L’anaphore de Sébastien Dulude

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Après avoir réanimé Sasha, assisté Iris et calmé Jacinthe, après avoir géré l’ensemble de ma situation avec succès, après avoir réussi les épreuves minutées d’apnée tout au fond de la piscine, accroché à des poids qui y avaient été déposés, réussi le saut d’arrêt du plongeoir de trois mètres et le plongeon d’arrêt de celui d’un mètre, après avoir pris des notes et échangé sur les manœuvres de mes camarades de sauvetage, après avoir reçu ma certification Croix de bronze de la part des deux monitrices – avec mention très bien –, après que tous les autres membres du groupe ont reçu la leur, après avoir pris une longue douche dans un vestiaire fatigué mais serein – tous –, après avoir mangé le sandwich que je m’étais préparé dans l’allée des casiers pour les vêtements extérieurs, après que les monitrices m’ont salué, après que mes futurs collègues sauveteurs ont quitté l’enceinte un à un ou en petits groupes, après que Sasha a disparu dans la voiture blanche qui l’attendait, je suis dehors, comme nu, neuf, blanchi. [je souligne en caractères gras]

Une anaphore? On trouvera une définition et des exemples, par .

Une brève appréciation du roman?

Il est excellent. Il pousse parfois la métaphore jusqu’à la surcharge, le texte est farci d’images audacieuses, mais qu’importe. Son récit captive, entre sensualité et violence, entre maîtrise parfaite et audace brute.

Les dernières pages sont particulièrement saisissantes : le rythme s’emballe, le texte devient saccadé, percutant. La narration se fait presque haletante, avec une abondance de phrases nominales et de mots isolés, frappants. Ça fesse!

Sébastien Dulude, Amiante, Saguenay, La Peuplade, 2024, 209 p. [édition numérique]

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Prolégomènes à la « Langue de puck » par le Front de libération des chaises

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Le FLC n’avait pas eu l’opportunité, en 2014, de lire « Langue de puck » du professeur émérite à la retraite, Benoît Melançon (aka L’Oreille tendue).

C’est chose faite, avec la nouvelle édition, revue et augmentée. De la belle ouvrage. L’auteur dribble habilement avec la puck et la culture. Un livre désopilant et pince sans rire. C’est comme ça. Ne vous laissez pas tromper par la quatrième de couverture : Prof M. ne patine pas sur la bottine. L’importance qu’il accorde aux sièges dans son abécédaire a réjoui le comité littéraire du FLC.

En tout honneur, les chaises :

Parmi les meubles sportifs les plus populaires depuis le milieu des années 2010, il y a la chaise. Quand un entraîneur utilise un joueur de façon optimale, celui-ci est dans sa chaise, mieux, dans la bonne chaise. On peut être assis dans cette chaise, y tomber, y être employé, en être rétrogradé (si on est dans la mauvaise chaise). Il faut se méfier : il y a toujours quelqu’un pour prendre la chaise d’un coéquipier, la lui voler. On l’aura compris : on joue beaucoup à la chaise musicale dans les vestiaires sportifs. (nous soulignons)

Les bancs

Les joueurs laissés de côté sont réputés jouer sur le banc ou réchauffer le banc. Pire : ils sont cloués au banc. [Ayoye!]

L’entraîneur de l’équipe qui a commis l’infraction doit déléguer un joueur qui ira s’asseoir au banc des punitions, même s’il n’a rien fait de répréhensible.

Les joueurs fautifs doivent aujourd’hui se rendre au banc des punitions pour y réchauffer le banc.

Quand l’entraîneur, le coach, celui qui officie derrière le banc, décide, en plein match (en pleine game, à prononcer gé-me), de ne pas se servir de tous les joueurs à sa disposition, on dit qu’il coupe son banc. [Ayoye!]

Le livre comporte toutefois un contre-exemple sur une stratégie que pourrait adopter notre organisation pour atteindre le Graal. L’attitude prêtée à Scotty Bowman a tout pour déplaire au FLC :

Le commentateur radio-canadien Claude Quenneville racontait que Scotty Bowman, l’ex-entraîneur des Canadiens de Montréal, avait un jour demandé à un employé du Forum, là où jouait l’équipe, de raccourcir (à la scie) le banc de l’équipe adverse, les Bruins de Boston, histoire de les embêter pendant un match. Couper son banc, mais au sens littéral.

Le siège.

les choses vont bien, si vous êtes en état de grâce, vous êtes assis dans le siège du conducteur. Tout vous sourit et vous dictez la marche des événements.

On ne s’étonnera pas de voir poindre une table dans ce sport qui accorde une si grande importance aux chaises et aux bancs.

La table est mise au début des playoffs.

Mais il ne faut pas s’asseoir autour de ladite table, si on veut remporter la Coupe.

Le comité littéraire du FLC.

***

Note additionnelle de l’éditeur de ce blogue.

Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne; et si tu es écrivain et que tu ne l’as jamais fait, je te conseille de suivre mon exemple et de  t’empresser de t’y mettre; Augusto, Monteroso, Las moscas.

Un véritable écrivain! Vibrant. Il fait mouche avec sa langue de puck. Tout comme l’ailier de puissance (pas le plombier) et le cerbère. Le premier la met dedans (la puck), l’autre ne la laisse pas filer entre ses jambes.

Faire mouche, la mettre dedans et faire vibrer les cordages sont courants.

Le cerbère doit être particulièrement attentif quand on bourdonne autour de sa cage afin de faire mouche ; il ne doit pas se laisser traverser par la rondelle.

Benoît Melançon, Langue de puck. Abécédaire du hockey, édition revue et augmentée, Del Busso Éditeur, 2024, 168 p.

 

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Époque pourrie

cimetière de l'est

(Court texte mis à jour, publié sur Facebook le 31 octobre. J’archive.)

Halloween. Campagne électorale américaine. Le temps s’abeausit. Je suis allé me balader dans le cimetière Saint-François d’Assises pour y distribuer des friandises et des glaïeuls bleus. Aucun cadavre n’est sorti de terre pour me donner des noms d’oiseaux, me traiter d’ordures ou s’attaquer à moi pour me pourfendre.

__________

P.-S. du 7 novembre. Époque pourrie.

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Tentative de détournement

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Une tentative de détournement de la mission libératrice du FLC. Un opuscule a été déposé dans ma boîte aux lettres, une publication de Bearing Precious Seed Canada, apparemment une sorte de filiale des Témoins de Jéhovah. On y trouve des extraits de l’Épître aux Romains et de l’Évangile de Jean, accompagnés d’une invitation à courber la tête (pas vraiment mon style) et à prier Jésus pour expier mes fautes. Peine perdue : j’en ai commises tant et plus. Est-ce qu’il me manque quelque chose ? La sainte paix. Et certainement pas d’un feuillet paroissial qui fait du prosélytisme. Aux vidanges.

(Jolie photo, par ailleurs, qui pourrait aussi illustrer la fange dans laquelle s’enfoncent les États-Unis, disent d’aucuns.)

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Lire « Lignée » de Mireille Cliche, sens dessus dessous

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J’apprécie profondément l’œuvre poétique de Mireille Cliche, et ce recueil est, selon moi, le plus abouti, le plus maîtrisé de tous ses écrits. Bien que j’aurais aimé en partager davantage, les restrictions de son éditeur sur la page de droits me réfrènent – mais je m’autoriserai ici une petite entorse numérique en citant de courts passages.

Une œuvre dédiée à sa fille, adoptée. Sur les  joies, les peines, l’amour, la création et le temps.

Elle propose un regard singulier sur les figures de l’écriture et des jours qui passent, tissant un lien intime entre mots et mémoire.

L’écriture

Car qu’est-ce qu’écrire, sinon chercher sa route? p. 11

Pour «Parler dans l’épaisseur du monde» p. 43

Quand je mange ma peur une syllabe à la fois p 62

Il ne faut pas s’étendre quand le plafond baisse.
Il faut dessiner une fenêtre. p 19

Tu ne m’as pas seulement permis d’écrire ce livre, tu m’en as ouvert les pages. Il s’adresse à toi, à l’enfant et à l’adulte en toi. Il s’adresse aussi à une aveugle petite fille de tous âges qui me ressemble. Il s’adresse à toutes. Car parler de nous, c’est parler d’elles – mères et grands-mères, filles et sœurs, femmes d’ici, d’ailleurs, de toutes parts. p. 13

Le temps 

il y a «des horloges asynchrones» p. 40

la béance du quotidien p. 32

Le temps qui depuis longtemps
faisait du surplace
le temps que nous enroulions
de duvets et de plumes
s’est mis à courir p. 47

qu’elles réapparaissent […]
qu’elles ressèment […]
qu’elles nous chargent de brassées mellifères […]
qu’à nouveau la magie émerge de leurs ongles nus
qu’elles recousent le siècle à l’envers p. 58

Il arrive qu’un jour,
on rêve trop loin.
On ne croit quitter personne,
mais on est parti.
Sa colère avortée, perdue
dans un tortillon du temps p. 81

On s’éveille un jour
au milieu d’un escalier. On diffère coups de griffes et morsures
dont on s’ennuie les jours de calme plat.
On veut une maison dans les îles
mais les escales appellent. On ramone ses artères
on en tire les débris des rêves
puis on finit par l’admettre :
l’amour est au hasard,
le monde vaste comme une citrouille
On pense vieillir avec soi.
p. 89

Notes additionnelles folichonnes

La section littéraire du FLC (Front de libération des chaises) a été enchantée par la justesse sociocritique des vers suivants :

La paix est une chaise inconfortable
il faut sans cesse se lever se rasseoir
partir repartir attendre p. 30

Acheter posséder s’asseoir p. 79

On se rappellera le conseil d’Elmore Leonard dans Ten Rules for Writing Fiction : « Never open a book with weather. » Il s’est pourtant, encore une fois, trompé. Il suffit de lire l’incipit de la section intitulée Pour parler dans l’épaisseur du monde dans ce recueil de poésie pour s’en convaincre.

Au début tout bruissait dans l’épaisseur du monde. Brumes effilochées, souffles, chuchotis, craquements. Puis les objets ont déferlé, chassant l’ample mystère du silence et de son chant. Il faut maintenant chercher plus loin, dans le noir ou dans l’espace, sa cape chargée d’étoiles et de jurons. p. 45

On se souviendra également des propos d’Augusto Monterroso concernant l’importance de la mouche en littérature : La mouche envahit toute la littérature. Où que vous posiez l’œil, vous y trouverez la mouche. Les véritables écrivains, quand ils en ont eu l’opportunité, lui ont consacré un poème, une page, un paragraphe, une ligne.

Il n’y a pas à douter Mireille Cliche est une véritable autrice.

sente des grains stériles comptés un à un
puis confiés aux moignons de la terre
sentiers des lettres ânonnantes
gravées au charbon sur un papier marbré
de chiures de mouches
l’espoir de lire l’espérance crasse de manger. p. 51

***

Mireille Cliche, Lignée, suivi de «Onze leçons pour mon miroir», AMV édition, 2024, 89 p.

 

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Les silences intérieurs de Jaume Plensa

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Je ne manque jamais une occasion d’aller saluer Julia (ci-dessus) de Jaume Plensa à La Plaza de Colón à Madrid.

J’aimais aussi m’asseoir près de Source à Montréal. C’était à un jet de pierre de mon travail à la Bibliothèque de Montréal. Endroit idéal pour le lunch du midi.

J’avais bien vu que la fontaine (Crown Fountain) qu’il avait installé au Millennium Park de Chicago amusait beaucoup les jeunes et les moins jeunes de mon espèce.

Lors d’un road trip de Madrid à Marseille, j’avais fait un petit arrêt à Zaragoza pour contempler El alma del Ebro.

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Si Saul Steinberg «écrivait en dessinant», Jaume Plensa, lui, sculpte en écrivant.

Lors de la récente exposition – Materia interior –  à l’Espacio Fundación Telefónico de Madrid, j’ai aussi pu apprécier ses œuvres de plus petit format. Du grand art.

Admirez !

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Pour les intéressé(e)s, vous avez jusqu’au 5 mai 2025 pour en profiter :

Mention de provenance des photos (sauf pour El alma del Ebro) : votre humble serviteur.

***

 

 

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La chaise de Peggy Guggenheim

C’était ma dernière sortie culturelle avant de rentrer à Montréal. À la Fondation Mapfre de Madrid, une reprise d’une exposition qu’avait montée Peggy Guggenheim à New York en 1943. Elle y présentait exclusivement les œuvres de 31 femmes. Des œuvres fortes dont celle d’une chaise probablement sauvée du bûcher parce qu’entreposée clandestinement dans un musée à Grenoble durant l’Occupation allemande en France. Une opération de la section française du FLC. J’archive des images, pour mémoire.

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Milean Pavlovitch – Junon et Vulcain

2 - Pegeen Vail Guggenheim - La danse-min

Pegeen Vail Guggenheim – La danse

3 - Gypsy RoseLee - sans titre-min

Gypsy Rose Lee – sans titre

4 - Buffy Johnson - La Voie du Milieu-min

Buffy Johnson – La Voie du Milieu

5 - Leonor Fini - Femme en amour-min

Leonor Fini – Femme en amour
Note : elle n’est pas en amour avec le reflet de l’homme derrière elle.

6 - Dorothès Tannning - autoportrait-min

Dorothès Tannning – autoportrait

6 - Kay Stage - Les 14 poignards-min

Kay Stage – Les quatorze poignards

7 - Peggy Guggenheim-min

Peggy Guggenheim assise.

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La chaise

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De retour au pays, sans réseau

Tranche de vie. Retour au pays. Plus de réseau sur mon cellulaire. Rien de compliqué à activer pourtant, je l’ai fait des dizaines de fois au gré de mes voyages. Je décide de passer par le site web de mon fournisseur pour discuter via leur chat.
Moi : « Je n’ai pas de réseau sur mon téléphone cellulaire. »
Lui : « Essayez le Wi-Fi. »
Moi : « Mais je veux téléphoner. »
Lui : « Le numéro est le suivant : […] »
Moi : « Et Ducon, mon téléphone ne fonctionne pas ! »
L’intelligence artificielle est loin de surpasser mon intelligence ordinaire.
Il m’invite à résoudre le problème via leur portail de dépannage, en entrant mon numéro de client. Mais évidemment, le site ne me reconnaît pas. Je sens déjà que je vais devoir me déplacer en boutique. Je fais une recherche en ligne, et là, surprise ! Mon fournisseur fait la promotion de son service client en chair et en os. Miracle ! Il y a justement une boutique à la Place Versailles : une baraque Bell qui gère aussi les problèmes de Virgin.
Je m’y rends. Les portes sont fermées. Mais une employée de Bell, sympathique au demeurant, m’accueille à l’entrée : « Désolé monsieur, ici, on ne s’occupe que des nouveaux clients. » Elle m’indique cependant un kiosque Virgin « un peu plus haut ». Me voilà reparti. Arrivé au kiosque, désert total. Même pas une CHAISE pour patienter. Je demande aux concurrents voisins s’ils savent quand le préposé Virgin reviendra. Personne ne sait. Bien sûr. L’un d’eux m’informe qu’il y a une autre officine Virgin à l’entrée du centre. Nouveaux kilomètres au compteur. Je m’y dirige vaillamment.
Manque de chance, un bon samaritain m’explique qu’ils ont déménagé… dans l’allée d’où je viens. Jésus-Christ ! Petit détour par le comptoir des renseignements de la grande surface hypermarchande pour demander s’ils savent pourquoi il n’y a personne chez Virgin. « Ah, il est parti chez McDonald’s s’acheter un café », me répond le préposé avec un sourire. Sérieusement ? Je remonte l’allée, pas question de m’offrir un McMuffin. J’aperçois enfin le préposé, un jeune homme avec un gobelet géant à la main, qui contient probablement un hectolitre de café insipide. C’est lui.
Après avoir expliqué mon problème, il se met à chercher une solution. Longues minutes de gossage. Je le vois jeter des coups d’œil désespérés à son café qui refroidit. Verdict : « Désolé monsieur, je n’ai pas accès au réseau de Virgin. » Ciboire ! Je lui demande ce que je peux faire. « Il y a un grand Virgin aux Galeries d’Anjou. Prenez le bus 44, vous y serez en un rien de temps. » Merci bein!
Direction les Galeries d’Anjou. Et là, miracle, je tombe sur un préposé du nom de monsieur Lopez, avec un charmant accent espagnol. En deux clics, il me réinitialise ma eSIM et tout fonctionne à merveille. Un vrai magicien. Je me surprends à regretter Madrid et ma dulcinée.
Pour me récompenser de ces efforts épiques, je décide de faire un tour dans deux librairies, Renaud-Bray et Archambault, dans l’espoir de trouver le dernier recueil de poésie de Mireille Cliche : Lignée. Nada. Je prends une photo de la section « poésie québécoise  » chez Renaud-Bray : une tablette minuscule. J’ai failli acheter un blender de Ricardo pour noyer ma déception. Finalement, je me procurerai le recueil en ligne dans une librairie indépendante. DEMAIN. Ah, ce maudit décalage mental.
lignée poésie
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Les chaises de Saul Steinberg

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Je devais aller voir une exposition consacrée à l’immense Jaume Plensa. Manque de pot, l’Espacio Fundación Telefónica est fermé le lundi.

L’offre culturelle à Madrid est inépuisable. Je me suis donc rabattu sur une rétrospective d’un non moins grand artiste : Saul Steinberg, l’homme qui « écrivait en dessinant ».

C’était, pour les intéressé(e)s, présentée à la Fundación Juan March de Madrid.

Je savais que Steinberg, Roumain naturalisé Américain, avait produit pendant une soixantaine d’années les pages frontispices du journal The New Yorker. Que c’était un dessinateur, un peintre, un sculpteur et un bidouilleur de génie. J’ignorais qu’il était un membre clandestin de la section roumaine du FLC (Front de libération des chaises).

Jugez en par vous même. Les deux dernières illustrent aussi son sens de l’humour : un combat contre un symbole et le sens de l’attraction inversé.

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D’autres contributions des sympathisants du FLC sont disponibles par ici, par , encore , et au champ gauche.

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Des chaises du Bauhaus : une enquête du FLC

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J’ai été mandaté par la section madrilène du FLC pour enquêter sur une exposition portant sur les mouvements culturels et politiques qui ont eu lieu en Allemagne durant l’entre-deux-guerres.  Aucune surprise, j’y ai découvert des chefs d’œuvres de l’école du Bauhaus. Sachez que cette école d’art « dégénéré » a été fermée dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler et que la plupart de leurs œuvres ont pris le train pour Buchenwald. Note : La chaise de droite, qui a échappé à une rafle nazie, est une création d’un des célèbres membres du Bauhaus, l’architecte Ludwig Mies Van der Rohe. On peut d’ailleurs voir une station d’essence de sa création à l’Île-des-sœurs, arrondissement Verdun, Montréal. L’exposition a lieu au CaixaForum, à Madrid, pour les intéressé(e)s.

 

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