)
Luz : Testoterror.  [Mâle Alpha et pandémie.] / (RS)

Des séries

Cent ans de solitudeHonnête, sans plus. (RS) / [Possible de faire l’adaptation cinématographique de ce roman de Gabou ?]
Ripley – [Adoré de toustes.  Je crois être le seul à lui avoir cherché des poux.]  (B)

Des films, avec palmarès (Top 5)

  1. Wim Wenders, Perfect days. [Trame musicale fabuleuse.] / (RS)
  2. Jonathan Glazer, La zone d’intérêt. (RS)
  3. Justine Triet, Anatomie d’une chute. (RS)
  4. Rodrigo Sorogoyen, As bestas. (RS)
  5. Robert Guédiguian, Et la fête continue. (RS)

Des expositions

Deux par deux, rassemblés. Au MBAM. (B)
L’expo World Press Photo, Marché Bonsecours. (RS)
Materia interior, Jaume Plensa, à l’Espacio Fundación Telefónico de Madrid. (B)
Peggy Guggenheim, à La Fundación Juan March, une reprise d’une exposition qu’elle avait montée  à New York en 1943. (B)
Saul Steinberg, à la Fundación Juan March de Madrid. (B)
Le Bauhaus,  au CaixaForum, Madrid.  (B)
Peter Halley, Au Thyssen-Bornemisza, Madrid. (RS)
Le ciel de Madrid. Avec mes potes, Roland et Gail (RS)
Le jour de mon anniversaire. Exposition à la mairie de Madrid. (B)
Les œuvres de la sri lankaise Rajni Perera au Musée d’art de Joliette. (RS).
Centre Phi. Peintures de Marigold Santos et de Rajni Perera. [sous la pluie, pour s’y rendre.] / (RS)
Photos de Norman Parkinson, Musée McCord. (RS)
Colossal à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal. (RS)
Au Musée d’art contemporain de Montréal. Divers artistes. Sans titre. (RS)
Henry Moore au MBAM, avec Georgia O’Keefe. (RS)
Roberto Nava, Madrid, au Thyssen-Bornemisza. [avec un chat.] / (RS

De l’art public 

L’Hidalgo et le stade de l’Atlético de Madrid. (RS)
Le ciel de la calle Fuencarral, Madrid. [avec une PAL] / (RS)
L’arbre des femmes. Mémoire et reconnaissance de la violence machiste faite aux femmes. Par Lola Vendetta. Madrid. (RS)
Une murale créée par l’Allemand Case Maclain, c’est sur le Pasaje de la Caja de Ahorros tout près de La Puerta del Sol. [Racisme systémique?] (RS)
Don Quichotte et Sancho. Alcala de Henarès. (RS)
Nombreuses murales dans le ville de Puerto de la Cruz. (RS)

Des bourlingues (pas toutes audacieuses)

Puerto de la Cruz (idem)

Mont Saint-Bruno. [à cloche-pied]. / (RS)

Cimetière Saint-François d’Assises à l’Halloween. [Pour y distribuer des friandises et des glaïeuls bleus.] / (RS)

Essaiouira. Maroc. Avec photos quand le vent se lève. En prime : un diaporama désordonné. (RS)

La cathédrale de Almudena. Madrid. [Colorée.]  + [une expulsion] / (RS)

Parc nature de l’ile Bizard. [Tester une embarcation à traille, à nos risques et périls.] / (RS)

Bic. [En route pour La Baie des cochons ? Non, une trempette à l’Anse à mouille-cul.] / (RS)

Bic. [Tous les chemins y mènent.] / RS

Forillon. [Nous avons échappé à la pluie (Denny), aux Jeux olympiques et à l’ennui en faisant une randonnée sur le chemin des Graves.] / (RS)

Mont Saint-Alban.[Je suis allé au bout de la chaîne des Appalaches et de mes forces] / (RS)

Jardin des Métis.  [Libérons-les : les pierres, les livres et les arbres .] / (RS)

Île Bonaventure. [Fous de Bassan et contournement de l’inévitable Rocher Percé.] / (RS)

Grimpette de la Guajara, Tenerife. [Quinze kilomètres au compteur. Neuf heures de randonnée . En l’honneur de la princesse guanche du même nom. Le peuple guanche a été exterminé ou assimilé par les conquistadors espagnols. Territoire non cédé? Ça va de soi.] / (RS)

Lisbonne. [Grimpettes, art mural, la ville, des chaises, des cordes à linge, Rodin, Gulbenkian, des azuléjos, le 28 et autres.] / (RS)

Cerros de Alcala. [Grimpette vertigineuse du mont Ecce Homo. Ça ne s’invente pas. Trente degrés. Quinze kilomètres au compteur. Pas un arbre, même pas une chaise. (Le FLC)] / (RS)

Mont Saint-Hilaire. [Randonnée pépère au Mont Saint-Hilaire hier? Pas tant, dirait fiston. Jolis coups d’œil et quelques kilomètres ajoutés à l’odomètre de ma filiforme carcasse.] / (RS)

Gaspé. [Le comité d’accueil à Gaspé pour le congrès annuel du Front de libération des chaises. (FLC)] / (RS)

Le ciel de Cap-Chat et de son dieu Éole. (RS)

Saint-Roch-des-Aulnaies. [Chaises libérées et en vacances. À marée basse. (Le FLC)] / (RS)

Macaza. [Pèlerinage annuel à Macaza. Le bonheur, simplement. Je vous laisse trouver la photo du lieu dans lequel j’exprime mes pensées profondes concernant Donald Trump, Javier Milei, Giorgia Meloni, Benyamin Netanyahou et Vladimir Poutine.]  / (RS)

[Virée au Parc régional des Sept Chutes à Saint-Zénon  pour avoir une vue d’ensemble de la MRC de la Matawinie. Grimpette très sportive, surtout les 200 mètres à gravir pour atteindre le Pic, au tout début du trajet, à l’aide de cordages. Très peu de kilomètres ajoutés à l’odomètre de nos carcasses, mais cinq heures trente de questionnements philosophiques, d’entêtement et de piétinement dans la gadoue. Les restes de la dépression tropicale Beryl et les moustiques ont pris possession du sol et de nos corps, mais pas de notre volonté.] / (RS)

Parc régional de Val David / Val Morin. [Un joli caillou. Dix kilomètres au compteur au Parc régional de Val David / Val Morin. Avons vu le lac Amigo, le mont King et le Condor. Multiculturel. J’attends la chronique de M. Bock-Côté.] / (RS)

Jardín histórico El Capricho de la Alameda Osuna. Madrid. [Pour admirer la Résistance et l’Élégance de ces arbres. Pas question pour eux de se laisser abattre, tronçonner et finir leur vie utile en de vulgaires chaises de taverne. (FLC)] / (RS)

Perdu dans la profonde Montérégie.  (RS)

Des statistiques

Sur mon blogue, la catégorie « Température et incipit » s’est enrichie, en 2024, de 6 nouvelles entrées.

La catégorie « Les mouches dans la littérature » a pris un peu plus de poids, : 10 nouvelles entrées.

Il y a eu une faible production de publication sur mon blogue : 43 entrées, incluant celle-ci.

J’ai aussi soumis des textes au blogue du Club des irrésistibles. Impossible d’évaluer ma contribution. Site inexistant, pour le moment. Affligeant, pitoyable et regrettable.

Mon Journal personnel (2022-) a franchi la barre des 400 pages. (censuré)

Un billet paraîtra prochainement faisant «L’état du monde » des chaises : Le tome III des Mémoires photographiques du FLC.

Je me suis fiancé. C’est rare.

C’est tout.

 

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